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La Diaspora, une "13ème Région" en faveur du développement socio-économique du Maroc
Publié dans EcoActu le 07 - 06 - 2021

La Diaspora marocaine, qui compte aujourd'hui près de 5 millions de ressortissants à l'étranger, contribue de manière significative au développement économique du Maroc. Leurs transferts de fonds jouent un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté, surtout en milieu rural. L'analyse de Mahmoud Arbouch de Policy Center For The New South (PCNS).
Les transferts des Marocains du monde qui, généralement, occupaient le deuxième poste de recettes dans la balance des paiements du Maroc, après les recettes voyages, et comptaient pour 6% à 7% du PIB, ont enregistré une surprenante hausse de 5% en 2020 pour s'établir à 68 milliards de Dirhams.
Cette évolution à contre-courant de toutes les prévisions qui tablaient sur une baisse comprise entre 20% et 30%, montre ainsi qu'il y a une forte contra-cyclicité dans un contexte économique mondial particulièrement délicat.
Une contribution multiforme au développement du pays d'origine
Outre le transfert de fonds, les Marocains du monde investissent dans leur pays d'origine et s'y rendent en tant que touristes, en particulier pour ceux résidant en Europe. En effet, en 2019, ils représentaient environ 45 % du total des arrivées de touristes. Cette année-là, les recettes touristiques totales s'étaient élevées à 8 milliards de Dollars. Il est donc probable que les migrants marocains aient contribué à hauteur de 3 à 4 milliards de Dollars additionnels à la balance des paiements, ce qui équivaut à entre 2 et 3 % du PIB.
En plus de leur contribution aux recettes en devises du pays, qui peuvent dépasser un total de 10 % du PIB, les migrants et leurs descendants conservent généralement des liens étroits avec le Maroc, et apportent leur aide de manière moins directe : ils aident à tisser des liens commerciaux et d'investissement entre le Maroc et leurs pays d'accueil. De ce fait, ils peuvent être d'importants facilitateurs du commerce avec le Maroc, tant en ce qui concerne les importations que les exportations.
Enfin, et non des moindres, en quittant le Maroc pour aller travailler à l'étranger ; que ce soit par choix ou par manque d'opportunités, les migrants marocains atténuent les problèmes chroniques de chômage et de sous-emploi du pays. Quand ils retournent dans leur pays d'origine, après avoir acquis de l'expérience à l'étranger, ils contribuent de manière significative à l'appréciation de la qualité du capital humain marocain et à l'augmentation de la capacité entrepreneuriale du Maroc.
Sur le volet de l'investissement, il existe en effet quatre principaux canaux via lesquels la Diaspora stimule l'investissement au Maroc : les émigrés de retour qui investissent l'épargne qu'ils ont accumulée dans leur pays d'accueil ; les familles qui investissent une partie des transferts reçus ; les Marocains du monde qui investissent directement au Maroc ; et ceux qui y facilitent les investissements de tiers.
Malheureusement, l'ampleur de ces différents canaux ne peut être connue avec précision sur la base des données disponibles. La balance des paiements enregistre tous les transferts de la Diaspora marocaine en tant que transferts courants, et ne distingue pas les flux d'investissement. Les banques commerciales ne fournissent pas non plus d'informations sur l'utilisation desdits transferts et dépôts.
Sur la base des données disponibles, les migrants de retour contribuent de manière significative aux investissements et à l'activité entrepreneuriale au Maroc, même si leur contribution est difficile à quantifier. Ils importent, également, les compétences et les valeurs qu'ils ont acquises à l'étranger, contribuant ainsi à la modernisation du pays.
Les données sur la migration de retour au Maroc, et sur les activités entreprises par les rapatriés, sont rares et peu fiables, comme dans d'autres pays. Sur la base du recensement de 2004, d'enquêtes et de diverses sources de données historiques, Hamdouch et Wahba (2012) ont estimé qu'en moyenne, environ 1 % du stock de migrants marocains revient chaque année, ce qui représente environ 5 000 personnes par an. Le nombre de rapatriés était beaucoup plus important lorsque la migration vers l'Europe était circulaire. Les politiques migratoires européennes sont devenues beaucoup plus restrictives dans les années 1970 et ont contraint les migrants à faire un choix binaire, à savoir rester dans leur pays d'accueil ou quitter définitivement, la quasi-totalité d'entre eux choisissant d'y rester.
Forte concentration sectorielle de l'investissement des Marocains du monde
Définissant les entrepreneurs comme ceux qui investissent dans des activités autres que l'immobilier, Hamdouch et Wahba (2012) ont constaté que près de 47% des migrants de retour étaient des entrepreneurs, contre 32% de la population marocaine. Il est communément observé qu'une partie importante des transferts de fonds reçus par les Marocains est consacrée à l'investissement dans l'immobilier, ce qui est un phénomène généralement présent dans l'ensemble des pays en développement. Par exemple, une étude menée par des experts de la Banque mondiale (Plaza, Navarrete et Ratha, 2011), basée sur des enquêtes, a conclu que l'investissement dans l'immobilier représentait environ la moitié des transferts de fonds reçus au Nigeria et au Kenya.
Des enquêtes suggèrent également que les Marocains du monde investissent principalement dans l'immobilier et moins fréquemment dans des entreprises familiales ou des petites/moyennes entreprises. Plus de 85% de ces investissements ont été canalisés vers le secteur immobilier en 2005 (dernière enquête réalisée, les Marocains Résidant à l'Etranger, INSEA, 2005). Mais, le canal le plus important et le plus difficile à quantifier est peut-être celui de l'investissement direct étranger par des tiers. Les Marocains du monde sont des contacts importants pour leurs compatriotes marocains qui cherchent à vendre leurs entreprises ou à se développer en faisant appel à des investissements étrangers. De même, les étrangers qui cherchent à investir au Maroc s'appuient souvent sur les connaissances des contacts des migrants marocains. Ce phénomène a été observé dans d'autres pays. Par exemple, Choi (2011) a montré comment les IDE en Corée du Sud ont d'abord été stimulés par la diaspora coréenne au Japon.
Les effets de réseau, associés à une importante diaspora, peuvent également faciliter l'émigration de travailleurs hautement qualifiés. Cet effet de « fuite des cerveaux » se manifeste, par exemple, par le départ d'une bonne partie des nouveaux diplômés des écoles d'ingénieurs marocaines, formés aux Technologies de l'Information. Tous domaines confondus, environ 600 ingénieurs quittent le Maroc chaque année, selon une déclaration du ministre de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Said Amzazi, en 2019. Cela représente à la fois un coût de formation et une perte de la contribution spéciale que les personnes hautement qualifiées peuvent apporter à un pays en développement. Les transferts de fonds de ces migrants qualifiés pourraient être considérés comme une sorte de compensation partielle de la perte en capital humain générée par la fuite des cerveaux. Les effets potentiellement négatifs résultant de cette « fuite des cerveaux'' ne doivent pas occulter les avantages que le Maroc tire de l'émigration. Mais, ils devraient encourager les décideurs à examiner comment les politiques peuvent-elles être modifiées pour maximiser les avantages de l'émigration, tout en minimisant ses coûts.
Une « 13ème Région » marocaine créatrice de richesse
Conscientes de l'importance de la Diaspora marocaine comme levier des efforts de développement du pays, les autorités marocaines ont mis en place des mécanismes pour encourager et soutenir les initiatives d'investissement des Marocains résidant à l'étranger. L'objectif est d'identifier les secteurs clés dans lesquels les émigrés porteurs de projets et d'idées innovantes peuvent investir, notamment en dehors de l'immobilier. La deuxième et troisième génération des émigrés marocains sont probablement plus promptes à se lancer dans des projets innovants que leurs aînés, mais elles ont besoin d'aide pour identifier les projets et établir des partenariats. C'est dans cet objectif qu'a été créé le fonds d'investissement Marocains du monde, doté d'un milliard de Dirhams par l'Etat. Les secteurs éligibles à ce mécanisme comprennent l'industrie manufacturière et les services comme l'éducation, le tourisme et la santé. Il convient, également, de noter l'initiative « 13ème Région marocaine », qui permet aux Marocains du monde entrepreneurs d'accéder aux différents services offerts par la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM). Cette initiative vise à développer un espace de mise en réseau incluant la Diaspora et les différents acteurs économiques du Maroc.
Les émigrés marocains qualifiés sont particulièrement ciblés, étant considérés comme des agents de changement tant au Maroc que dans leurs pays d'accueil. Des initiatives, telles que le Forum Maroco-Espagnol sur l'immigration et l'intégration, et Maghrib Belgium Impulse, visent à mobiliser et à soutenir les porteurs de projets et à établir un écosystème entrepreneurial entre le Maroc et les pays d'accueil. (Avec PCNS)


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