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Quand toute critique devient antisémitisme
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 09 - 01 - 2004

La Commission européenne repousse avec force les accusations d'antisémitisme proférées par le Congrès juif mondial et le Congrès juif européen. Ces derniers reprochent notamment à la Commission son sondage accusant Israël d'être la plus grande menace pour la paix mondiale.
Toute critique à l'égard d'Israël est désormais synonyme d'agression préméditée contre le peuple juif, une marque d'hostilité envers lui qui relève d'un antisémitisme aussi profond que convaincu. Et tout le monde doit se plier à cette règle, plutôt suggérée qu'affichée, mais qui revêt une «sacralité» pour le moins révoltante. Le sondage d'opinion, commandé par la Commission européenne est un cas d'école en la matière. Les résultats de ce sondage, qui ont été accablants à l'égard d'Israël, l'accusant de constituer une menace pour la paix dans le monde, ne cessent de faire réagir plus d'une instance juive, morale, académique comme politique. Depuis la publication de ce sondage, les réactions fusent de partout, accusant de tous les noms aussi bien les instances de la Commission européenne que l'opinion publique européenne. Le message est clair : la libre expression, aussi assumée soit-elle, ne doit pas «heurter la sensibilité juive».
Un sondage qui a fait l'objet, plusieurs semaines après sa sortie, d'une sortie fracassante de deux grandes figures juives. Il s'agit de la publication, lundi dernier,par le Financial Times d'une tribune où Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial, et Cobi Benatoff, président du Congrès juif européen, reprochent notamment à la Commission ce sondage «prétendant voir en Israël la plus grande menace pour la paix mondiale». «L'antisémitisme peut s'exprimer de deux façons : par l'action ou par l'inaction. De manière remarquable, la Commission européenne est coupable dans les deux cas de figure», écrivaient-ils notamment. Et comme il faut en rajouter, les dirigeants du CJM et du CJE, qui parlent d'un sondage «biaisé et dangereusement incendiaire», accusent Bruxelles d'avoir censuré une étude sur l'augmentation des attaques antisémites et l'implication des minorités musulmanes.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi n'a pas tardé à réagir. Il a informé mardi le Congrès juif mondial (CJM) et sa branche européenne que l'organisation du séminaire sur l'antisémitisme, prévue en février, était suspendue.
«L'attitude dont vous avez fait preuve dans votre lettre (...) me contraint à suspendre les préparatifs» du séminaire sur l'antisémitisme, leur a répondu mardi Romano Prodi. Il a ajouté qu'il espérait que les conditions permettraient «prochainement» de les reprendre. Ce dernier devrait finalement avoir lieu. Le président de la Commission européenne s'était déclaré disposé à maintenir le séminaire de février.
Affirmant que les critiques à l'égard de l'Etat d'Israël ne pouvaient s'apparenter à de l'hostilité envers la communauté juive, la Commission européenne a repoussé avec force les accusations d'antisémitisme proférées par les deux organisations juives. La Commission, qui a tenu mercredi sa première réunion de l'année, a rejeté catégoriquement les affirmations selon lesquelles une critique légitime des actions de l'Etat d'Israël par des institutions européennes aient quelque rapport que ce soit avec l'antisémitisme. «Ce sont deux choses distinctes», a fait savoir Reijo Kemppinen, porte-parole de la Commission, au sein de laquelle la tribune, gracieusement offerte par le journal, faut-il le préciser, américain, a suscité de vifs débats. Plusieurs membres ont fait part de leur stupeur et de leur incompréhension face aux propos avancés.
Les deux responsables juifs étaient certainement loin de mesurer toute la gravité de leurs propos, encore moins les réactions qu'ils auraient suscitées. L'affaire a suscité d'importants remous, même dans les milieux juifs d'Europe. La principale association juive des Pays-Bas, le Centre d'information et de documentation sur Israël (CIDI), s'est ainsi déclarée consternée par les propos d'Edgar Bronfman et Cobbi Benatoff. «Taxer la Commission d'antisémitisme est une action déraisonnable, surtout lorsque l'accusation est fausse et lorsque les arguments font défaut», écrit Ronny Naftaniel, directeur du CIDI, dans une lettre adressée à Benatoff. «Nous vous exhortons à agir de manière plus responsable sur ces questions d'une grande importance pour la communauté juive européenne».
L'ambassadeur d'Israël auprès de l'Union européenne Oded Eran est ainsi venu à la rescousse. Il a publié mercredi un communiqué destiné à apaiser les passions. «Israël (...) n'a aucun doute sur l'opposition de la direction politique européenne à ce phénomène (l'antisémitisme)», y écrit-il notamment. «Cette opposition a aussi été exprimée dans les conclusions du conseil européen de décembre dernier dénonçant l'antisémitisme, et par l'initiative du président Prodi de tenir une conférence sur cette question». «Nous espérons par conséquent qu'un moyen de relancer cette importante initiative du président Prodi pourra être trouvé», avait-il déclaré, avant que la Commission ne revienne sur sa décision. Polémique et controverse, actions et réactions, rapports conflictuels et auto-victimisation. Plus que des mots, concepts et attitudes, ces notions semblent être devenues des traits de caractère de certains milieux juifs. Et gars à ceux qui osent le dire ou ne serait-ce que le suggérer. L'étiquette de l'antisémitisme, tout comme celle du terrorisme est prête et n'attend que porteur.


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