Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié ce samedi sa note d'information relative aux résultats de l'enquête de conjoncture menée auprès des ménages marocains au deuxième trimestre de l'année en cours. L'indice de confiance des ménages (ICM), baromètre synthétique de leur perception des conditions économiques et sociales, s'est établi à 54,6 points, confirmant un climat empreint d'incertitude. Une perception largement négative du niveau de vie La proportion des ménages déclarant une dégradation de leur niveau de vie au cours des douze derniers mois atteint 76 %, contre 17,2 % qui évoquent une stabilité, et seulement 6,8 % une amélioration. Pour les mois à venir, les anticipations demeurent sombres : 44,9 % des personnes interrogées redoutent une détérioration supplémentaire, 45,4 % tablent sur une stagnation, et à peine 9,7 % espèrent une amélioration. Une inquiétude marquée face au chômage et à l'inflation L'avenir de l'emploi nourrit une inquiétude croissante : 71,8 % des ménages prévoient une augmentation du chômage au cours de l'année à venir, tandis que seuls 14,3 % estiment qu'il pourrait reculer. L'appréciation du pouvoir d'achat reste également défavorable : 72,7 % des ménages considèrent que la période actuelle est inadaptée à l'acquisition de biens durables, contre 9,9 % seulement qui jugent l'inverse. Les revenus ne suffisent plus à couvrir les charges pour une part importante des foyers. Si 57,6 % déclarent parvenir à équilibrer dépenses et ressources, 40,6 % admettent devoir s'endetter ou puiser dans leur épargne, et 1,8 % affirment être en mesure d'épargner une fraction de leurs revenus. Une épargne en berne et une flambée des prix ressentie L'évolution des situations financières personnelles illustre un malaise persistant : 50,1 % des ménages considèrent que leur situation s'est détériorée au cours de l'année écoulée, contre 4,2 % seulement qui évoquent une amélioration. Quant à l'année à venir, 15,1 % s'attendent à une amélioration, 61,3 % à une stabilité, et 23,6 % à une dégradation. La capacité d'épargne reste marginale : seuls 8,7 % des ménages anticipent une possibilité d'épargne au cours des douze prochains mois, tandis que 91,3 % excluent cette éventualité. L'appréciation des prix alimentaires confirme un ressenti inflationniste massif : 94,2 % des ménages affirment que les prix ont augmenté au cours de l'année écoulée, contre 1,7 % qui perçoivent une baisse. Pour les douze prochains mois, 78,9 % s'attendent à une nouvelle hausse, 18,8 % à une stabilité et 2,3 % à une baisse.