Justice : vers un encadrement plus strict de l'expertise judiciaire    Lors d'une rencontre du PAM, des experts et pharmaciens alertent sur les défis de la santé    Rabat: trois nouveaux parkings pour répondre à la demande en stationnement    Info en images. Tourisme : 894.000 emplois directs en 2025, les objectifs dépassés    Toyota, leader du marché hybride au Maroc    Ministère de l'équipement-ANEF : Une convention pour lutter contre l'envasement des barrages    Pétrole à plus de 100 dollars : les marchés mondiaux sous tension face à la guerre au Moyen-Orient    Huawei lance la Watch GT Runner 2 pour les sportifs    IA militaire : la Chine alerte sur le risque d'un scénario à la Terminator    Ports : Tanger Med et Casablanca confirment leur leadership au niveau arabe    SM le Roi présidera une veillée religieuse en commémoration de Laylat Al Qadr    Tunnel Maroc–Espagne : des financements espagnols supplémentaires pour les études    Laylat Al-Qadr : SM le Roi préside au Palais Royal de Rabat une veillée religieuse    Bahreïn: Plus de 120 missiles et 200 drones détruits depuis le début des attaques iraniennes    Guerre au Moyen-Orient: L'ONU prévient de l'impact "immense" sur son travail humanitaire    Mondial 2030 : une autre ville espagnole retire sa candidature    Lions de l'Atlas : quel avenir pour Rabie Hrimat face à la nouvelle génération ?    Coupe de la CAF: L'Olympic Safi et le Wydad Casablanca terminent sur un match nul (1-1)    Lamia Boumehdi nommée sélectionneuse de l'équipe féminine de la Jordanie    LOSC : Ayyoub Bouaddi attise les convoitises du PSG et des géants anglais    la Marocaine Lamia Boumehdi nommée sélectionneuse de l'équipe féminine jordanienne    Cyberattaque : Microsoft corrige des vulnérabilités dans Windows 11    Cannabis licite : l'AMMPS et l'ANRAC simplifient l'enregistrement des produits    Théâtre Royal de Rabat : la Fondation reconnue d'utilité publique    Egalité professionnelle : ce que la loi impose vraiment aux entreprises    Les températures attendues ce lundi 16 mars 2026    Le temps qu'il fera ce lundi 16 mars 2026    Météo : Des chutes de neige prévues mardi et mercredi    Le temps qu'il fera ce dimanche 15 mars 2026    DS automobiles lance le « DS Café culturel » à Casablanca    Tiznit accueille une veillée ramadanesque entre Madih et Samâa    Salon international des inventions de Genève: l'UIR remporte 4 médailles et le Prix de la Délégation chinoise    Jazzablanca révèle la programmation de la Scène 21, écrin de jazz et d'explorations musicales    Des transformations en Amérique latine... le recul du soutien de Cuba et du Venezuela au Polisario reflète un changement du rapport de forces en faveur du Maroc    RamadanIA Hackathon : quand la jeunesse marocaine transforme l'IA en moteur économique    De l'Iran à l'Algérie... comment le Maroc a choisi la confrontation diplomatique avec ses adversaires    LdC de la CAF: La RSB and Al Hilal Omdurman se neutralisent    L'Egypte accorde aux Marocains un visa à entrées multiples valable 5 ans    Issa Diop choisit de représenter l'équipe nationale marocaine    Sénat des Etats-Unis : Ted Cruz accentue la pression sur le Polisario en évoquant ses liens avec l'Iran    Plus de 1,6 billion de dollars pour l'économie maritime chinoise    André Azoulay à la Fondation des Trois Cultures : un appel au respect de l'altérité    À Paris.. le Maroc met en avant son expérience en matière de souveraineté alimentaire devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe    UE : Les flux migratoires depuis le Maroc baissent, ceux depuis l'Algérie augmentent    Festival Gnaoua. Berklee College of Music revient pour sa 3e édition à Essaouira    Nicole Kidman partage l'impact de son séjour au Maroc sur l'éducation de ses enfants    Espagne: L'artisanat marocain primé à Séville    Agressions iraniennes: les appels téléphoniques de SM le Roi avec plusieurs dirigeants des pays du CCG, une expression de la solidarité fraternelle constante du Maroc avec ces Etats (Bourita)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un corrupteur sans corrompu
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 28 - 01 - 2004

Il est possible d'accuser un corrupteur sans, pour autant, présenter un acte d'accusation contre celui qui a reçu l'argent de la corruption, Ariel Sharon… Parce qu'il ignorait ce que l'on attendait de lui…
Nous avons tout d'abord exposé la réaction d'Ahmed Qoreï (Abou Ala) par un « Etat binational » contre la menace d'Ariel Sharon qui avait déclaré une « séparation unilatérale », en outre, une confirmation du Président Arafat de sa fidélité à la création d'un « Etat palestinien » ayant Al Qods comme capitale. Nous avons, également, évoqué la tension « Arafat-Barghouti », correspondant à la lutte du Président de l'Autorité palestinienne contre le passage de cellules de combattants du Tanzim, sous l'influence du Hizbollah.
Depuis le 21 janvier dernier, - jour du 1er anniversaire du gouvernement actuel d'Israël -, une campagne réclamant la démission d'Ariel Sharon accusé de corruption, se développe. En effet, la presse israélienne consacre ses premières pages et ses principales analyses aux démêlés judiciaires de Sharon. Un acte d'accusation a été arrêté par le procureur général contre l'entrepreneur David Appel pour tentative de corruption du chef du gouvernement.
David Appel est accusé d'avoir versé des fonds à Ariel Sharon, - alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement Netanyahou -, pour une intervention en faveur de la promotion d'un gigantesque projet touristique dans une Ile grecque. Il s'agit, en fait, du financement de la campagne électorale d'Ariel Sharon, avec une implication d'Ehoud Oulmert, à l'époque maire de Jérusalem. Cette affaire de corruption de celui qui devait devenir le chef du gouvernement d'Israël, est la première dans l'Histoire du pays.
La presse israélienne explique, curieusement, dès le départ, qu'il est théoriquement possible d'accuser un prévenu de corruption, à la condition qu'il ait ignoré ce que l'on attendait de lui… En un mot, il ne faut pas obligatoirement deux, pour établir la corruption, car, il peut y avoir un corrupteur sans corrompu… Dans cet imbroglio juridique – à l'anglo-saxonne-, il serait, donc, difficile de prouver une intention pénale de la part d'Ariel Sharon afin de l'accuser d'avoir fourni le moindre service en contrepartie de l'argent reçu « de bonne foi » par son fils Guilad: Au titre de ses propres services de conseils même fictifs, et non au profit de son père.
Dans les milieux politiques, insiste la presse, les développements judiciaires contraindraient, cependant, Ariel Sharon à la démission, combien même les accusations du procureur général n'aboutissaient pas. Dans son parti, le Likoud, certains se préparent, discrètement, à une telle éventualité en proposant des élections primaires au sein du Conseil central. Afin de présenter des candidatures, à la succession du chef du gouvernement : Benyamin Netanyahou, Silvain Shalom, Mme Limor Livnat ou Ehoud Oulmert. Dans l'opposition travailliste, on espère convaincre le parti de la laïcité du Shinoui, de quitter la coalition gouvernementale pour provoquer de nouvelles élections législatives. Dès le deuxième jour de la campagne de presse, - le 22 janvier 2004 -, Ariel Sharon subit son interrogation par le procureur général qui estime qu' « il y a assez de preuves pour présenter un acte d'accusation contre le chef du gouvernement. La décision finale ne sera prise, cependant, que dans quelques semaines par le nouveau conseiller juridique du gouvernement, après la clôture de l'enquête en cours »… Il est pourtant établi que de l'acte d'accusation contre David Appel, il ressort que Ariel Sharon était au courant du projet touristique de l'Ile grecque ainsi que, assure le procureur, des sommes fabuleuses promises à son fils Guilad. C'est pourquoi, estiment les analystes « même si en fin de compte aucun acte d'accusation n'était présenté contre le chef du gouvernement faute de preuves irréfutables, Sharon n'en a pas moins reçu un coup dur. Dès le 21 janvier 2004, il était difficile de trouver un politicien – de la coalition ou de l'opposition -, prêt à parier qu'il arriverait au terme de son mandat, en 2007. Dans le parti Likoud, personne ne souhaite le départ de Sharon dans de telles conditions. Aucun candidat à la succession n'osera s'y risquer : Ehoud Oulmert ou Mme Limor Livnat craignant l'opposition du Comité central ou Silvain Shalom du fait de son échec total au ministère des Finances. Il reste Benyamin Netanyahou devenu, soudain, un successeur naturel, à la condition qu'il puisse éviter ses grosses erreurs habituelles.
De son côté, Ariel Sharon espère «être lavé de tout soupçon de corruption par le nouveau Conseiller juridique du gouvernement – dont la nomination par le Conseil des ministres était prévue dès le dimanche dernier – c'est pourquoi, le Premier ministre n'hésite pas à s'exclamer « Je ne démissionnerai pas.
Dans un an, je serai encore à la tête du gouvernement ». Il va jusqu'à répondre à Shimon Peres, chef de l'opposition travailliste qui l'invite à s'expliquer devant le peuple: « sur les affaires, j'ai dit tout ce que j'avais à dire. Et je n'ai rien à ajouter». Il n'en demeure pas moins que, dès le deuxième jour de la campagne de presse, 49% des citoyens israéliens estiment qu'il doit démissionner, contre 38% favorables à la poursuite de son mandat. Pis encore, 53% croient Sharon impliqué dans les affaires de corruption, 56% sont mécontents du gouvernement et 74% rejettent le bilan économique de Netanyahou.
Le vendredi 23 janvier, la campagne pour la démission d'Ariel Sharon se poursuit et la demande d'élections anticipées se renforce. Cela n'empêche pas Sharon de continuer à affirmer, publiquement, qu'il n'entendait pas démissionner: « je resterai à la tête du gouvernement jusqu'en 2007… au moins». Pourtant de nouvelles accusations se révèlent chaque jour.
Après la présentation de cassettes par un ancien conseiller venant prouver, devant la télévision, que son patron a menti au procureur, un directeur des biens fonciers de l'Etat, est venu démontrer que Sharon, alors ministre concerné, avait déjà défendu David Appel. Celui-ci était accusé de s'être accaparé de terrains agricoles pour réaliser des opérations immobilières auprès de l'aéroport international de Lod. D'autre part, Tomy Lapid, ministre de la Justice écrit dans un article de l'organe du Shinoui « la situation impossible dans laquelle nous nous sommes embourbés, qui signifie versement de sang, régression économique et isolement international, exige la formation d'une autre coalition dans laquelle les Travaillistes prendront la place des deux partis de droite extrémistes ».
Au quatrième jour, - le dimanche 25 janvier dernier -, la presse ne veut pas se laisser impressionner par la libération des 400 prisonniers palestiniens et des 23 libanais, en contrepartie, de trois corps de soldats israéliens et d'un homme d'affaires détenu par le Hizbollah.
Les analystes des grands quotidiens, rappellent les problèmes d'Ariel Sharon devant la justice pour corruption. En y ajoutant, la prochaine rencontre avec le président Bush qui s'oppose à la « séparation unilatérale » avec les Palestiniens et, surtout, le dossier du «mur de sécurité », - en zig-zag -, dont s'est saisie la Cour internationale de justice de La Haye.
Pendant quatre jours et à l'occasion du 1er anniversaire du gouvernement composé d'une coalition disparate, - composée de partis soutenant ou s'opposant aux colonies et au mur de sécurité, en dehors de la ligne des frontières de 1967-, la campagne contre Ariel Sharon s'est aggravée.
Elle arrive ainsi, à une conclusion : « les hommes politiques entendent imposer à leur opinion publique, qu'au-delà de toute corruption, il n'existe, aujourd'hui, aucun chef en mesure de remplacer Ariel Sharon. Mais la préservation des fondements moraux de la démocratie d'Israël exige qu'il démissionne, pour se présenter devant les électeurs ».
• Par Robert Assaraf


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.