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Un crime énigmatique
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 22 - 10 - 2004

Le responsable de la maintenance et de la sécurité à la société Lafarge-Maroc, établie à Casablanca, a été tué par un chauffeur de la même société, qui l'a lardé de douze coups de couteau. Ce dernier s'est suicidé par la suite.
A la société Lafarge-Maroc, leader cimentier, située au 6, route de Mekka, quartier Les Crêtes, Casablanca, n'était pas la semaine dernière comme les autres. Jusqu'à aujourd'hui, ses employés sont tous submergés de tristesse. Ils n'arrivent toujours pas à croire que ce qui s'est passé au siège de la société et ils se demandent s'il ne s'agissait pas seulement d'un mauvais rêve. Bref, ce qui s'est passé chez eux a dépassé leur imagination. Que s'est-il passé au juste ? Ils ont perdu deux de leurs collègues. Seulement, les deux hommes sont morts dans des circonstances aussi énigmatiques que dramatiques, comme dans un film d'horreur ou un thriller. Comment ? Le personnel vaquait, en ce jour d'octobre, à ses travaux, quand ils ont entendu un cri strident émanant du bureau du responsable de la maintenance et de la sécurité. De quoi s'agissait-il ? Pas de réponse. Chaque employé s'est figé sa place et s'est contenté d'interroger ses collègues du regard. Ils étaient encore sous le coup de la stupeur quand ils ont entendu un autre cri perçant qui venait du même bureau. La majorité d'entre eux ont couru à destination du bureau du responsable en question. Seulement, ils n'ont pas pu dépasser le seuil du bureau. Pourquoi ? Ce qu'ils ont vu est horrible. Le corps du responsable du service de maintenance et de sécurité gisait à terre, dans une mare de sang et criblé de coups de couteau. Il a reçu une douzaine de coups de couteau au niveau de la poitrine, de l'abdomen et des côtes. Hébétés, des agents de sécurité l'entouraient déjà. Qui l'avait poignardé et pourquoi ? Plusieurs questions auxquelles ils n'avaient pas de réponse.
L'un des employés s'est avancé vers le corps. “Il est encore en vie, il faut le sauver, il respire encore, mais difficilement“, criait-il. Les numéros 15 et 19 ont été composés par un autre employé. Les éléments de la Protection civile et ceux de la 7ème section judiciaire de la police urbaine de Hay Hassani-Aïn Chok se sont dépêchés sur les lieux quelque temps plus tard. Du brouhaha et du vacarme partout. Tout le monde parle à la fois et s'interroge. Pas de réponse.
Le responsable blessé a été évacué aussitôt vers une clinique privée spécialisée en cardiologie. Tous ses collègues souhaitaient qu'il soit sauvé. Mais la mort le guettait à mi-chemin. Il a rendu l'âme avant son arrivée à la clinique. Et l'ambulance a changé de direction vers celle de l'hôpital médico-légal d'Aïn Chok.
À ce moment, les enquêteurs recueillaient les témoignages et les déclarations des employés. Qui a commis ce crime ? C'est la question principale qui nécessite une réponse bien déterminée. Toutefois, un témoin oculaire a affirmé aux enquêteurs qu'il passait près du bureau du responsable de la maintenance quand il l'a remarqué en train de discuter avec un chauffeur de la société. “Je ne savais s'ils échangeaient des injures ou si l'un en voulait à l'autre“, expliqua-t-il aux enquêteurs.
Une fois descendu sur le lieu de son travail, il a entendu quelqu'un qui criait au secours. Il est remonté vite vers le bureau d'où émanaient les cris. Il a été surpris de voir le chauffeur en train de larder de coups de couteau le responsable de la maintenance et de la sécurité. Il est intervenu pour l'empêcher d'ajouter d'autres coups. Il est arrivé à lui enlever le couteau. Deux agents de sécurité l'ont rejoint. Seulement, le chauffeur est arrivé à prendre la fuite.
En moins d'une heure, sa photo d'identité a fait le tour de la gare routière d'Ouled Ziane et des gares ferroviaires à Casablanca pour l'empêcher de voyager. En même temps, les enquêteurs se sont rendus à son domicile. Seulement, ils ne l'ont pas trouvé. Son frère qui les a accueillis leur a appris qu'il venait de lui annoncer par téléphone avoir tué le responsable de la maintenance. Tout de suite après, il lui a téléphoné de nouveau. Les enquêteurs étaient encore en sa compagnie.
Le chef de la brigade a pris le téléphone et a commencé à parler au chauffeur en cause. D'un mot à l'autre, il l'a convaincu de se rendre à la police. Le chauffeur lui a dit qu'il allait l'attendre le long de la ligne du chemin de fer, près de la gare de l'Oasis. En un clin d'œil, les enquêteurs ont entamé un ratissage de grande envergure sur les rails jusqu'à ce qu'ils l'aient trouvé, dans un état lamentable, près de la gare du chemin de fer au quartier l'Oasis. Il ne pouvait plus parler. Ils l'ont transporté jusqu'au service des accidents de la circulation le plus proche pour attendre l'arrivée de l'ambulance. Il a été transporté aux urgences de l'hôpital Ibn Rochd. Les médecins ont tenté de le sauver. Mais en vain. Il s'était suicidé en avalant du raticide qu'il avait acheté dans un marché de Sidi Bernoussi. Avant de mourir, il n'a rien expliqué aux enquêteurs, il s'est contenté de leur dire : “Il me maltraitait…“.


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