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Smaex-Coface : conflits d'intérêt ?
Publié dans Challenge le 08 - 12 - 2007

La création par la Coface d'une filiale de renseignement commercial complète et signe l'acte de naissance d'un troisième opérateur de l'assurance-crédit sur la place, en même temps qu'elle menace le partenariat existant avec l'opérateur historique qu'est la Smaex.
Toute concurrence est la bienvenue, à condition qu'elle soit constructive et non pas anarchique», nous affirme d'emblée Youssef Douieb, directeur général adjoint d'Euler Hermès Acmar, leader de l'assurance-crédit domestique. «Bien au contraire, le marché de l'assurance-crédit au Maroc n'est pas encore mature, et l'arrivée d'un nouveau player va aider le client à établir un meilleur comparatif de la prime d'assurance demandée, car vous savez qu'il n'y a pas moins de 11 variables qui entrent en compte dans le calcul de la prime d'assurance- crédit», poursuit-il.
Mais si le DGA du leader de l'assurance-crédit réagit de la sorte, c'est parce qu'Euler Hermès Acmar n'est pas directement touché par la création de la filiale de la Coface spécialisée dans le renseignement commercial. C'est plutôt la Smaex qui risque de payer le prix fort suite à la naissance de la «société d'information et de gestion des créances au Maroc de la Coface». Car tenez vous bien, la Coface est actionnaire à hauteur de 35% dans Recours, une société dans laquelle elle est partenaire avec la Smaex, et qui a exactement le même cœur d'activité que sa nouvelle filiale.
En clair, cela signifie que pour l'instant, Coface dispose de participations chez la concurrence directe qui lui permettent de siéger au conseil d'administration. Il y aura donc tôt ou tard conflit d'intérêt. Une situation que la Smaex ne supportera sans doute pas très longtemps… Même si la PDG, Nezha Lahrichi, s'en défend : «Il y a de la place pour tout le monde. Et pour nous, rien n'a changé. Peut-être que la Coface souhaite faire autre chose que du renseignement commercial via sa filiale ou bien s'attaquer à un segment très précis. En tout état de cause, cela est loin d'être dramatique pour Recours, et encore moins pour la Smaex. D'autant plus qu'à l'heure où je vous parle, la Coface continue d'interroger Recours sur sa base de données. Les relations ne sont pas rompues». Mais en toute logique, selon les observateurs du secteur, il est très peu probable que cette situation dure dans le temps. «Deux scénarios sont envisageables: soit la Coface va se retirer de Recours et donc vendre sa participation, soit Recours va être complètement et exclusivement réorientée vers le recouvrement», pense Youssef Douieb.
Un divorce annoncé
Déjà, au début de l'année 2007, la Coface avait lancé en partenariat avec Axa Maroc un produit destiné à l'assurance- crédit domestique et à l'assurance-crédit export. En réalité, la Coface, grâce à ce partenariat de «fronting» avec l'assureur français, est devenue le troisième opérateur de l'assurance-crédit avec presque zéro investissement. Concrètement, voilà comment les choses se passent: Axa vend un produit co-brandé, mais ne court aucun risque. Elle intervient presque en tant que courtier. Autrement dit, Axa encaisse la prime, qu'elle cède totalement à la Coface. De même que lorsqu'il y a sinistre, Axa le règle en attendant que la Coface le lui reverse. Ainsi, la Coface profite de l'agrément de l'assureur, en contrepartie de quoi elle lui verse une commission. Aujourd'hui, en plus de ce partenariat de «fronting», qui permet à la Coface de vendre des produits d'assurance-crédit au même titre que ses concurrents, à savoir la Smaex et Euler Hermès Acmar, elle crée sa propre filiale de renseignement commercial. Autrement dit, la Coface devient un troisième opérateur à part entière.
Mais il faut dire que ce qui a poussé la Coface à aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs, loin de son partenaire naturel la Smaex, c'est le désaveu de cette dernière. En effet, en 2004, la Smaex ouvre son capital à l'assureur-crédit espagnol Cesce, ce qui évidemment n'a pas fait le bonheur de la Coface, bien entendu… Depuis, la Coface a tenté d'obtenir la majorité au sein de Recours, mais sans succès. Résultat des courses, la Coface a donc lié un partenariat avec Axa d'une part, et d'autre part a créé sa propre filiale de renseignement commercial. Sauf que jusqu'à présent, grâce à la présence de la Coface dans le tour de table de Recours, la Smaex pouvait s'appuyer aussi sur le réseau de la Coface pour ce qui est du renseignement commercial à l'international. Aujourd'hui, elle perd un partenaire de premier rang, car c'est entre autre grâce à l'une de ses filiales à l'international qu'elle pouvait réunir les informations juridiques et financières concernant les clients étrangers des entreprises marocaines. Même si par ailleurs, elle a recours à d'autres partenaires pour collecter ses données. Encore une fois, la Smaex paie le prix fort de son alliance avec l'assureur-crédit espagnol Cesce. Car déjà en juin 2005, l'entrée dans le capital de Cesce a eu pour conséquence le divorce entre Acmar et la Smaex. La Smaex s'est vu éjectée du conseil d'administration d'Euler Hermès Acmar, même si elle y détient toujours une participation de 5%. Aujourd'hui, le retrait du Français Coface de Recours serait alors comme un effet boomerang bis du partenariat entre Cesce et la Smaex. Le jeu en valait-il la chandelle, alors que la France est notre premier partenaire économique, et que la Coface est autrement plus puissante que Cesce ? A moins que cela ne présage un retournement de tendance… et que l'Espagne ne devienne le partenaire numéro 1 du Maroc. Retrait de la Coface ou non du tour de table de Recours, l'actualité du marché de l'assurance-crédit nous démontre qu'il est en pleine structuration et qu'il attise les convoitises. Pour ce qui est du destin de la société de renseignement commercial de Recours, le conseil d'administration de la Smaex, qui se tiendra le 17 décembre prochain, fera probablement toute la lumière sur la question.
La Smaex dans l'assurance-crédit domestique
Si jusqu'en 2005, la Smaex était seule sur le créneau de l'export, aujourd'hui elle est talonnée non seulement par Euler Hermès Acmar, mais aussi depuis début 2007 par la Coface. C'est cette concurrence qui a sans nul doute poussé la Smaex à vouloir investir le créneau de l'assurance-crédit domestique.
Aujourd'hui leader de l'assurance-crédit à l'export, la Smaex est sur le point de se lancer dans l'assurance-crédit domestique. Suite à la demande d'agrément déposée en juillet dernier, elle vient d'obtenir l'accord du ministère de tutelle. Cependant, la Smaex doit trancher entre deux formules qui lui sont proposées: soit créer une filiale dédiée à l'assurance-crédit domestique, soit transformer les statuts de la Smaex, puisque l'assurance crédit à l'export lui a été confiée via la promulgation d'un dahir. La Smaex opterait pour la formule qui permettra l'exercice de l'assurance-crédit domestique le plus rapidement possible. Pour rappel, la Smaex est une société d'économie mixte qui a pour objet la gestion du système d'assurance à l'exportation. Elle est chargée d'assurer pour le compte de l'Etat et sous son contrôle les risques politiques, catastrophiques ou de non transfert et les risques commerciaux extraordinaires afférents à l'assurance-
crédit, ainsi que les risques liés à l'assurance-foire et à l'assurance prospection. Pour son propre compte et sous le contrôle de l'Etat, elle est chargée d'assurer les risques commerciaux ordinaires relatifs à l'assurance-crédit.


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