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Crânes de résistants algériens détenus en France : un collectif d'historiens appelle à leur rapatriement
Publié dans Barlamane le 10 - 07 - 2016

Un collectif d'historiens a lancé ce samedi dans le journal Le Monde un appel aux autorités françaises pour la restitution des restes mortuaires, notamment de crânes, de résistants algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850. Ces restes sont détenus dans les réserves du Musée de l'Homme à Paris, rapporte le site d'information algérien « TSA ».
Relayant une pétition lancée en 2011 par l'historien algérien Ali Farid Belkadi et une demande de l'universitaire Brahim Senouci datant de mai dernier, ce collectif d'historiens affirme que « soutenir les appels de citoyens algériens à rapatrier ces dépouilles dans leur pays, pour leur donner une sépulture digne ne revient aucunement pour nous à céder à un quelconque tropisme de ‘repentance' ou d'une supposée ‘guerre des mémoires' ».
Pour les signataires, parmi lesquels on retrouve des historiens tels que Mohammed Harbi, Benjamin Stora, Malika Rahal ou encore Pascal Blanchard, « il s'agit seulement de contribuer à sortir de l'oubli l'une des pages sombres de l'histoire de France, celles dont l'effacement participe aujourd'hui aux dérives xénophobes qui gangrènent la société française ».
Le collectif revient notamment sur l'histoire de l'un des résistants dont le crâne se trouve jusqu'à aujourd'hui dans un musée parisien : le cheikh Bouziane, chef de la révolte de Zaâtcha en 1849, « écrasée par une terrible répression, emblématique de la violence coloniale ».
Le collectif reprend notamment un témoignage de 1853 qui décrit les horreurs commises par les soldats français qui « se précipitaient avec fureur sur les malheureuses créatures qui n'avaient pu fuir ».
Des scènes abominables : « Ici un soldat amputait, en plaisantant, le sein d'une pauvre femme qui demandait comme une grâce d'être achevée, et expirait quelques instants après dans les souffrances ; là, un autre soldat prenait par les jambes un petit enfant et lui brisait la cervelle contre une muraille ; ailleurs, c'étaient d'autres scènes qu'un être dégradé peut seul comprendre et qu'une bouche honnête ne peut raconter. Des procédés aussi barbares n'étaient pas nécessaires et il est très fâcheux que nos officiers ne soient pas plus maîtres en expédition de leurs troupes d'élite, qu'un chasseur ne l'est d'une meute de chiens courants quand elle arrive avant lui sur sa proie », écrivait en 1853 Louis de Baudicour, dans son livre La Guerre et le gouvernement de l'Algérie.
Cheikh Bouzid, son fils et un compagnon, capturés ensemble, furent fusillés puis décapités avant que « leurs têtes, au bout de piques, furent emmenées jusqu'à Biskra et exposées sur la place du marché, afin d'augmenter l'effroi de la population ». Le collectif indique que les crânes furent ensuite conservés puis transférés en France où ils ont été exposés à la Société d'anthropologie de Paris avant d'être transférées au Musée de l'Homme, où les crânes se trouvent encore aujourd'hui.


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