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Non-reconduction du contrat GME : les contradictions éhontées des dignitaires algériens
Publié dans Barlamane le 12 - 11 - 2021

Les livraisons de gaz algérien à l'Espagne se feront désormais exclusivement via le gazoduc sous-marin Medgaz, après la décision d'Alger d'abandonner le pipeline utilisé actuellement et qui transite par le Maroc. Une décision qui a choqué l'Union européenne, laquelle a laissé déjà percer son mécontentement, et démontré, au grand jour, la schizophrénie d'un régime aux abois qui d'emmitoufler de grands mots une démarche tendancieuse.
La dissolution du contrat GME n'était pas une résolution issue d'un fait collectif, un acte souverain, mais un acte solitaire noyé dans une mêlée, d'avis, d'insinuations, d'alarmes, de vaines déclamations, de mensonges, d'absurdités de toute espèce, présenté sous les couleurs les plus fausses et les plus improbables. Plusieurs indices démontrent que le président algérien Abdelmadjid Tebboune aurait pris cette mesure sans le concours des forces politiques du pays.
Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur d'Espagne en Alger, fin août, deux jours seulement après la rupture diplomatique avec le Maroc annoncée par Alger, le ministre algérien de l'énergie et des mines, Mohamed Arkab, s'est engagé «à couvrir l'ensemble des approvisionnements de l'Espagne en gaz naturel à travers le Medgaz», selon l'agence de presse officielle APS. Pourtant, un haut responsable algérien avait déclaré dans la foulée que «Le ministre algérien des affaires étrangères [Ramtane Lamamra] a dit qu'il s'agissait d'un problème commercial. Il n'a pas voulu, à son niveau, politiser la vente du gaz naturel algérien que ce soit aux Espagnols, aux Marocains ou autres». Il est donc démontré, malgré tous les bruits de transaction dont on parle, la question non-seulement n'avançait pas, mais n'était pas même abordée avec la volonté sérieuse d'en finir.
Le président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec les pays du Maghreb (DMAG), Andrea Cozzolino, qui s'est dit «préoccupé par le non-renouvellement, entre Sonatrach et l'Office marocain de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) de l'accord d'approvisionnement en gaz» qui a expiré le 31 octobre, a démontré l'ampleur du discrédit politique du régime algérien. L'Algérie, premier fournisseur de gaz naturel de l'Espagne, n'avait pas fait mystère de son intention de ne pas prolonger le contrat d'utilisation du gazoduc Gaz Maghreb Europe (GME). Et pour embêter davantage le Maroc, elle a exigé de Madrid qu'elle ne vende jamais son gaz au Maroc.
Alerté, l'ambassadeur d'Algérie à Bruxelles et chef de mission auprès de l'Union européenne (UE), Mohammed Haneche, est intervenu pour éteindre le feu. Il a livré une nouvelle version sur la suspension du GME, laquelle contredit carrément celle de son régime : Haneche a expliqué «que le renouvellement de l'accord sur l'exploitation du gazoduc nécessitait l'ouverture de nouvelles négociations depuis une année. Or, si l'Algérie et l'Espagne ont émis le vœu de négocier cette possibilité, le Maroc n'a donné aucune indication claire de sa volonté de renouveler cet accord jusqu'à la mi-août 2021, amenant ainsi l'Algérie à envisager une solution alternative pour maintenir ses engagements contractuels avec l'Espagne». Absolument faux, puisque le Maroc avait clarifié sa position en affirmant sa volonté de prolonger le contrat GME. «C'est notre volonté, telle que nous l'avons exprimée verbalement et par écrit, publiquement et dans les discussions privées, toujours avec la même clarté et la même constance», a indiqué, le 19 août, Amina Benkhadra, directrice générale de l'Office marocain des hydrocarbures et des mines.
Cette sortie étonnante de l'ambassadeur algérien prend un caractère éhonté lorsque l'on sait que c'est le président algérien Abdelmadjid Tebboune qui a «ordonné» au groupe public Sonatrach de ne pas reconduire le contrat du gazoduc passant par le Maroc et alimentant l'Espagne en gaz, «au vu des pratiques à caractère hostile du royaume» voisin, selon ses mots. Les livraisons de gaz algérien à l'Espagne se feront désormais exclusivement via le gazoduc sous-marin Medgaz lancé en 2011. «Le président Abdelamadjid Tebboune a ordonné la cessation des relations commerciales entre Sonatrach et l'Office marocain de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et le non renouvellement de l'accord qui expire dimanche à minuit», selon un communiqué de la présidence diffusé par la télévision publique. Tebboune a pris cette décision, a-t-on dit, après consultation du Premier ministre et des ministres des Affaires étrangères et de l'Energie, «au vu des pratiques à caractère hostile du royaume (marocain) qui portent atteinte à l'unité nationale», selon le communiqué.
Orgie de mensonges et de contradictions
Il fallait donc tout s'attendre d'un pays où il n'y a ni ordre ni liberté, ni prospérité matérielle ni grandeur morale, et qui, balloté d'un extrême à l'autre, a été réduit au degré d'abaissement et d'impuissance le plus cruel. «L'accord portant construction et exploitation du gazoduc Maghreb-Europe a été signé pour une durée normale de 25 ans expirant le 31 octobre 2021», a précisé l'ambassadeur algérien, indiquant qu'au cours de cette période, «plus de 270 milliards de mètres cube de gaz ont été livrés à l'Espagne et au Portugal, tandis que le Maroc a acheté peu de quantité de gaz, se contentant surtout de prélever ses droits de passage, à savoir 7% des quantités transitant par le territoire». Ce qui démontre que Rabat s'en passe aisément du gaz algérien, contrairement aux allégations des relais du pouvoir de Tebboune.
«Il est donc injuste et inapproprié de rejeter de manière péremptoire la responsabilité au non-renouvellement de l'accord sur le gazoduc sur l'Algérie», a dit Haneche. Problème : Alger a menti en soulignant à plusieurs reprises qu'elle n'a pas complètement fermé la porte aux négociations et que le doute sur l'avenir du contrat GME persistera jusqu'au 31 octobre. Interrogé lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce de la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc, le 24 août, le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a répondu qu'«il y a des considérations qui sont soumises aux traités internationaux» et que la décision «relève de la responsabilité de la société nationale Sonatrach et de ses partenaires».
Une autre déclaration qui prend des libertés avec les faits, puisque la décision de condamner le GME est intervenue après plusieurs annonces belliqueuses politiques du régime algérien contre le Maroc. Alger a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Rabat avant de fermer, un mois plus tard, son espace aérien à tous les avions marocains. L'Algérie, dépitée après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution à rebours de ses ambitions sur le prolongement du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), a achevé de déterminer le régime à mettre fin au GME.


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