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Annulation de l'immolation rituelle de l'Aïd al-Adha : la responsabilité d'Aziz Akhannouch dans la crise qui affecte le marché national de l'élevage est entière
Le roi Mohammed VI a exhorté les Marocains à ne pas immoler d'ovins pour l'Aïd al-Adha cette année, en raison de la hausse vertigineuse des prix. Cette annonce exceptionnelle souligne l'incapacité du gouvernement présidé par Aziz Akhannouch à endiguer la spéculation et à préserver le pouvoir d'achat de la population. L'appel du souverain retentit, aussi, comme un avertissement. Il ne s'agit pas d'un simple ajustement conjoncturel mais d'un signal d'alarme sur l'emprise des spéculateurs et sur l'échec du gouvernement à encadrer le marché malgré les subventions accordées aux grands éleveurs, chiffrés à des milliards de dirhams. Le roi Mohammed VI a exhorté, mercredi 26 février, ses concitoyens à surseoir cette année à l'immolation rituelle de l'Aïd al-Adha, en raison de la flambée vertigineuse des prix du bétail. Cette injonction royale, d'une portée considérable, révèle l'ampleur des irrégularités qui affectent le marché national de l'élevage et met en exergue l'incapacité manifeste du gouvernement d'Aziz Akhannouch à juguler la spéculation et à préserver le pouvoir d'achat. Le marché des ovins connaît une inflation inédite qui rend l'acquisition d'un mouton inaccessible à une grande partie des ménages marocains. Là où un spécimen s'échangeait pour 1 500 dirhams, il faut désormais débourser jusqu'à 7 000 dirhams pour un animal de taille équivalente. Ce renchérissement spectaculaire ne saurait être attribué aux seules contraintes conjoncturelles – sécheresse, hausse des coûts des aliments pour bétail, recul de la production – mais découle en grande partie d'une dérégulation du marché, livrant celui-ci aux appétits voraces des spéculateurs et des réseaux d'intermédiaires. Les circuits de distribution, largement dominés par des intérêts privés peu soucieux du bien commun, se sont affranchis de toute contrainte régulatrice, laissant place à une surenchère effrénée. En l'absence de garde-fous, le consommateur se trouve dans l'incapacité de faire valoir son droit à un accès équitable aux denrées de première nécessité, au premier rang desquelles figure l'animal du sacrifice. Un dispositif gouvernemental inefficace et un marché livré aux intérêts privés Les mesures adoptées par l'exécutif lors de l'Aïd al-Adha précédent avaient déjà mis en évidence les limites des interventions publiques en matière de régulation économique. En autorisant l'importation massive d'ovins, notamment depuis la Roumanie, et en exonérant ces transactions de toute fiscalité douanière, l'Etat escomptait un infléchissement des prix. Or, bien loin de produire l'effet voulu, cette mesure a vu les bêtes, acquises à l'étranger pour environ 1 250 dirhams pièce, être revendues sur le marché marocain à des tarifs dépassant les 10 000 dirhams, générant des marges spéculatives considérables au bénéfice exclusif des importateurs. Loin de se résorber, la crise s'est amplifiée, contraignant nombre de foyers à se rabattre sur l'achat de brebis dont l'abattage massif a porté atteinte au cheptel national, compromettant la pérennité de l'élevage ovin. La défaillance de l'appareil de contrôle et l'absence de sanctions à l'encontre des pratiques prédatrices ont ainsi permis l'accaparement du marché par quelques puissants opérateurs, au détriment de l'intérêt général. Un avertissement royal qui touche un malaise économique profond En appelant à la suspension de l'immolation sacrificielle, le souverain, selon les observateurs, adresse un message d'une rare gravité. Cette décision ne relève pas d'une simple mesure de circonstance mais constitue un signal d'alarme face à un dérèglement économique systémique. Le marché de l'élevage ne constitue qu'un révélateur d'un phénomène plus large : la dérive inflationniste s'étend à l'ensemble des biens et services essentiels, du logement à l'alimentation, du transport à la santé, accentuant les disparités sociales et nourrissant un profond sentiment d'injustice au sein de la population. L'exécutif, qui avait fait de la lutte contre la vie chère une priorité affichée, se trouve désormais confronté à son incapacité à endiguer la mainmise des grands intérêts privés sur l'économie nationale. L'augmentation des prix des denrées de base, la libéralisation incontrôlée de certains secteurs stratégiques et l'absence de dispositifs d'encadrement efficaces ont conduit à une érosion progressive du pouvoir d'achat, exposant les couches les plus vulnérables à une précarité croissante. Aveu d'impuissance du gouvernement En intervenant personnellement sur un enjeu aussi emblématique, le roi Mohammed VI s'érige en ultime rempart face aux excès du marché et à la démission des pouvoirs publics. Cette décision est un acte de dénonciation implicite du laxisme ambiant et de l'absence de régulation efficace. L'inertie gouvernementale face à cette crise conforte l'idée d'une rupture grandissante entre l'exécutif et les réalités sociales du pays. Les ministres se contentent de promesses de régulation sans effet tangible, les autorités ont laissé s'installer un climat de défiance généralisée, dans lequel les citoyens se sentent livrés à eux-mêmes face à des mécanismes de marché débridés. L'appel du souverain scelle l'aveu d'impuissance du gouvernement et met en évidence l'urgence d'une refonte des mécanismes de contrôle et de protection des consommateurs. C'est l'ensemble du modèle économique et social qui se trouve désormais soumis à une remise en question pressante.