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Le bras de fer entre Abbas et le Hamas
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 10 - 2006

En usant de ses talents de politicien, le président Mahmoud Abbas n'a pas ménagé ses efforts pour sortir l'Autorité palestinienne de la plus grave crise financière de son Histoire. Mais le Hamas reste intraitable.
Nul ne peut nier la gravité de la situation que connaissent les territoires sous Autorité palestinienne. Le gel des aides occidentales octroyées au gouvernement palestinien a eu un effet de boule-de-neige. En Palestine, l'avalanche a donné le coup de grâce à une économie déjà mise à mal. Plusieurs ONG avaient tiré la sonnette d'alarme évoquant une catastrophe humanitaire. Dans la bande de Gaza, la dégradation de la vie s'accélère avec le siège imposé par l'occupant israélien. Que faire pour mettre fin au mal que vivent actuellement les Palestiniens ? Cela fait des mois que le président palestinien, Mahmoud Abbas, cherche une réponse.
Il a tenté en vain de désamorcer cette crise causée par les positions d'un mouvement islamiste à tendances suicidaires. Aveuglés par leur orgueil, les dirigeants du Hamas restent intransigeants et refusent même de couper la poire en deux. Pour eux, il est hors de question de reconnaître l'Etat d'Israël, même implicitement.
Le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a multiplié les manœuvres qui furent toutes avortées par le mouvement islamiste. Car les amis d'Ismail Haniyeh sont convaincus par l'idée que le président Abbas s'allie avec les occidentaux pour renverser leur gouvernement élu démocratiquement. La fameuse théorie du complot !
Le ministre palestinien de l'Intérieur, Saïd Seyam, a d'ailleurs qualifié la tenue d'un référendum, une proposition avancée par Mahmoud Abbas, d'un coup d'Etat.
«Le référendum, en soi, serait un coup porté à la légitimité accordée à ce gouvernement par les élections législatives palestiniennes de janvier», a déclaré le ministre.
La situation se résume donc en un mot : légitimité. Le président palestinien l'avait déjà compris avant même l'enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit. Le document rédigé par les détenus palestiniens devait en principe servir de base de tout accord entre le parti présidentiel, Fatah et le Hamas.
Le texte élaboré par des responsables palestiniens qui purgent des peines de prison en Israël avait quand même du poids. En Palestine, ces détenus sont très respectés et leur opinion compte.
Mahmoud Abbas avait renforcé sa légitimité avec le «document des prisonniers» approuvé en juin par la formation radicale moyennant quelques amendements. Mais après les déclarations émanant du Fatah et selon lesquelles le mouvement Hamas aurait reconnu implicitement l'Etat hébreu, les islamistes ont refait marche arrière.
Le même scénario s'est produit lorsque après des semaines de négociations, Mahmoud Abbas avait cru à un début de dénouement de la crise avant qu'Ismaël Haniyeh réaffirme que son gouvernement ne reconnaîtrait jamais Israël.
Pour lui comme pour la majorité des dirigeants du Hamas, la situation est simple : «on y est, on y reste». Ils se disent élus démocratiquement et donc rien ne leur fera quitter le pouvoir. Le peuple palestinien souffre le martyre. Et Israël profite de la situation pour étouffer davantage l'autorité palestinienne. Mais le Hamas continue à jouer au sourd-muet.
Efforts diplomatiques, grèves de fonctionnaires, protestations des citoyens… rien de cela n'a pu faire changer d'avis aux islamistes. Ils sont même contre l'idée d'élections anticipées. Visiblement, le Hamas a sa propre vision de la démocratie !


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