Comment expliquer qu'un site, réputé proche des services qataris, abrite des libelles outrageant les institutions marocaines et les symboles sacrés du royaume ? Prenons le dernier billet publié par Ali Lmrabet (qui, sans cesse, sent rôder autour de lui des mouchards) sur le site Middle East Eye lié au Qatar : féroces formules se mêlant à une rhétorique ampoulée, qui dénotent l'amateur de littérature à coups de pathos. Si tout n'est que mots sonores, déclamations, pures surenchères inoffensives, c'est l'acharnement de Middle East Eye contre le Maroc et sa volonté à abriter des chroniques très douteuses qui s'avèrent problématiques. Ali Lmrabet évoque le scandale de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad 8) qui s'est déroulé les 27 et 28 août, à Tunis. Avec, toutefois, quelques escamotages bien sentis. Le Ticad 8 a été empoisonné par un événement sans précédent : la présidence tunisienne qui invite «unilatéralement» Brahim Ghali à ce sommet «contre l'avis du Japon et en violation du processus de préparation». Plusieurs pays africains déplorent l'absence du Maroc à cette assemblée, voire s'en retirent, le Japon condamne la présence du Polisario, Rabat précise que les agissements du président Saied «n'affectent en rien les liens forts et intacts entre les peuples marocain et tunisien, qui sont liés par une histoire commune et un destin partagé». Imposer silence à tous ces détails, et encore ! Il est vrai, que Middle East Eye semble incliner à croire que la diffamation des institutions et les attaques méthodiques dirigées contre les corps constitués sont désormais autorisées. Le site mal préparé à entendre de justes paroles sur la situation marocaine, semble-t-il, préfère ne donner crédit qu'à l'insupportable bruit de ferraille de quelques voix discordantes, au milieu de tous les fantômes de l'erreur et du mensonge. Ali Lmrabet, professant un superbe dédain pour les faits, rebondit sur l'éphémère déclaration de l'Espagnol Josep Borrell sur le Sahara, qu'il a rectifiée «non sans quelques contorsions linguistiques indéchiffrables», pérore l'ancien journaliste qui se dit «patriote», lequel présente le génocidaire Brahim Ghali comme «président de la République arabe démocratique sahraouie (RASD) (sic !) ?» Soit. «La presse alaouite», «punition», «le Maroc parie souvent sur la traditionnelle position de la vierge effarouchée», «la Tunisie, autrefois gouvernée par l'ami et obligé Moncef Marzouki» : tout l'attirail, toute la grossièreté, toutes les griseries d'un fiel amer antimarocain autorisées par Middle East Eye. Les motifs de cette haine pourraient former un chapitre instructif de psychologie. On se remémore les temps lointains où, Lmrabet, petit jeune homme d'aspect farouche et ridicule, exprimait sa fidélité au Maroc sur une chaîne française. «Dépit», « désarroi», «le Maroc prenait conscience qu'il risquait de se retrouver isolé internationalement» : fantasmagories infondées d'une mauvaise tête. «Madrid soupçonne le Maroc de laisser traîner certaines décisions pour obtenir plus de concessions» : Ali Lmrabet prétend connaître bien des mystères. Une question, toutefois, devait être posée au révélateur. Comment lui, pauvre quidam sans importance politique ou médiatique, avait-il eu connaissance de pareilles dispositions ? Le tribun cabaleur n'analyse rien, il ne fait que tenter d'exciter es têtes brouillonnes. «Le refus de visa à des élites marocaines, dont des anciens ministres, prouve que l'Elysée n'a pas encore pardonné au royaume chérifien d'avoir espionné son président et la moitié de son gouvernement via le logiciel espion israélien Pegasus», a-t-il déblatère. Comment expliquer, donc, les restrictions de visa qui visent l'Algérie et la Tunisie donc ? Un énième papier bourré de fabulations, abrité par un bidule dont la ligne éditoriale doit être clarifiée. Ali Lmrabet se démène, ouvre des tiroirs, bat le briquet, allume son feu ; bientôt une odeur de brûlé se répand dans la maison. À la fin, on n'obtient que des cendres.