Dans une série de décrets publiés, les autorités marocaines actent une vague de requalifications urbaines d'ampleur, centrée sur la modernisation des voiries dans les régions de Fès-Meknès et du Grand Casablanca. À travers ces annonces techniques en apparence, c'est une vision stratégique du territoire qui se dessine, marquée par un double impératif : désenclavement des périphéries et fluidification des axes économiques majeurs. À Fès, l'arrondissement de Zouagha fait l'objet d'une opération d'envergure. Un décret d'utilité publique autorise l'expropriation de parcelles destinées à l'aménagement d'un nouveau tronçon routier structurant, pensé pour relier des zones à urbanisation rapide aux grands axes existants. Le projet inclut non seulement l'élargissement de la chaussée, mais également la mise en place de trottoirs, d'éclairage public et d'équipements collectifs. Il s'agit ici de résorber la fracture entre la ville consolidée et les extensions informelles en pleine mutation. Mais c'est dans la région du Grand Casablanca, au sein de la commune urbaine de Dar Bouazza (province de Nouaceur), que les annonces prennent une dimension encore plus significative. Deux textes publiés conjointement définissent un réaménagement complet de la route DBR139, artère essentielle reliant la façade atlantique aux zones d'habitat périphériques. La voie sera déclassée en tant que route nationale pour être transformée en boulevard urbain structurant, doublé d'une promenade plantée et de pistes cyclables, dans une logique d'intégration paysagère et de mobilité douce. Un second décret prévoit la création d'une nouvelle liaison, baptisée DBT34, destinée à désaturer le trafic en provenance des zones résidentielles nouvelles. Cette route secondaire, conçue en coordination avec l'agence urbaine de Casablanca et les services du ministère de l'équipement, répond à la pression croissante exercée par l'urbanisation rapide de cette commune littorale, l'une des plus dynamiques du royaume. Au-delà des aspects techniques, ces projets traduisent une approche transversale de la politique d'infrastructure. Ils mobilisent des acteurs multiples : les collectivités locales, les ministères sectoriels mais aussi des partenaires comme l'OCP, impliqué dans d'autres projets similaires dans le centre du pays. L'objectif, clairement affiché par les autorités, est de repenser les mobilités urbaines dans une logique d'équité territoriale, de sécurité routière et de transition écologique.