Sahara : De Mistura effectue une visite en Russie    A l'ONU l'Equateur, pays reconnaissant la «RASD», donne du souci au Polisario    La paire USD/MAD atteint un nouveau record    Maroc : La chaîne de production du lait bientôt soutenue par le gouvernement    Le Français Guerlain Chicherit (Auto) remportent la 22ème édition du Rallye du Maroc    Messi annonce que le Mondial de Qatar serait "sûrement" le dernier pour lui    Le Maroc éliminé en quarts de finale du Mondial de football pour amputés    Amical Futsal : Choc de titans entre le Maroc et le Brésil    Benguerir: Décès d'un individu placé en garde à vue lors de son transfert à l'hôpital    Ahmed Réda Chami : « Le Maroc est fortement engagé sur la voie de l'utilisation des transports réduisant l'empreinte carbone »    Sous le Haut patronage du Roi Mohammed VI, 14ème édition du Festival de la mode en Afrique à Rabat pour promouvoir le secteur    Le Maroc réagit au démenti de l'ambassade de France sur la censure de l'interview de Ferhat Mehenni sur CNews    Education: le statut des enseignants-cadres désormais uniformisé à travers un décret    Messi fait une annonce fracassante pour le Mondial au Qatar (VIDEO)    Photos. Voulez-vous louer la villa de Diam's à Marrakech ?    Consécration des tables rondes et renouvellement du mandat de la MINURSO    Taux de croissance, inflation, masse monétaire… l'essentiel de la note de conjoncture du HCP    Détournement de fonds à la mairie de Marrakech: le verdict est tombé pour l'ancien maire    Le gouvernement aspire à parvenir à une vision commune sur la réforme des retraites d'ici mars 2023    Football : la candidature Maroc-Espagne-Portugal au Mondial 2030 otage de la mémoire courte européenne ?    Migration : L'Union européenne souligne «l'engagement fort» du Maroc    Inflation: une nouvelle rallonge budgétaire de 12 MMDH (Conseil de gouvernement)    Covid-19/Maroc : 135 cas actifs à l'échelle nationale (0.01%)    Le Maroc et l'Arabie Saoudite concluent un accord de transport aérien    Bourse de Casablanca: Clôture dans le vert    Casablanca : Halte aux charrettes à traction animale !    La chaine CNews mise à nu après l'annulation d'une émission consacrée au leader du MAK, Ferhat Mehenni    [Vidéo] Alger: tentative de suicide d'un policier    À Alger, un policier harcelé par sa hiérarchie tente de se suicider    Botola: découvrez le programme de la 5ème journée    Championnat arabe de cyclisme sur piste (1ère journée) : Le Maroc remporte trois médailles, dont deux en or    Symposium de l'eau à Casablanca: Focus sur l'efficacité et la sécurité hydriques au Maroc (VIDEO)    Le capitaine Ibrahim Traoré officiellement nouveau président du Burkina Faso    Annie Ernaux remporte le prix Nobel de littérature 2022    Quand la numismatique nous raconte l'Histoire !    Sécurité : Une délégation de l'OTAN s'est rendue au Maroc    Décès de 66 d'enfants en Gambie: l'OMS ouvre une enquête concernant 4 sirops contre la toux    L'OPEP+ réduit considérablement la production de pétrole    Exposition « Regard à travers l'art» : Une invitation à l'observation et à la révélation    Une 3ème édition à l'espace Toro et pour tous les goûts    250 cavaliers au 16ème Festival de tbourida à Inezgane    Khaled Nezzar. Le grand comploteur contre le Maroc serait agonisant    Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger...des températures assez douces ce jeudi    Cacao. La Côte d'Ivoire maintient son leadership    Santé : 1,7 MMDH pour la mise à niveau et l'équipement de CHU    Voici le temps qu'il fera au Maroc, ce jeudi 6 octobre 2022    Mathafi : lancement du programme d'initiation à l'art    Le Maroc et la France appelés à préserver leur relation et à la projeter face aux nouveaux défis    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Mounir Fatmi : «Je ne suis jamais parti en Israël»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 10 - 08 - 2011

Mounir Fatmi expose au Socio-Political Contemporary Art Museum Jerusalem jusqu'en janvier 2012. Il répond à ceux qui qualifient son exposition en Israël de normalisation avec l'Etat juif.
ALM : Pouvez-vous nous parler de ce que vous présentez dans cette exposition au musée de Jérusalem en Israël?
Mounir Fatmi : Durant l'exposition «Westend a dialog between Islam and The West or a clash of civilisations?» au Socio-Political Contemporary Art Museum, Jerusalem, je présente une partie de l'installation «Les temps modernes, une histoire de la machine». L'installation fonctionne comme une machine séduisante et en même temps très violente. L'œuvre fait référence au film muet de Charlie Chaplin, «Les Temps Modernes» (1936) dans lequel l'humain survit dans un monde de plus en plus industrialisé où la vitesse et la violence de la machine broient tout ce qui est vivant.
L'installation dans sa forme complète a été montrée pour la première fois en 2010 à l'ouverture du Mathaf, Arabe Museum of Modern Art, Doha, Qatar.
L'art n'a pas de frontière. Dans quelle mesure le vôtre peut transcender les murs qui séparent Israël de la Palestine ?
Oui, je crois toujours à cette idée de l'art sans frontière, mais ce n'est pas aussi facile que ça. Malheureusement, il y a tellement d'obstacles. Dans ma vie comme dans mon travail, j'ai toujours fait les choix les plus difficiles, même en y laissant parfois des plumes. Je l'ai dit plusieurs fois, je ne fais pas de l'art pour plaire. Dans cette affaire, je dois éclaircir plusieurs points que j'ai lus dans la presse. La première chose, c'est que je ne suis jamais parti en Israël, c'est très rarement que je me déplace pour mes vernissages, je n'ai pas le temps. C'est mon travail qui me représente et je n'ai pas besoin d'être sur place. J'ai choisi de participer à cette exposition parce que le sujet même du dialogue entre les civilisations est au cœur de mon travail. J'avais déjà refusé d'exposer en Israël quand les sujets des expositions n'étaient pas clairs, ou sans intérêt politique.
Comment par votre exposition vous contribuez à une meilleure compréhension de ce conflit?
L'art est fait pour être montré et pour créer le dialogue. Donc, ce n'est pas en refusant de dialoguer avec les artistes israéliens qu'on réglera le problème palestinien. Il faut exposer notre art, montrer nos films et publier nos livres, bref montrer notre intelligence en continuant de dénoncer la violence, l'injustice et l'occupation. J'expose aux Etats-Unis alors que je ne suis pas d'accord avec l'occupation de l'Irak et l'intervention en Afghanistan. J'expose en Russie alors que le racisme monte de plus en plus et frappe indistinctement les personnes originaires d'Afrique. J'expose dans toute l'Europe où l'islamophobie est une maladie qui se propage dans l'air. L'art est fait pour être montré, donc montrons notre art. Je pense qu'il faut aller plus loin, c'est dans ce sens là que l'art peut transcender les murs.
Que répondez-vous à ceux qui qualifient votre exposition en Israël de naturalisation avec un Etat qui opprime le peuple palestinien?
Je vous pose ici une simple question. Est-ce que la situation des palestiniens a changé depuis 1948? Non. Alors, qu'est-ce qu'on a gagné avec toutes ces années de coupure ? Sinon d'isoler encore plus le peuple palestinien et le pleurer de loin dans nos salons confortables en regardant la télévision ou en lisant les journaux. Malheureusement, il faut le dire, pour la plupart des Arabes, les Palestiniens ne sont qu'une information et un chiffre de morts par an. Il ne faut pas oublier que c'est la première fois dans notre histoire contemporaine qu'un président américain soutient la création d'un Etat palestinien reposant sur les frontières d'avant la guerre de 1967. Voilà ce que je réponds à tous ceux qui critiquent cette exposition. Il y a des choses qui sont en train de changer, alors c'est le moment ou jamais de s'adapter à ce changement.
Vous n'êtes pas le seul artiste arabe participant à cette manifestation.
Toute la presse qui a diffusé l'information de cette exposition, de «The Washington Post» à «The Independent», en passant par «The Herald Tribune» à «India Times», parle d'une prise de conscience et d'une maturation des artistes arabes.
Il ne faut pas oublier que dans cette exposition, il y a des artistes de l'Arabie Saoudite, de l'Irak, de l'Egypte, de l'Iran, etc. Quand il s'agit d'une invitation au dialogue, je suis désolé, il faut l'accepter. Je pense que c'est le moment de montrer au monde entier qu'on est plus tolérant, plus ouvert au dialogue, plus démocrate et c'est aux Israéliens de faire maintenant leur révolution, en se débarrassant de leurs dirigeants meurtriers incapables de leur offrir une paix durable.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.