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Caricatures et liberté d'expression en France, 2 poids 2 mesures
Publié dans EcoActu le 17 - 11 - 2020

« Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d'autres reculent », avait déclaré le président de la république française lors de la cérémonie d'hommage à Samuel Paty, professeur assassiné par quelqu'un qui n'a pas apprécié le fait d'illustrer un cours sur la liberté d'expression par... une caricature du Prophète Mohammed, parue sur Charlie Hebdo.
Assassinat qualifié d' « attentat islamiste caractérisé » par le président...
On croirait entendre un leader palestinien proférer des menaces vengeresses, suite à un raid israélien dévastateur contre une « cible » palestinienne...
Du lyrisme ? Ou du cynisme ? Ainsi, le président encourage la liberté de caricaturer, même si on blasphème la référence de près de 2 milliards d'âmes dans le monde.
En réaction à ce « soutien », la polémique a repris de plus belle et des pays musulmans ont proposé le boycott des produits français...
Mais revenons un peu en arrière sur le traitement de la liberté d'expression en France.
Charlie Hebdo, qui s'appelait alors Hara-Kiri, avait été interdit de parution à la suite d'une « Une » titrée « Bal tragique à Colombey – Un mort », parue en novembre 1970, après la mort du général De Gaulle.
Raison invoquée : la sacralité de la personne du Général. Le Ministre de l'Intérieur de l'époque avait déclaré : « ... La liberté de la presse sera d'autant mieux garantie dans notre pays que les abus aussi grossiers que ceux qui ont été incriminés seront réprimés conformément à la loi... ».
Aussi, Charlie Hebdo sera-t-il poursuivi en justice en mai 1973, pour avoir publié une série de bandes dessinées intitulées « Les aventures de Mme Pompidou ».
Le caricaturiste Cabu et le journal seront condamnés à des peines d'amende. Charlie Hebdo sera à nouveau condamné à des peines d'amende en 1979, cette fois-ci, pour « injures envers l'Armée ».
En 1981, Charlie Hebdo, faisant de moins en moins recette, finit par disparaître. Ce n'est que 10 ans plus tard que le journal refait surface.
Non sans difficulté avant que l'attentat perpétré contre ses locaux le 7 janvier 2015 ne lui offre un second souffle...
En juillet 2008, son caricaturiste maison, Siné, a été licencié par Philippe Val, alors patron de Charlie Hebdo, pour une chronique consacrée à Jean Sarkozy : « digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! ».
Ainsi, c'est cette même France qui n'accepte pas des caricatures contre De Gaulle, Mme Pompidou et l'Armée et qui permet de licencier un caricaturiste de renom pour son impertinence à l'encontre du fils d'un président de la république, qui défend, aujourd'hui, au nom de la liberté d'expression, Charlie Hebdo, et ses caricatures blasphématoires du Prophète Mohammed qui constitue La référence de près de 2 milliards d'âmes dans le monde...
On est en plein « deux poids deux mesures »... sentiment exprimé par nombre d'intellectuels français qui ne sont pas aux ordres ni des faussaires comme dirait Pascal Boniface, ni d'autres pays. Ainsi que par des hommes d'Etat comme le ministre finnois des affaires étrangères qui aurait déclaré : « Quand on se moque d'un noir, c'est du racisme...quand on se moque d'un juif, c'est de l'antisémitisme... quand on se moque des femmes, c'est du sexisme... Et quand on se moque d'un musulman, c'est... La liberté d'expression... ».
Peut-on tuer pour une caricature parce qu'on n'est pas d'accord ? La réponse est évidemment NON !
Sur les réseaux sociaux a circulé une image signée Lea, 6 ans, qui écrit : « Quand on n'aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli ».
Juste, mais les musulmans ont quelque pudeur à représenter eux-mêmes le prophète, dusse la figuration l'auréoler...
Même si on a vu fleurir pendant longtemps des miniatures le représentant, comme l'attestent des enluminures reproduites sur Wikipedia.
Du reste, le prophète, de son vivant, a été caricaturé verbalement comme l'ont été les prophètes et messagers qui l'ont précédé. Il a été traité de menteur, de sorcier, le Coran en parle…
Et Dieu l'aurait rassuré : « Ne prête pas attention à ce qu'ils disent, Dieu te suffit comme défenseur ».
Le Coran n'interdit pas formellement la représentation du Prophète, ni la représentation humaine en général. Il ne mentionne l'image qu'une seule fois : « Le vin, les jeux de hasard, les idoles sont des abominations inventées par Satan. Abstenez-vous en » (Sourate V, verset 90).
Le mot « idoles », littéralement « pierres dressées » (« Ansàb »), désigne les statues des païens.
Par ailleurs, la Sunna, l'ensemble des paroles et actions de Mohammed, un très large corpus distinct du Coran trié et mis par écrit entre le VIIIe et le IXe siècle, n'interdit pas non plus de représenter le Prophète.
Ainsi, dans le recueil de hadiths de Mohammed Al-Bukhari (810-870), trois attitudes sont possibles envers les images : les tolérer, mais s'abstenir de les produire, les condamner ou les détruire.
Il n'y est pas question de tuer leur auteur... Le fait est que, malheureusement, s'appuyant sur le verset du Coran rejetant les idoles et sur un hadîth accusant les faiseurs d'images de vouloir rivaliser avec Dieu, seul créateur et insuffleur de vie, certains théologiens musulmans ont condamné formellement la représentation des êtres animés.
Les daech, al qaida et autres djihadistes de tous bords : salafistes, chabab somaliens, buco haram...qui terrorisent le monde s'appuient, pour justifier leurs odieux assassinats, sur ces dires...
Et ce message passe malheureusement auprès des incultes. Le prof et son assassin en sont les victimes.
C'est pour dire que la balle est aussi dans le camp musulman.
N'est-t-il pas temps que les imams et autres exégètes du Coran et des Hadiths œuvrent dans le bon sens en élargissant la culture de leurs ouailles aux enjeux géostratégiques... au lieu de continuer à s'en tenir, pour l'essentiel, à professer sur tous les aspects de la vie au quotidien des fidèles, condamnant tel comportement, autorisant un tel autre, expliquant la manière de s'accoupler avec sa femme pour avoir un garçon, la taille et la forme de la pierre de tayammoum, qu'on utilise en guise d'ablution dans certains cas précis, en passant par l'interdiction de répondre quand on est dans les WC !?
Par Mostafa Melsa,
Citoyen marocain


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