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Le vote islamiste peut-il changer la donne ?
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 09 - 2002

L'une des inconnues du scrutin du 27 septembre est celle de l'importance du résultat du parti islamiste et son positionnement sur l'échiquier politique au lendemain des élections. Pour le moment, les leaders du PJD minimisent leurs ambitions et cherchent à atténuer la méfiance envers les risques de dérive de l'activisme islamiste.
Depuis les dernières élections de 1997, la composante «islamiste» a fait sa pénétration dans la sociologie électorale. Depuis, on ne cesse d'évoquer officiellement que c'est le Parti de la justice et du développement (PJD) qui est porte-drapeau politique de cette mouvance trop hétéroclite.
Né d'une «fusion» entre d'anciens membres du MPDC du Dr Khatib et du mouvement islamiste «Attawhid wa al islah», le PJD reste une formation très hétérogène, même si l'apport, numérique, de Khatib reste prédominant (autour des deux tiers). Les deux tiers des anciens amis de Benkirane et de Rissouni restent indécis, partagés… mais plus proches des penchants de l'Islam radical. Les affinités qui y cohabitent, c'est un peu l'arc-en-ciel. On y trouve des adeptes de la Ligue de l'avenir de l'Islam, la mouvance Al Islah wa Tajdid, à côté de sous-marins des tendances radicales.
Aussi, si le PJD a bénéficié, en 1997, de l'apport des voix d'Al Adl wal ihsan de Abdeslam Yacine, la rupture entre les deux composantes semble (irrévocablement ?) consommée. La démarcation politique et dogmatique est nette, ne serait-ce qu'au niveau des déclarations officielles. Yacine a appelé à une position de boycott (on dit qu'ils représenteraient 80% du total de la force islamiste). Sur le plan politique, le clivage est net. Le PJD a accepté les règles du jeu et fait sienne l'action politique et éducative. Par contre, Al Adl wal ihsan s'en tient toujours au jihad matériel, à la violence contre les symboles de la démocratie marocaine. Il vise encore le système socio-culturel et économique qu'il entend investir par le biais de cercles politiques dont il réclame la légalité, qui pourraient, le moment venu, changer de tactique et tenter de s'en accaparer par la voie démocratique. On est donc en présence de deux modèles diamétralement opposés et seuls les mécanismes de fonctionnement restent comparables (mécénat notamment) et les rapports personnels demeurent bons.
Aujourd'hui, après le divorce avec Yacine et compagnie, le PJD se présente aux Législatives avec un léger désavantage par rapport au passé. D'une part, les militants de la formation de Yacine sont connus pour leur discipline et pour leur hostilité à Saâdeddine Othmani et ses frères, considérés, par eux, comme un produit du système. D'ailleurs, les premiers n'épargnent plus d'effort pour clouer les seconds au pilori. D'autre part, la confusion maintenue par le PJD autour de sa force, qui inclut celle de la mouvance Yacine, est perçue comme une manœuvre opportuniste qui nuit à Al Adl wal ihsan.
S'agissant du taux de couverture des circonscriptions électorales (55 sur 91), le PJD aurait pu, certes, présenter des candidats dans l'intégralité de l'espace électoral. On lui aurait conseillé de ne pas gêner certaines personnalités, tandis que des «intelligences», mercantilistes et tacites, sont opérées ici et là. Certes, le PJD ne veut pas que les choses se précipitent. Il préfère la patience à la hâte. Sans, pour autant, baisser ses prétentions. Une trentaine de sièges au Parlement !
Les experts de la question islamiste considèrent qu'il s'agit d'une pure spéculation. Un bluff politique.
En réalité, le nouveau parti de Khatib, sans les autres segments de la mouvance radicale, ne représente pas une force électorale de nature à peser sérieusement sur l'échiquier politique. Bien des bastions et « fiefs » pourraient tomber, prédisent des observateurs attentifs. Cependant, ce parti a un atout : ces pans entiers de mécontents de la politique sociale de l'alternance, conscients ou non de la démagogie du discours religieux. A cela, il faudra rajouter la clientèle conditionnée par les actes de charité et de solidarité sociale, devenue monnaie courante dans l'investissement politique. En dépit des sondages qui l'accréditent de 9% des voix (l'échantillon ne serait pas représentatif du corps électoral), les observateurs avertis estiment que le PJD renforcera ses positions et marquera un léger progrès
par rapport à 1997 (autour d'une vingtaine de sièges).
Sans compter quelques islamistes camouflés, sous d'autres couleurs politiques, qui pourraient retrouver le groupe parlementaire du PJD après les élections du 27 septembre. Ils étaient passés de 9 initialement élus à 14 députés, sous l'ancienne législature. Ce qui pourrait lui conférer un rôle assez important dans l'opposition à l'Exécutif sortant, en cas de reconduction de la même majorité.
L'esprit de ses dirigeants actuels serait plus porté vers l'avenir, qui passe par les prochaines communales, dont la nature du scrutin peut lui être favorable, par rapport aux autres partis politiques. Une phase de préparation à un rôle plus conséquent. Même si, dans la conjoncture actuelle, les observateurs étrangers amplifient outre mesure sa force électorale. Ceci est dû à un manque de patience, de pertinence dans l'analyse et à la juxtaposition de la situation algérienne, avec laquelle il y a très peu de similitude.


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