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Ouverture de la basse tension : Les verrous à faire sauter
Publié dans Finances news le 08 - 11 - 2017

L'ouverture de la basse tension aux énergies renouvelables traîne à cause du lobby de l'ONEE et des régies de distribution. Un retard qui pèse sur l'efficacité énergétique fortement corrélée à cette ouverture.

L'ouverture de la basse tension (BT) aux énergies renouvelables est une condition sine qua non pour garantir une transition énergétique axée sur les énergies propres. Autoriser les particuliers, les administrations, les communes, les entreprises etc., à produire leur propre énergie et à l'injecter dans le réseau est un pas indispensable vers cette transition.
Un pas que le Maroc ne semble pourtant pas prêt à franchir. En effet, cela fait plus de 8 ans que le cadre juridique et réglementaire relatif à l'ouverture de la basse tension aux sources renouvelables a été mis en place. Paradoxalement, aucune avancée n'a été enregistrée depuis. Les opérateurs (ONEE et régies de distribution) traînent le pas pour retarder le plus possible une ouverture inévitable. Une attitude qui va à l'encontre de la politique de l'Etat qui veille à promouvoir le développement des énergies renouvelables qui, pour l'instant, repose uniquement sur les grands projets lancés dans le solaire et l'éolien.
Ce blocage n'est pas exempt d'impact sur la balance commerciale à cause de la facture énergétique qui ne cesse de grimper.
«Pour une valeur de 50,3 milliards de dirhams, les importations des produits énergétiques se sont fortement raffermies de 27,8%, contribuant à hauteur de 64,2% dans la hausse des importations totales», apprend-on dans la note de conjoncture de fin octobre.
Or la production de l'énergie propre par toutes les composantes de la société peut être considérée comme étant une mesure efficiente d'économie d'énergie, puisqu'elle révise à la baisse la demande nette en électricité dans le pays, explique Amine Bennouna, professeur à l'Université Cadi Ayyad, Marrakech.
Il existe donc une forte corrélation entre l'ouverture de la basse tension aux énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. «L'énergie consommée diminue dans le bilan national quand un consommateur baisse la demande d'énergie finale sur le marché (butane, électricité ou autres) en utilisant notamment l'eau de son chauffe-eau solaire ainsi que l'électricité stockée (batteries) ou non (pompe solaire) de sa propre installation solaire photovoltaïque autonome», explique l'expert. En d'autres termes, plus on produit de l'énergie propre, moins on importe et plus on réduit le déficit de la balance commerciale. Cette ouverture est donc un axe majeur pour donner un coup de pouce à l'efficacité énergétique, parent pauvre de la stratégie énergétique.

Guerre des intérêts

L'ouverture de la basse tension se joue aujourd'hui entre les intérêts financiers du producteur et des distributeurs et ceux de l'Etat. Plus qu'une volonté, il faut une décision politique courageuse pour opérer ce changement qui passe par la force de la loi. Le limogeage de Ali Fassi Fihri, Directeur général de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) par le roi Mohammed VI, peut être un message fort de changement dans la gestion de la chose publique. Un signal fort notamment pour encourager les investissements privés, répondre à la demande des industriels pour le développement des projets d'énergies renouvelables ainsi que la poursuite de l'ouverture progressive du réseau et du marché d'électricité.

Les freins réglementaires

Outre le lobby des distributeurs, d'autres problèmes d'ordre technique bloquent aujourd'hui l'ouverture de ce marché. Le décret d'application de la loi n° 2-15-772 du 28/10/2015 relatif à l'injection d'électricité sur le réseau moyenne tension, amendée en août 2015, n'a toujours pas vu le jour.
«Il faut être clair, en dehors des grands comptes qui reçoivent déjà de l'électricité renouvelable (surtout éolienne) via les réseaux haute et très haute tension, toutes les annonces récentes ne visent qu'à retarder tant que possible l'opportunité pour les PME ou les particuliers de produire eux-mêmes une partie de l'électricité qu'ils consomment. Il suffit qu'on le dise clairement et franchement et qu'on explique aux citoyens les points du blocage... La langue de bois n'est plus de mise», dénonce Amine Bennouna.

Par Lamia Boumahrou

Ouverture de la basse tension aux énergies renouvelables : le coup de gueule d'Amine Bennouna, professeur à l'Université Cadi Ayyad, Marrakech

«Les distributeurs d'électricité (public, communaux ou privés) ne voient dans l'injection d'électricité sur le réseau BT que la perte d'une partie de leur chiffre d'affaires et préfèrent agir par un lobbying de blocage au lieu d'aborder les solutions qui existent avec le gouvernement. Ils ont déjà gagné 6 ans entre la Loi 13/2009 sur les énergies renouvelables et son amendement 58/2015 autorisant l'injection d'électricité sur le réseau BT. Ils y ont ajouté 2 ans depuis lors. Soit au total 8 ans.
Et maintenant ? Le photovoltaïque est devenu si compétitif que les installations non-régulées (tout en étant légales maintenant) fleurissent, sans aucun contrôle de la qualité de l'électricité injectée. Pour leur part, les distributeurs se contentent d'installer des compteurs anti-retour chez les suspects qu'ils soupçonnent, alors qu'on peut montrer que ce changement de compteur n'est même pas rentable. Jusqu'à quand doit-on faire l'autruche et fuir l'inéluctable ? Quant aux conséquences de ceci sur la mise en œuvre de la stratégie des énergies renouvelables, elles sont arithmétiques: le retard ! Le récent séisme politique ne vient-il pas de montrer que les retards peuvent coûter cher aux responsables ?»




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