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Port de Beyrouth : Paris «regrette» la suspension de l'enquête et estime que les Libanais ont le «droit de savoir»
Publié dans Barlamane le 29 - 09 - 2021

La France a «regretté» mercredi la suspension de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth, soulignant que les Libanais ont le «droit de savoir» et que la justice libanaise doit «travailler en toute transparence, à l'abri de toute interférence politique».
«Il revient aux autorités libanaises de permettre à l'enquête de se poursuivre avec les moyens financiers et humains nécessaires, afin de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé le 4 août 2020, conformément aux attentes légitimes de la population libanaise», a déclaré la porte-parole de la diplomatie française.
Le juge Tareq Bitar, chargé de l'enquête sur l'explosion gigantesque au port de Beyrouth, a dû suspendre ses investigations lundi après une plainte d'un ex-ministre, des ONG et des proches des victimes déplorant une nouvelle preuve d'obstruction politique. La déflagration le 4 août 2020 a été imputée, de l'aveu même des autorités, au stockage sans mesures de précaution depuis fin 2013 d'énormes quantités de nitrate d'ammonium au port. Elle a fait plus de 200 morts, plus de 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise. Tareq Bitar a été notifié d'une plainte déposée contre lui par l'ex-ministre de l'Intérieur Nohad al-Machnouk, soupçonné de «négligence et manquements» dans l'enquête sur l'explosion.
Une culture de l'impunité
Nohad al-Machnouk réclame le dessaisissement du juge en évoquant un vice de forme sur la base d'un article constitutionnel stipulant la poursuite des ministres et responsables par la seule Haute Cour de Justice. «Comme l'a indiqué le président de la République au Premier ministre (Najib) Mikati le 24 septembre dernier, la France continuera de soutenir le travail de la justice de manière indépendante, sereine et impartiale au sujet de l'enquête», a rappelé Anne-Claire Legendre.
Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités ont rejeté toute enquête internationale. L'enquête locale continue, elle, de piétiner, la classe dirigeante étant accusée de tout faire pour la torpiller et éviter des inculpations dans un pays où sévit «la culture d'impunité» selon des ONG. De hauts responsables politiques, sécuritaires et judiciaires étaient conscients des dangers de la substance hautement volatile au port mais n'ont pris aucune mesure préventive. Et ce drame a enfoncé dans l'abîme le pays, où la classe politique inchangée depuis des décennies est accusée aussi de corruption, d'incompétence et d'inertie.


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