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Manque de visibilité chez les partis
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 30 - 09 - 2003

Najat Razi, membre du conseil administratif de l'Association démocratique pour les Droits des Femmes (AMDF), jette un regard critique sur la gestion de la question féminine au Maroc par les leaders d'opinion.
ALM : Il y a quelques jours, SM le Roi a
été saisi du projet du nouveau Code de la famille. Comment évaluez-vous le chemin parcouru ?
Najat Razi : Il faut dire que le sujet est consommé et que les positions en cours ne font que refléter le débat qui a prévalu depuis plusieurs mois sur la réforme des dispositions de la Moudawana. Jusqu'à nos jours, deux logiques se partagent ce domaine. La première vision, considère que le code de la famille doit accompagner l'évolution de la société et rendre justice aux femmes et aux enfants, alors que la seconde estime, en revanche, que l'homme se doit de disposer de tous les droits au sein de la famille, en contre-partie de la pension alimentaire. Il a donc le droit de décider et du sort de sa femme et de celui de ses enfants.
Ces divergences sont-elles au cœur de la révision des dispositions de la loi ?
Absolument. Tous les articles de la Moudawana renvoient à ce dilemme ; et ce dès le premier article concernant la définition des liens de mariage. Alors que nous demandons que l'acte du mariage soit tributaire de la signature des deux partenaires qui forment un couple, d'autres estiment qu'il n'y a pas d'acte de mariage sans la présence du tuteur. Un autre problème non moins important a trait aux droits et devoirs des partenaires et à la distinction, à ce niveau entre l'homme et la femme.
D'où le désaccord, sur la polygamie, l'égalité des sexes et la gestion de la vie conjugale.
Les divergences sont également de taille dès qu'il s'agit de la rupture des liens du mariage, comme c'est le cas autour de la distinction entre la répudiation, le divorce et « le divorce Al Kholae». De même qu'après rupture des liens de mariage, d'autres problèmes subsistent, notamment au sujet du partage des biens, pour lequel la Commission de consultation chargée de la révision de la Moudawana semble avoir trouvé un compromis.
Quel bilan faites-vous des résultats acquis ?
D'abord, il ne faudrait pas perdre de vue la résistance féroce déclarée à l'encontre de la réforme de la Moudawana. Il y a lieu, également, de rappeler que les événements du 16 mai auraient pu constituer une occasion pour la classe politique de procéder à une refonte beaucoup plus profonde du code de la famille, mais il semble que les dirigeants des partis politiques avaient d'autres préoccupations, d'où l'isolement des voix modernistes. Néanmoins, nous estimons que le projet attendu serait plus juste à l'égard des femmes.


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