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Derham : «il n'y avait pas d'autre choix»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 09 - 08 - 2004

Assurant que toutes les mesures ont été prises pour l'intégration, sur les plans architectural et environnemental, de la future station d'épuration des eaux usées de Tanger, le maire de la ville, Dahman Derham, affirme qu'il n'existe pas de meilleur emplacement pour ce projet que celui qui a été retenu.
ALM : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à choisir la partie jouxtant la casbah pour construire la future station d'épuration de Tanger ? Qui a décidé de l'emplacement ? et suivant quel processus ?
Dahman Derham : Tout d'abord, je tiens à souligner que l'emplacement retenu pour cette station d'épuration n'a été choisi qu'après l'élaboration d'une étude maritime qui été réalisée par un bureau d'études privé. Cette décision a été prise par le Conseil de ville, en consultation avec toutes les parties concernées, à commencer par la société Amendis. Nous avions le choix entre trois différents endroits. Le premier se situe sur la route de Tétouan. Mais cet emplacement laissait entre-paraître le risque de retour des déchets sur la ville, étant située à proximité de la jetée du port de Tanger. Un risque qui ne faisait l'objet d'aucun doute. Le deuxième emplacement était à proximité de l'hippodrome. L'inconvénient que représentait cet emplacement est qu'il était situé dans une zone habitée. La meilleure option n'a donc été autre que l'emplacement devant la casbah. Cette dernière étant située sur une colline. D'autant que l'emplacement choisi est loin des zones habitées. A cela s'ajoutent plusieurs précautions prises dans la réalisation de ce projet.
Mais cette station ne risque-t-elle pas de dénaturer toute la zone sur laquelle elle sera construite ?
Toutes les mesures nécessaires ont été prises pour pallier ce risque.
S'agissant de l'aspect visuel, un concours d'architecture sera lancé incessamment afin de choisir le projet architectural qui cadrerait le mieux, sur le plan architectural et culturel, avec l'environnement où il est censé être implanté. Concernant l'aspect auditif, toutes les mesures ont été prises pour qu'il y ait zéro nuisance autour de cette station. Aucun risque de pollution sonore n'est à craindre. Idem pour l'aspect olfactif. Aucune mauvaise odeur ne risque d'atteindre la kasbah. L'usine sera non seulement dotée d'un toit fermé, mais aussi complètement désodorisée. A cela s'ajoute le fait que pas toute la superficie de 10000 m2 sur laquelle s'étend la station sera constituée de l'usine. Une bonne partie de ce terrain sera réservée à un espace vert qui entourera toute la station. Aussi, une conduite longue de 3 kilomètres en pleine mer sera également construite dans un deuxième temps
Cette décision est-elle définitive? et la délocalisation de la station est-elle envisageable ?
La ville de Tanger pose des problèmes partout où on voudra y faire construire pareille station d'épuration. Pour l'heure, l'emplacement actuel est ce qu'il existe de mieux. La construction de cette station est vitale pour l'environnement d'une ville comme Tanger. Il n'y a qu'à voir le budget de 60 millions de Dh que nécessitera cette station, dont 25 millions qui seront consacrés à la conduite de déchets, pour se saisir de l'importance d'un tel projet. Le concours précité a été décidé spécialement pour éviter tout éventuel risque dans ce sens. Ce projet se veut une solution d'un problème et non pas un problème en soi. Dans tous les cas, la station ne sera pas aussi dérangeante que le port, en activité depuis des années. Il est vrai que la construction d'un tel projet n'est pas sans susciter des oppositions, de la part notamment des étrangers qui habitent la casbah, et c'est leur droit de protester. Mais le bien-être de quelque 700.000 habitants est en jeu.


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