Agadir Ida Outanane: Nouvelle accélération pour les équipements en milieu rural    Donner sa chance à la paix Rendre la tranquillité au Moyen-Orient    Détroit d'Ormuz : le baril de pétrole Brent repasse au-dessus des 100 dollars    Planification et gestion de l'eau : le vide juridique bientôt comblé    Tanger-Tétouan-Al Hoceima : lancement du "Budget citoyen" pour la deuxième année consécutive    Secteur postal : vers une réforme clé pour la livraison et la logistique    OM : Nayef Aguerd donne de ses nouvelles après son opération    Biodiversité et services écosystémiques : pourquoi le Maroc doit muscler sa protection    Environnement : vers une Alliance marocaine des zones humides    Le fils de Mehdi Hijaouy révèle le "syndrome" du mensonge" dont souffre son père    Tendansia présente Le Porteur d'Histoire à Rabat et Casablanca    Casablanca : le Timeless Festival by U Radio revient pour une 2e édition    Le tribunal espagnol refuse l'extradition d'un Marocain condamné pour une traversée clandestine mortelle    Real Madrid : plusieurs joueurs sur la liste des départs dont Brahim Diaz    Maroc : une plateforme judiciaire soulève des questions sur la protection des données et la présomption d'innocence    L'Espagne adopte un décret pour garantir les soins de santé aux migrants sans papiers    Les USA ont dépensé 11 mds USD les six premiers jours de la guerre au MO    Talbi El Alami recibido por el nuevo presidente chileno    Beyrouth : au moins 8 morts et 31 blessés dans une frappe israélienne    Chaque Marocain gaspille 113 kg de nourriture par an    La star de «Emily in Paris» va produire un thriller d'action se déroulant au Maroc    Deadly crash in El Jadida leaves six farm workers dead, eight injured    Bourse de Casablanca : ouverture en territoire positif    SNEP nomme Ali Alami Directeur Général pour accélérer sa stratégie industrielle    Herencia en Marruecos: cuando la desigualdad se convierte en tradición    La Chine clôt les travaux du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et mise sur un bon départ du 15e Plan quinquennal    Edito. La facture de la dépendance    Classes préparatoires : Le Maroc domine les palmarès internationaux    Le temps qu'il fera ce jeudi 12 mars 2026    Tizi et M.L.I lancent «AMAL 2026» pour former 100 jeunes candidats aux législatives marocaines    Le stade Prince Moulay Abdellah sacré meilleur stade du monde en 2025    Akhannouch préside une réunion sur la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement supérieur    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du nouveau président chilien    Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    Climat : Février parmi les plus chauds dans le monde    Rabat: Remise des premiers labels "Musée du Maroc"    Nabyla Maan en concert exceptionnel à Rabat    Agadir : Un stade de 300 MDH en projet à Tikiouine    Le Maroc et l'Espagne se disputent la pépite du Real Madrid Thiago Pitarch    Maroc : Les supporters sénégalais repasseront devant la justice le 16 mars    La justice néerlandaise blanchit un ancien employé des accusations d'espionnage pour le Maroc    Congrès US : le soutien au projet de loi visant à classer le polisario organisation terroriste s'élargit    La pièce « Le porteur d'histoire » primée aux Molières arrive au Maroc    Renforcer le rapprochement des civilisations au cœur de la rencontre entre l'ambassadrice de Chine et le directeur de l'ICESCO    L'ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, pressenti pour diriger l'AFD    Nayef Aguerd opéré pour revenir plus fort avant le Mondial ?    Gessime Yassine, la nouvelle pépite marocaine qui séduit l'Europe    Ayra Starr signe son retour avec « Where Do We Go »    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Mounir Fatmi : «Je ne suis jamais parti en Israël»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 10 - 08 - 2011

Mounir Fatmi expose au Socio-Political Contemporary Art Museum Jerusalem jusqu'en janvier 2012. Il répond à ceux qui qualifient son exposition en Israël de normalisation avec l'Etat juif.
ALM : Pouvez-vous nous parler de ce que vous présentez dans cette exposition au musée de Jérusalem en Israël?
Mounir Fatmi : Durant l'exposition «Westend a dialog between Islam and The West or a clash of civilisations?» au Socio-Political Contemporary Art Museum, Jerusalem, je présente une partie de l'installation «Les temps modernes, une histoire de la machine». L'installation fonctionne comme une machine séduisante et en même temps très violente. L'œuvre fait référence au film muet de Charlie Chaplin, «Les Temps Modernes» (1936) dans lequel l'humain survit dans un monde de plus en plus industrialisé où la vitesse et la violence de la machine broient tout ce qui est vivant.
L'installation dans sa forme complète a été montrée pour la première fois en 2010 à l'ouverture du Mathaf, Arabe Museum of Modern Art, Doha, Qatar.
L'art n'a pas de frontière. Dans quelle mesure le vôtre peut transcender les murs qui séparent Israël de la Palestine ?
Oui, je crois toujours à cette idée de l'art sans frontière, mais ce n'est pas aussi facile que ça. Malheureusement, il y a tellement d'obstacles. Dans ma vie comme dans mon travail, j'ai toujours fait les choix les plus difficiles, même en y laissant parfois des plumes. Je l'ai dit plusieurs fois, je ne fais pas de l'art pour plaire. Dans cette affaire, je dois éclaircir plusieurs points que j'ai lus dans la presse. La première chose, c'est que je ne suis jamais parti en Israël, c'est très rarement que je me déplace pour mes vernissages, je n'ai pas le temps. C'est mon travail qui me représente et je n'ai pas besoin d'être sur place. J'ai choisi de participer à cette exposition parce que le sujet même du dialogue entre les civilisations est au cœur de mon travail. J'avais déjà refusé d'exposer en Israël quand les sujets des expositions n'étaient pas clairs, ou sans intérêt politique.
Comment par votre exposition vous contribuez à une meilleure compréhension de ce conflit?
L'art est fait pour être montré et pour créer le dialogue. Donc, ce n'est pas en refusant de dialoguer avec les artistes israéliens qu'on réglera le problème palestinien. Il faut exposer notre art, montrer nos films et publier nos livres, bref montrer notre intelligence en continuant de dénoncer la violence, l'injustice et l'occupation. J'expose aux Etats-Unis alors que je ne suis pas d'accord avec l'occupation de l'Irak et l'intervention en Afghanistan. J'expose en Russie alors que le racisme monte de plus en plus et frappe indistinctement les personnes originaires d'Afrique. J'expose dans toute l'Europe où l'islamophobie est une maladie qui se propage dans l'air. L'art est fait pour être montré, donc montrons notre art. Je pense qu'il faut aller plus loin, c'est dans ce sens là que l'art peut transcender les murs.
Que répondez-vous à ceux qui qualifient votre exposition en Israël de naturalisation avec un Etat qui opprime le peuple palestinien?
Je vous pose ici une simple question. Est-ce que la situation des palestiniens a changé depuis 1948? Non. Alors, qu'est-ce qu'on a gagné avec toutes ces années de coupure ? Sinon d'isoler encore plus le peuple palestinien et le pleurer de loin dans nos salons confortables en regardant la télévision ou en lisant les journaux. Malheureusement, il faut le dire, pour la plupart des Arabes, les Palestiniens ne sont qu'une information et un chiffre de morts par an. Il ne faut pas oublier que c'est la première fois dans notre histoire contemporaine qu'un président américain soutient la création d'un Etat palestinien reposant sur les frontières d'avant la guerre de 1967. Voilà ce que je réponds à tous ceux qui critiquent cette exposition. Il y a des choses qui sont en train de changer, alors c'est le moment ou jamais de s'adapter à ce changement.
Vous n'êtes pas le seul artiste arabe participant à cette manifestation.
Toute la presse qui a diffusé l'information de cette exposition, de «The Washington Post» à «The Independent», en passant par «The Herald Tribune» à «India Times», parle d'une prise de conscience et d'une maturation des artistes arabes.
Il ne faut pas oublier que dans cette exposition, il y a des artistes de l'Arabie Saoudite, de l'Irak, de l'Egypte, de l'Iran, etc. Quand il s'agit d'une invitation au dialogue, je suis désolé, il faut l'accepter. Je pense que c'est le moment de montrer au monde entier qu'on est plus tolérant, plus ouvert au dialogue, plus démocrate et c'est aux Israéliens de faire maintenant leur révolution, en se débarrassant de leurs dirigeants meurtriers incapables de leur offrir une paix durable.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.