L'Université polytechnique de Carthagène (UPCT) prend la direction d'un vaste programme de coopération scientifique réunissant dix-sept institutions issues de neuf pays riverains de la Méditerranée — parmi lesquels le Maroc — afin d'endiguer les pertes et le gaspillage alimentaires dans la filière des fruits et légumes. Le projet, baptisé Fusion, entend réduire d'au moins 40 % les denrées perdues ou jetées, en se fondant sur des dispositifs technologiques durables et une mobilisation concertée des savoirs. Un réseau euro-méditerranéen pour préserver les ressources alimentaires Issu d'un appel à projets du programme européen PRIMA (Partenariat pour la recherche et l'innovation en Méditerranée), Fusion fédère des partenaires originaires d'Espagne, du Maroc, d'Italie, de Grèce, de Turquie, d'Egypte, du Liban, de Jordanie et de Tunisie. Son intitulé complet — Solution globale et durable pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires et promouvoir la sécurité alimentaire dans la région méditerranéenne — reflète l'ampleur et la complexité d'une démarche fondée sur l'intelligence collective et la complémentarité des compétences. L'Université polytechnique de Carthagène, en qualité de chef de file du consortium, est représentée par Encarna Aguayo, professeur au Département d'ingénierie agronomique, qui assure la coordination scientifique du projet. L'ensemble bénéficie d'un financement de 4,5 millions d'euros, réparti sur trois années. Des technologies au service de la sobriété alimentaire Le projet repose sur le développement et l'intégration de solutions techniques novatrices, destinées à réduire les pertes tout au long de la chaîne agroalimentaire. Il s'agit notamment de chambres frigorifiques mobiles fonctionnant à l'énergie solaire et dotées de systèmes d'absorption de l'éthylène ; d'enrobages comestibles à base de matières naturelles, prolongeant la fraîcheur des produits ; d'un procédé de décontamination par plasma froid ; et d'outils numériques fondés sur l'intelligence artificielle, capables de prévoir la durée de conservation des denrées et d'orienter les décisions logistiques. Ces instruments seront intégrés dans une plateforme numérique assurant la traçabilité complète des produits, depuis leur récolte jusqu'à leur consommation. Le projet prévoit également la production de supports pédagogiques, de guides méthodologiques et de formations, à l'attention des acteurs du secteur, dans une perspective de réforme structurelle des pratiques. Un modèle transférable et enraciné dans les réalités locales Les dispositifs expérimentés dans le cadre de ce projet seront testés en conditions réelles, dans divers contextes géographiques et sociaux, afin de garantir leur transférabilité à d'autres territoires méditerranéens. L'objectif est de susciter une transformation durable des systèmes agroalimentaires régionaux, en apportant des réponses concrètes aux défis liés à la souveraineté alimentaire et à la gestion raisonnée des ressources. «Ce projet incarne l'engagement résolu de notre université en faveur d'une recherche utile, appliquée, ancrée dans le territoire et ouverte sur les grands équilibres méditerranéens», déclare Mme Aguayo. Le consortium réunit des établissements d'enseignement supérieur, des centres de recherche, des entreprises technologiques et des associations de consommateurs. Les partenaires de ce projet se retrouveront du 2 au 4 juin à Carthagène pour une première réunion technique. Ce moment fondateur permettra d'articuler les orientations scientifiques, d'organiser les premières expérimentations sur le terrain et de définir les contenus de formation à dispenser aux différents acteurs du secteur.