Dans son évaluation mondiale des menaces pour l'année en cours, formulée dans 45 pages et présentée au sous-comité des forces armées chargé du renseignement et des opérations spéciales de la Chambre des représentants, l'Agence du renseignement de la défense (DIA) impute à l'Algérie une part directe de responsabilité dans le dossier du Sahara en dépit des protestations officielles d'Alger. «L'Algérie et le Maroc demeurent enfermés dans une confrontation instable autour du Sahara occidental», précise le rapport, qui relève que les deux pays ont accru leurs budgets militaires dans un climat de méfiance prolongée. La DIA note que cette posture antagoniste se cristallise autour du soutien algérien aux séparatistes sahraouis confrontés à l'érosion de leurs soutiens en Afrique et dans le monde. Alger, tout en contestant toute implication directe, est accusée par plusieurs rapports de fournir un soutien stratégique, logistique et diplomatique à la structure armée hostile à l'intégrité territoriale marocaine. La note fait également état d'une insécurité croissante aux frontières méridionales de l'Algérie, en lien avec la dégradation du contexte malien où les forces armées nationales, soutenues par la Russie, affrontent des factions sécessionnistes toujours plus violentes. Cette configuration alimente un climat régional volatil, accentué par l'enracinement de Moscou en Libye orientale, utilisée comme base d'opérations et de transit militaire vers l'Afrique subsaharienne. Selon la DIA, l'Afrique du Nord conserve par ailleurs sa fonction de corridor migratoire vers l'Europe, avec un afflux constant de migrants traversant la Libye et la Tunisie pour accéder à des routes maritimes périlleuses en Méditerranée. «La stabilité nord-africaine demeure menacée par des rivalités étatiques persistantes et l'ingérence croissante d'acteurs extérieurs», conclut le document rédigé à partir d'informations arrêtées au 11 mai 2025 et signé par le général de corps aérien Jeffrey Kruse, directeur de l'Agence du renseignement de la défense.