Marhaba 2021: le roi Mohammed VI demande un dispositif spécial d'accompagnement    L'Algérie retire l'accréditation à France 24    Blue Origin. Un milliardaire a déboursé 28 millions de dollars pour être avec Jeff Bezos    Le Raja s'incline contre Berkane et perd du terrain pour la première place    Djokovic-Tsitsipas: les meilleurs moments de la finale (VIDEO)    Jerrada : Nouveaux projets pour renforcer les filières du miel et des arbres fruitiers    Hamid Fettah, nouveau coordinateur de l'Istiqlal à Fès    Législatives algériennes : le parti islamiste MSP revendique la majorité    Retour des MRE : Voici les prix proposés par RAM    Aérien. La RAM dévoile ses nouveaux tarifs vers le Maroc    Botola / HUSA-WAC (3-5) : Un match renversant au score renversé !    Euro 2020 : Les Anglais convaincants ont battu les Croates décevants (1-0)    Facilitation des démarches consulaires, douanières et sanitaires...les nouvelles directives de SM le Roi en faveur des MRE    Evolution du coronavirus au Maroc : 270 nouveaux cas, 523.890 au total, dimanche 13 juin 2021 à 16 heures    La résolution européenne sur le Maroc est "erronée" et "inappropriée", selon une sénatrice italienne    Marge du G7: Bras de fer USA-Chine    Rassemblement à Paris des sympathisants du Hirak contre les législatives voulues par le «pouvoir assassin»    La famille Belkhayat ouvre le capital de Dislog Industries à Mediterrania Capital Partner    Attijari Global Research : des convictions à l'épreuve de la crise    Euro 2021 : l'écroulement de Christian Eriksen réveille les souvenirs de scènes dramatiques    L'Opinion : Désunis jusqu'à la fin !    Déficit budgétaire de 24,6 MMDH à fin mai 2021 (TGR)    Météo Maroc: Temps assez chaud avec nuages dans des régions (dimanche 13 juin)    L'AMDV veut que les réponses du législateur face aux violences sexuelles soient renforcées    Opération Marhaba 2021: des incertitudes planent toujours    Voyageurs : Le ministère de la santé publie les fiches à remplir    La symphonie lumineuse de Florence Arnold    Festival: L'Andalousie vue d'Oujda    L'affaire Brahim Ghali a un nom : Arancha González Laya    France : les réservations vers le Maroc en très forte augmentation    OCP : franc succès pour la nouvelle émission obligataire internationale de 1,5 milliard de dollars    Chine : 12 morts dans l'explosion d'une conduite de gaz dans un complexe résidentiel    Yassine Bounou évoque ses ambitions avec les Lions de l'Atlas    Journée mondiale du donneur de sang: un appel pressant à l'action pour augmenter la collecte de cette matière vitale    Plus de deux tonnes de drogue saisies à Mohammedia    Hakimi et Lukaku dédient leurs buts à Christian Eriksen    UNE RESOLUTION EUROPEENNE DENONCANT LE MAROC : CHERCHEZ L'ERREUR !!!    Laâyoune: le droit à la santé à l'ère de la Covid-19 domine les débats de la CRDH    Karaté : Médaillée d'or, Btissam Sadini se qualifie pour les JO de Tokyo    Bruxelles attend de Biden des engagements clairs sur le partenariat transatlantique    Algérie: les élections législatives ne vont pas régler le problème (Think tank US)    Le message du roi Mohammed VI au président russe Vladimir Poutine    Le tournage de la cinquième partie d'Indiana Jones aura lieu au Maroc    La cinquième aventure d'Indiana Jones sera tournée au Maroc    Les 10 ans de la FNM: Un bilan plus que positif    Education nationale-FNM: Un partenariat pour promouvoir l'accès des élèves aux musées    MEN et FNM instaurent la gratuité des musées et monuments pour les étudiants    Khalid Benzakour traite de la condition de la femme au Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Alain Juppé, la chute du faucon bordelais
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 06 - 2007

La vague bleue ne déferla que modérément sur l'Assemblée nationale. Nicolas Sarkozy, qui s'attendait à une majorité stalinienne dut se contenter d'une majorité à l'arithmétique plus démocratique.
Qui aurait cru que le numéro deux du gouvernement Fillon, le joker chiraquien de Nicolas Sarkozy puisse mordre la poussière électorale avec une telle violence dans un fief supposé facile à conquérir ? Qui aurait parié qu'un homme qui conserve une influence d'appareil d'une grande efficacité, une visibilité nationale et un prestige ministériel puisse se casser les dents sur un scrutin législatif au cœur d'une vague bleue annoncée ? Et pourtant, c'est ce qui arriva à Alain Juppé, ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable au soir de ce second tour des législatives françaises.
C'était la première mauvaise nouvelle de la soirée, la seconde étant que le tsunami bleu annoncé à grande fanfare n'était pas au rendez-vous. La vague bleue ne déferla que modérément sur l'Assemblée nationale. Nicolas Sarkozy, qui s'attendait à une majorité stalinienne dut se contenter d'une majorité à l'arithmétique plus démocratique. Les raisons invoquées indiquent que le débat hasardeux sur la TVA sociale et la polémique sur la concentration excessive des pouvoirs de l'entre-deux tours ont eu un effet salvateur et revigorant pour la gauche.
Alain Juppé est la victime expiatoire et symbolique de cet échec relatif. Même si le mot «échec» est impropre à l'utilisation puisque Nicolas Sarkozy parvient tout de même à accomplir deux exploits : reconduire une majorité sortante et obtenir une majorité absolue. Mais cela n'enlève rien à la gravité du moment qu'entraine la sortie d'Alain Juppé. La perte est d'autant plus retentissante pour la droite qu'il s'agit d'un poids lourd de l'architecture UMP, ancien Premier ministre, après avoir été ministre du Budget et des Finances, à qui l'ancien président Jacques Chirac attribuait le sobriquet admiratif du «meilleur d'entre nous».
Après avoir vécu une carrière mouvementée faite d'ennuis judicaires dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris en 2004, d'exil volontaire vers le Canada pour se ressourcer, de va-et-vient politique réussi sur la plan municipal à Bordeaux en 2006, Alain Juppé s'apprêtait à relancer son destin politique dans le sillage de la vague bleue suscitée par le nouveau champion de la droite.
N. Sarkozy avait réalisé un exploit en ralliant à lui l'ancien héritier naturel des chiraquiens. Pour bien mesurer la valeur de la prise, encore faut-il se souvenir que l'allégeance de Juppé fut le grand signal lancé aux fidèles de Jacques Chirac et de Dominique De Villepin de passer avec armes et bagages chez Nicolas Sarkozy.
La négociation fut âpre et le prix à payer élevé : le poste de numéro deux dans le gouvernement à la tête d'un grand ministère de prestige : Ecologie, Développement et Aménagement durable. Dès la prise de ses fonctions, certain de devoir durer, Alain Juppé avait annoncé un chantier gigantesque en se proposant d'organiser «un Grenelle de l'environnement».
Pour Nicolas Sarkozy, la chute d'Alain Juppé n'est pas un simple accident de parcours dont les effets se limitent à la perte d'une circonscription et d'un siège au Parlement. Au delà du fait qu'elle remet en cause une architecture gouvernementale patiemment tissée, un tel revers arrivé si vite, accompagné de la renaissance inattendue d'une gauche plus combative, a de fortes chances d'obliger le nouveau président de la République à remettre en cause sa stratégie d'ouverture et à revoir le dosage de son exécutif.
Pour la gauche qui est, en train de sortir douloureusement la tête du goulot compresseur dans lequel l'ont plongé l'activisme débordant de Nicolas Sarkozy, les mésententes du couple Hollande-Ségolène et l'incapacité à formuler un projet politique alternatif. La chute d'un puissant symbole de la droite triomphante comme Alain Juppé redonne de l'espoir et laisse entrevoir de rapides revanches politiques. D'ailleurs la gauche socialiste et communiste commence déjà à tirer profit de la stratégie d'agressivité tous azimuts à son égard du Premier ministre François Fillon, redevenu pour l'occasion l'épouvantail idéal d'une droite décomplexée. Plus le Premier ministre l'exécute avec une violence inhabituelle, plus elle se remobilise et retrouve grâce aux yeux de l'opinion. Son surprenant score aux législatives laisse entendre que le temps d'usure peut arriver plus vite que prévu.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.