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André Azoulay, pris pour cible par des slogans antisémites lors de manifestations propalestiniennes, reçoit un fervent fervent de la société civile
Publié dans Barlamane le 08 - 04 - 2025

L'image était brutale : au milieu d'une foule rassemblée dans les rues de Rabat, dimanche 6 avril, pour dénoncer la guerre à Gaza, des manifestants ont scandé des slogans antisémites, hostiles à André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI, en l'assimilant à la mouvance sioniste du seul fait de sa confession juive. L'un des chants entonnés clamait : «Ô honte, ô honte... un sioniste est conseiller !»
L'épisode a aussitôt provoqué un vif émoi dans la société civile et les cercles intellectuels. En réaction, une campagne numérique de solidarité a vu le jour, marquée par la diffusion du mot-dièse #أندري_أزولاي_يمثلني («André Azoulay me représente»), relayé par des milliers d'internautes sur la plate-forme X (anciennement Twitter). Une mobilisation spontanée, nourrie par le refus catégorique de toute forme d'antisémitisme et la défense d'un homme dont l'engagement en faveur de la paix et du dialogue interculturel est reconnu au-delà des frontières.
Une figure respectée du dialogue méditerranéen
Né en 1941 à Essaouira, ville emblématique de la cohabitation judéo-musulmane, M. Azoulay a servi comme conseiller auprès du roi Hassan II dès les années 1990 avant d'être maintenu dans ses fonctions par le roi Mohammed VI. Erudit, proche des milieux culturels et diplomatiques, il s'est illustré sur la scène internationale par sa participation constante à des rencontres consacrées à la paix au Proche-Orient et à la coopération entre rives de la Méditerranée. Il a représenté le souverain, en 2023, au Forum de Paris sur la paix (FPP).
Les attaques dont il a fait l'objet ont été interprétées par de nombreux observateurs comme une tentative de déstabilisation du vivre-ensemble marocain, fondé sur la reconnaissance de la diversité de ses affluents civilisationnels. Le préambule de la Constitution de 2011 érige le judaïsme marocain en patrimoine constitutif de l'identité nationale aux côtés des traditions arabo-islamiques, amazighes, africaines et andalouses.
Une dérive condamnée par les milieux associatifs
Dans une déclaration commune, plusieurs associations ont exprimé leur «inquiétude face à la banalisation du discours de haine», appelant à «préserver la nature noble du soutien à la cause palestinienne, sans y mêler des propos discriminatoires envers les citoyens de confession juive.» D'aucuns ont rappelé les déclarations publiques passées de M. Azoulay en faveur du droit légitime du peuple palestinien à disposer d'un Etat indépendant.
Au sein même des milieux militants, certaines voix dénoncent une dérive préoccupante, susceptible de détourner l'élan de solidarité envers Gaza vers une rhétorique de division. Un certain nombre de publications ont mis en garde contre des influences extérieures exploitant le contexte émotionnel pour distiller des agendas occultes. L'allusion à l'activisme du Hezbollah et aux velléités d'infiltration idéologique par l'Iran a été clairement formulée.
À travers cette mise en cause d'André Azoulay, c'est tout un pan de l'histoire marocaine qui se trouve ciblé par les ferments de l'intolérance. Les juifs du Maroc, installés dans le royaume depuis plus de deux mille ans, y ont toujours occupé une place vivante, prégnante et respectée.


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