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100% Jamal Berraoui : Ségolène… C'est un peu court
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 04 - 05 - 2007

Ségolène a plus défendu un mode de gestion qu'un programme. Sur toutes les questions importantes, elle veut lancer des discussions d'abord. Même si parfois ses pistes de travail sont intéressantes
Beaucoup de Marocains ont suivi le débat entre les deux candidats à la présidence de la république française, et le beaucoup ne se limite pas aux francophiles. Entrer dans le jeu des comparaisons est un exercice frustrant et inutile. Nos politiques n'ont pas produit une seule idée depuis des lustres et se cachent derrière les impératifs d'une transition qu'ils voudraient voir durer le plus longtemps possible, au moins jusqu'à ce que leurs rejetons prennent leur place. C'est affligeant et il n'y a rien à y faire.
Revenons donc à ce débat français qui fut intéressant à tous points de vue. Voulu spectacle, il a tenu ses promesses, les deux partenaires ayant préparé leur stock de petites phrases et d'effets gestuels. Selon un sondage du journal « Le Monde », sur près de 40.000 internautes, la majorité pense que c'est Ségo qui l'a emporté. Ce sondage a été effectué à chaud, c'est-à-dire dans la nuit même du mercredi.
La machine sarkozyste dans les médias, redoutable, gommait les aspérités. Le discours est rodée, condescendant et porte. En résumé Ségolène a attaqué, joué les émotives, mais a été piégée sur tous les dossiers importants. «Elle propose une nouvelle taxe sans en déterminer l'assiette ou la recette attendue, ce n'est pas sérieux !», cette attaque est bien sûr effectuée, en toute objectivité, par des observateurs à la neutralité très sarkozyste ou au sarkozysme très neutre. Malheureusement, même si je ne déplacerais pas une seule voix, je pense la même chose. Ségolène a plus défendu un mode de gestion qu'un programme. Sur toutes les questions importantes, elle veut lancer des discussions d'abord. Même si parfois ses pistes de travail sont intéressantes, ce n'est pas ce que l'on attend du futur président de la république. Ségolène s'est même permis de ne pas réviser ses fiches et de contester des chiffres que les agences de presse ont vite fait de confirmer.
Pourtant, lors de son dernier meeting, elle avait trouvé le tempo pour contrer Sarko. C'est un combat de valeurs, Sarko représente la droite dure ersatz du lepenisme, c'est un homme dangereux pour les valeurs de la république. Cette tonalité elle l'a laissée aux vestiaires, même quand son adversaire a annoncé qu'il sucrerait les allocations des familles défaillantes. Sa colère concernant l'handicap faisait plus effet théâtral que moment politique. Sarko aurait pu être contré sur un tas de sujets. Quand il parle de taxer les importations, il dit n'importe quoi, parce qu'il n'est pas maître de cette décision à moins qu'il ne retire la France de l'OMC et de l'Union européenne. Quand il annonce une taxation des produits provenant de pays qui n'ont pas ratifié Kyoto, il pense à la Chine et à l'Inde. Elle aurait pu lui rétorquer que si les informations disponibles sont conformes à la réalité, cette taxation devrait concerner au premier chef les USA et qu'il annonçait donc une guerre commerciale entre l'Europe et l'Amérique. Ségolène est mieux perçue par les téléspectateurs, cela lui permettra de gagner un point ou deux au maximum. Ce ne sera pas suffisant, on se dirige vers une victoire de Sarkozy moins large qu'annoncée mais victoire tout de même. Ce qu'il y a de rageant, c'est que ce gars-là était prenable. Au premier tour, Royal était obligée de jouer le rassemblement pour éviter l'élimination au premier tour. Au second tour, elle a perdu trop de temps à «draguer» les centristes ; or, son alliance était toute trouvée, c'était celle des anti-Sarkozy. L'homme est dangereux, parce qu'il est prêt à faire sienne n'importe quelle approche, y compris fascisante, pourvu qu'elle lui rapporte des points. Il est dangereux parce qu'au fond, son projet c'est le démantèlement du système social français et la deprotection du travail face au capital. Il est dangereux parce qu'il croit au tout répressif. Dommage, madame Royal ne s'est pas aventurée sur ce terrain; ce clivage qui aurait pu rassembler tous les républicains attachés à la spécificité française. Elle a gagné le duel télévisé, mais perdra les élections, son score étant honorable, il lui appartiendra d'animer la campagne des législatives où l'effet Bayrou pourra changer la donne. Peut-être que dans cinq ans, elle aura pris un peu plus d'épaisseur.


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