Khalid Alami Houir élu nouveau secrétaire général de la CDT    Un réseau de sociétés fictives épinglé pour fraude douanière massive    En présence de l'ambassadrice de Chine... Lancement de la 4e édition de la "Coupe de l'Ambassadeur" de Wushu à Témara    Abderrahmane Sennaghi reçoit un doctorat honorifique pour ses efforts de coopération sino-africaine    Le Real Betis donne des nouvelles sur l'état physique de Sofyan Amrabat    Youcef Belaïli affirme qu'Achraf Hakimi mérite le Ballon d'Or    Dakhla : Inauguration du siège de l'Académie Africaine des Sciences de la Santé    « La voie des réalisations » incarne une dynamique partisane inédite au Maroc    Aziz Akhannouch : « Construire le Maroc fort et équitable que nous méritons »    Saâd Benmbarek : « Valoriser les acquis et faire mieux dans le futur »    Aradei Capital : Un chiffre d'affaires en hausse de 6% à fin septembre    Bourse de Casablanca : Plus de 5 MMDH d'échanges en novembre    Desde Marruecos, Moncef El Marzouki critica la política argelina sobre el Sahara    Moroccan embassy launches mobile consulate in Shanghai to assist nationals    The Polisario Front seeks $100 million in humanitarian aid    Le Prince Moulay Rachid préside un dîner offert par SM le Roi à l'occasion de l'ouverture officielle de la 22e édition du FIFM    Marrakech Film Festival : Prince Moulay Rachid hosts opening dinner at Bab Ighli    Rencontre à Rabat à l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien    Le temps qu'il fera ce dimanche 30 novembre 2025    Des mesures draconiennes prévues pour stopper la peste porcine en Espagne    Fès-Meknès: Plus de 5.000 entreprises créées en 2025    Le FIFM rend hommage à Jodie Foster    Foot/amical : Match nul (1-1) entre la sélection marocaine féminine et son homologue burkinabè    Programme des principaux matchs du samedi 29 novembre    Akhannouch détaille une nouvelle dynamique industrielle et sociale pour Rabat-Salé-Kénitra    L'initiative d'ouvrir un consulat mauritanien à Laâyoune place Nouakchott devant un nouveau test diplomatique    La Russie pourrait bloquer complètement WhatsApp    La Chine enregistre en octobre un excédent commercial de plus de 640 milliards de yuans    Masse monétaire: un accroissement annuel de 7,4% en octobre 2025    Chutes de neige et fortes pluies locales parfois orageuses dans plusieurs provinces du Royaume    Taza : Un incendie fait des ravages au marché de la médina    Le temps qu'il fera ce samedi 29 novembre 2025    Le dirham se déprécie de 0,1%    Cherté du tourisme interne : La tutelle s'accroche au mythe de l'abordabilité [INTEGRAL]    Coupe arabe (Qatar-2025): L'équipe du Maroc cherche son deuxième titre    FIFM : IA, création et avenir du 7e art, le jury de la 22e édition prend la parole    FIFM : Avec "Sirât", Oliver Laxe puise dans le désert marocain pour un cinéma des extrêmes    Marrakech Film Festival launches with diverse lineup and iconic tributes    Jury du FIFM : « Découvrir les écritures émergentes, c'est préparer l'avenir du cinéma mondial »    Jodie Foster, une étoile américaine sous le ciel de Marrakech    Diplomatie : Une feuille de route pour assurer le soutien de la Somalie à la marocanité du Sahara    Amérique du Sud : L'Algérie et le Polisario se répartissent les missions    Le rappeur Pause Flow reste en détention à Sefrou faute de paiement de la caution    SAR la Princesse Lalla Meryem préside à Rabat la cérémonie d'inauguration du « Bazar solidaire » de bienfaisance du Cercle diplomatique    France : l'Assemblée nationale unanime contre l'accord UE-Mercosur    Trump annonce une politique d'immigration stricte après la mort d'un soldat américain    Médias : Rabat désignée capitale arabe de l'information pour 2026    Fusillade à Washington: le FBI enquête sur un éventuel acte terroriste    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Flotte marchande : chronique d'un quasi-naufrage
Publié dans Challenge le 04 - 10 - 2021

En 20 ans, la flotte marchande marocaine a diminué des deux tiers. En conséquence, le coût des transports maritimes s'est aggravé depuis le début de la pandémie, une situation qui a montré combien le secteur du transport maritime, qui assure 95% du commerce extérieur marocain, est névralgique pour l'économie nationale. Comment en est-on arrivé-là ?
Au cours de la décennie 1980/1990, le drapeau marocain sillonne toutes les mers du globe. C'est un pavillon qui a un poids dans le commerce international. L'industrie maritime du Maroc connaît une prospérité inégalée et l'année 1986 est mémorable : la flotte franchit pour la première fois le seuil historique des quatre cent mille tonneaux de jauge brute (405 749 tx) ; il y a alors 63 navires générant 25 600 emplois.
Cette grande performance est due aux mesures d'accompagnement et d'encadrement du pavillon national. Parmi les mesures d'appui au secteur, il faut souligner le Code des investissements (1973 et 1985), qui stimule l'acquisition de nouveaux navires ainsi que la participation de l'Etat en tant qu'armateur dans plusieurs compagnies : Comanav, Limadet, Petramar et Marphocéan.
Cependant, en 1995, on décide d'abroger l'ensemble des codes y compris celui des investissements maritimes de 1985. En l'absence de soutien, la flotte commence alors à perdre peu à peu de son élan et de sa dynamique. Mais, c'est au moment où le marché de transport maritime marocain est libéralisé (2006), que commence l'effondrement. Pour rappel, cette libéralisation (appelée aussi «Open Sea») permet à tous les pavillons étrangers d'opérer librement en provenance et/ou à destination des ports marocains sans aucune restriction. « Justement, en interrogeant le passé récent, je trouve que l'origine du problème se situe en 2006, date de la libéralisation des transports maritimes.
Lire aussi | Younes Laamarti : « Personne ne sait quand les prix du fret maritime vont revenir à la normale »
Cette année-là, la flotte est encore forte de 40 navires [frigorifiques (1), cargo (1), ferries (13), porte-conteneurs (13), rouliers (5), chimiquiers (4), tankers (3)]. Les armateurs marocains sont alors brutalement livrés à eux-mêmes dans un marché globalisé, avec en perspective le spectre général des faillites en cascades. Ils ne disposent plus d'un cadre fiscal, réglementaire, commercial et opérationnel qui puisse leur permettre de survivre à leurs charges d'exploitation, notamment aux frais carburant, car le pétrole a atteint 151 dollars le baril en juin 2008», indique Najib Cherfaoui.
Résultat : la flotte actuelle ne compte que 15 navires opérationnels (voir encadré). En plus des effets de la libéralisation, il faut citer la crise financière mondiale de 2008. En l'absence de fonds de roulement, les compagnies nationales jettent l'éponge. «Armement emblématique et 3ème transporteur mondial d'acide phosphorique (1988), Marphocéan est démantelé en juillet 2009. Il en est de même successivement pour Limadet, Imtc, Comarit et Comanav-ferry (2011) », rappelle l'expert portuaire et maritime qui a tenu à faire la genèse de cette évaporation.
Tout d'abord, en 2003, la Limadet est incorporée à la Comanav. Ensuite, cette dernière est vendue au groupe CMA CGM (2007), qui cède à son tour (février 2009) l'activité ferry à la Comarit. En 2007, le groupe Imtc achète quatre superbes porte-conteneurs «Ice Class», les meilleurs de leur génération. «Afin de réaliser ces investissements, Imtc et Comarit assèchent leurs fonds propres et font appel à l'endettement. Toutefois, en 2008, c'est la flambée des prix du carburant. Comarit et Imtc résistent. Cependant, en 2011, la trésorerie ayant atteint le seuil de rupture, Comarit et Imtc se déclarent en cessation de paiement. Dans l'inconscience et l'indifférence, ces deux armements sont abandonnés à leur sort: la flotte est cruellement atteinte dans ses forces vives, avec abandon de navires légendaires, notamment le fameux «Marrakech»», ajoute-t-il.
Lire aussi | Des personnalités européennes défendent le caractère stratégique des relations avec le Maroc
Au final, en 2021, on ne compte que 15 unités totalisant 132 637 tonneaux ; [ferries (6), porte-conteneurs (6), tankers (3)]. Il y a donc un lourd recul des ferries & des porte-conteneurs, avec disparition complète des vraquiers, chimiquiers & rouliers», regrette Najib Cherfaoui, Expert portuaire et maritime qui pointe du doigt la libéralisation dont, selon lui, la mise en œuvre précipitée a conduit à l'effondrement constaté aujourd'hui.
Quoiqu'il en soit, le transport maritime demeure toujours au cœur de l'économie nationale car il est la plaque tournante du commerce extérieur du pays. Selon lui, au Maroc, la voie maritime constitue le socle autour duquel s'effectuent les échanges avec l'étranger. Ainsi, douze ports canalisent les exportations [agrumes/primeurs, phosphates, acide phosphorique) et les importations (céréales, hydrocarbures, charbon). L'ensemble de ce trafic mobilise une facture «transport maritime» qui s'élève à 41 milliards de DH, se soldant par un déficit en devises de 15,5 milliards de DH (1,5 milliard de dollars pour 2019). «Il a fallu attendre l'été 2021 pour mesurer l'ampleur des dégâts. À la stupéfaction générale, on découvre l'inexistence de navires marocains aptes à accompagner par voie de mer le retour de nos ressortissants résidant à l'étranger.
Cet évènement suscite une vive émotion et déclenche une prise de conscience vive et puissante : le questionnement porte sur la sécurité et la continuité des approvisionnements maritimes du pays en cas de force majeure. Plus précisément, il s'agit de définir, en consistance et en diversité, la flotte de navires dite « stratégique» mobilisable par temps de crise», recommande-t-il.
Lire aussi | L'accord d'association Maroc-UE entre dans la dixième année du démantèlement tarifaire prévu
Pourtant, ce n'est pas par faute d'avoir essayé. En 2012, le ministère de l'Equipement et des Transports a tenté de venir au secours du secteur maritime en commanditant une étude sur la stratégie du secteur du transport maritime marocain et le développement du pavillon national au Maroc, auprès du cabinet espagnol Accion Labor Group. Objectif : doter le secteur d'un contrat-programme. Sept mois plus tard, le rapport a été présenté aux professionnels du secteur. Mais, il est ensuite resté dans les tiroirs. C'est donc le moment de doter enfin le système maritime marocain d'une instance permanente de Veille et de Régulation chargée de l'identification, la qualification et la préservation des fondamentaux de notre marine marchande.
Quinze navires opérationnels
Aujourd'hui, la flotte marocaine ne compte que 15 navires opérationnels. Ce sont les trois caboteurs citernes ANFA (2004), TINGIS (2010), BALEA (2015) ; les six navires à passagers LE RIF/MOROCCO SUN (2002), BISSAT/DETROIT JET (2010), BORAQ (2010), TANGER EXPRESS (2011), MOROCCO STAR (2016), MED STAR (2017); et les six caboteurs porte-conteneurs OUED ZIZ (1998) ; CIELO DI RABAT (2012), PHILIPPE A/CASABLANCA A (2017), CMA CGM TANGER (2018), CMA CGM AGADIR (2019), X-PRESS SOUSSE (2019).


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.