Comme nous continuons à importer l'essentiel de nos besoins, la légère amélioration des exportations, enregistrée à fin juillet dernier, ne pouvait masquer le déficit structurel dont souffre la balance commerciale du Maroc. D'après la toute dernière note de la DEPF (Direction des études et prévisions financières), les échanges des biens ont dégagé, à fin juillet 2010, un solde déficitaire de 90 milliards DH, en aggravation de 5% par rapport à fin juillet 2009 après un allégement de 6,7% un an auparavant. Cette évolution s'explique essentiellement par le renchérissement de la facture énergétique, mais aussi par la montée en charge des importations des produits finis de consommation (voitures de tourisme, réfrigérateurs domestiques, appareils récepteurs radio et télévision et médicaments). Selon la DEPF, les importations ont affiché, à fin juillet 2010, une hausse en valeur de 11,5% après un repli de 20,2% à fin juillet 2009. Le renchérissement des importations des produits énergétiques et lubrifiants est à l'origine de 62% du raffermissement de la valeur totale des importations. La facture énergétique s'est, en effet, raffermie de 38,2% par rapport à fin juillet 2009 après un repli de 36,1% un an auparavant, notent les analystes de la DEPF. La reprise de la valeur des achats des produits énergétiques et lubrifiants s'explique à hauteur de 47,8% par le renchérissement de la facture pétrolière de 62,2%, sous l'effet conjoint de l'appréciation de 49,3% des prix à l'importation et du volume importé de 8,6% en glissement annuel. Pour ce qui est des achats des produits raffinés, les importations du gaz oils et fuel oils ont affiché une hausse en valeur de 18,9% malgré la baisse du volume importé de 7,5%, et ce en raison du renforcement des prix à l'importation de 28,6%. De même, les importations du gaz de pétrole et autres hydrocarbures ont progressé en valeur de 49,1% sous l'effet de l'appréciation des prix à l'importation de 40,9% et dans une moindre mesure de la légère hausse du volume importé de 5,9%. De leur part, les importations de l'énergie électrique se sont raffermies de 151%, contribuant ainsi à l'accroissement de la facture énergétique à hauteur de 18,2%. Les achats des demi-produits demeurent le deuxième poste ayant tiré à la hausse la valeur totale des importations (avec une contribution de 31,4%), en réalisant une croissance en valeur de 18% après une baisse de 25% un an auparavant pour une part dans la valeur totale des importations qui a atteint 21,2% à fin juillet 2010. La tendance affichée par les importations des demi-produits s'explique essentiellement par la hausse de la valeur des importations des composants électroniques de 185,4%, de celle du fer et acier en blooms et ébauches de 32,6%, de celle des produits chimiques de 22,9%, de celle des matières plastiques artificielles de 14,4% et de celle du cuivre de 44,7%. Avec une contribution à hauteur de 8,1% à la progression de la valeur des importations totales, les importations des produits finis de consommation restent le troisième poste à l'origine de la hausse des importations. En effet, les achats de ces produits se sont accrues, à fin juillet 2010, de 4,6% après un repli de 2,3% un an auparavant. Ce redressement est à mettre à l'actif de l'accroissement de la valeur des importations des voitures de tourisme de 7,8%, de celle des réfrigérateurs domestiques de 43,9%, des appareils récepteurs radio et télévision de 6,4%, des médicaments de 6,4% et des ouvrages en matières plastiques de 10,2%. Les importations de biens d'équipement hors avions, qui renseignent sur l‘effort déployé pour le développement et la modernisation du tissu productif national, se sont accrues en valeur de 2% en glissement annuel après un repli de 9,1% un an auparavant. La reprise de ces importations provient essentiellement de l'amélioration de la valeur des importations du matériel à broyer et à agglomérer de 42,8%, du matériel ferroviaire roulant de 174,3%, des bateaux de mer de 254,8%, des moteurs à pistons et autres moteurs de 12,6% et des fils et câbles pour électricité de 13,2%. La facture alimentaire a maintenu à fin juillet 2010, son trend baissier entamé depuis l'année 2009 mais à un rythme en décélération, passant d'une régression en valeur de 18,1% à fin juillet 2009 en glissement annuel à un repli de 0,4% à fin juillet 2010. Cette évolution s'explique principalement par la baisse des importations de blé en volume et en valeur de 12,1% et 32,4% respectivement à fin juillet 2010, tandis que les importations du maïs ont affiché une hausse en volume et en valeur respectivement de 2,7% et de 13,1% en glissement annuel. Un taux de couverture de 47,4% Les exportations du Maroc ont enregistré une croissance de 19,6% en glissement annuel, après un repli de 32,5% un an auparavant. Cette amélioration est attribuable principalement à la reprise des exportations de phosphates et dérivés qui ont affiché une hausse de 73,5% en glissement annuel après une baisse de - 65,7% à fin juillet 2009. En effet, les exportations des phosphates se sont renforcées en volume et en valeur respectivement de 94,2% et de 35%. La DEPF a relevé une croissance des exportations des biens et services de 12,8% en glissement annuel, soit à un rythme plus accéléré que celui enregistré par les importations des biens et services qui se sont raffermies en valeur de 11,8% par rapport à la même période de 2009.