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Printemps arabe : Nul bilan ne peut être établi
Publié dans Finances news le 30 - 05 - 2013

Le monde arabe se trouve à la croisée des chemins en cette période de crise. Le contexte actuel appelle à un nouveau modèle de développement où la croissance est ciblée qualitativement. La réussite de la réforme constitutionnelle, c'est son effectivité.
Nous avons tous applaudi le jour de l'éclatement des premières révolutions des peuples arabes. Nous avons aspiré à des jours meilleurs pour les peuples écrasés par des dictatures qui ont trop régné. Ces révolutions se sont propagées comme une onde de choc et se sont traduites par des chutes de dictateurs. L'heure est aujourd'hui au bilan. La rencontre organisée récemment par l'Institut Marocain de Relations Internationales (IMRI) sous la thématique : «Printemps arabe : espoirs et réalités» s'inscrit dans ce sillage. Etaient présentes à cette rencontre, d'éminentes personnalités du monde politique et économique avides de débattre sur un sujet d'actualité brûlante. Le premier point commun entre les intervenants, c'est que le «Printemps arabe» n'a de vrai que le mot arabe. Parler du printemps c'est un leurre eu égard à la situation dans laquelle se débattent des pays tels que la Tunisie, l'Egypte, la Libye et le Yémen. «Le mouvement de démocratisation n'a pas touché tous les pays arabes et certains ont pu maintenir leur régime autoritaire. Même pour les pays arabes qui ont entamé leur démocratisation, la menace d'un retour en arrière persiste, du fait de l'activisme des extrémistes salafistes», annonce J. Kerdoudi, président de l'IMRI.
Trois ans après le déclenchement du «Printemps arabe», les problèmes sociaux se posent avec acuité et lesdits pays se trouvent dans une véritable impasse politique. Autre point de convergence, c'est qu'il est encore prématuré de parler de bilan parce que la démocratie ne peut se construire du jour au lendemain. Encore du chemin à parcourir, mais à quel prix ?
Comme l'a d'ailleurs souligné Nabil Adghoghi, représentant du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération : «Cette thématique représente un défi intellectuel afin de pouvoir dégager les enjeux géopolitiques qui s'imposent». D'après lui, il faut éviter les comparaisons hâtives entre le monde arabe et l'Europe centrale et orientale à l'époque où elle avait connu un éclatement. Le constat qui se dégage malheureusement aujourd'hui, est une déception amère entre les espoirs et les réalités. Une réalité devant toutefois être nuancée et relativisée.
Un monde arabe «pluriel»
L'autre élément de fond à prendre en considération, c'est le monde arabe qui n'est pas homogène, mais pluriel. La situation diverge d'un pays à un autre, mais elle n'est pas clémente pour l'ensemble. Au-delà des influences réciproques et des effets de contagion, au-delà de la diversité, les sociétés arabes ont autant besoin d'ouverture politique que d'une libéralisation économique (les deux doivent aller de pair). Une chose est sûre aujourd'hui : les évolutions sont très chahotiques et les péripéties sont brutales. Ce qui laisse prédire que toutes les transitions vont prendre beaucoup de temps. Comme le dit si bien l'écrivain Antonio Gramsci: «La crise, c'est quant le vieux se meurt et le jeune hésite à naître».
Même constat chez Rupert Joy, ambassadeur de l'Union européenne au Maroc qui rappelle à ce titre que la démocratie ne peut se construire en un jour. Il cite l'exemple de l'Egypte et de la Tunisie qui vivent actuellement une insécurité politique qui risque de perdurer. Le Maroc certes jouit d'une stabilité politique, mais encore faut-il qu'il mette en œuvre la nouvelle Constitution avec ses différentes lois organiques. Les attentes de la population en matière d'atténuation des inégalités sociales sont également trop criardes.
L'ancien Premier ministre d'Algérie, Sid Ahmed Ghozali, n'y va pas de main morte. Il considère la dénomination «Printemps arabe» comme étant prématurée. Selon lui, on ne peut parler de bilan, mais d'analyse du phénomène pour pouvoir établir des scénarios d'avenir. Dans son analyse, il fait référence à quatre acteurs dans ce que l'on appelle communément le Printemps «arabe» : la population, les gouvernements locaux, l'opinion mondiale et les gouvernements occidentaux. D'après lui, ces derniers ont contribué de manière directe ou indirecte à ce «Printemps» arabe.
Il est clair que les institutions dans nos pays ne conviennent pas aux aspirations des populations, d'où la nécessité de les moderniser. La démocratie est un long processus qui ne se décrète pas. «Il est illusoire d'y parvenir par le biais d'une approche toute simple : construire un marché, bâtir une société et donné des ordres. S'il y a un fait qui tient à cœur à Sid Ahmed Ghozali, c'est bien l'Union du Maghréb Arabe. «Tant que nous négocions séparément avec 27 pays européens, nous n'avons pas d'avenir» annonce-t-il. Et il ajoute: «Les potentialités de la région du Maghreb permettent de nourrir 300 millions d'habitants».
Comment sécuriser la transition ?
Pour le professeur universitaire, Larbi Jaidi, le «Printemps arabe» est une étape historique qui est loin d'être terminée et dont l'issue n'est pas encore claire. Et donc nul bilan ne pourrait être établi. Il partage également l'idée que le monde arabe se veut désormais une région où les données économiques et sociales sont très différentes les unes des autres. Mais cela n'empêche pas de dire que ces pays connaissent des fragilités qui se rapprochent (chômage, inégalités sociales...). Ajoutons à cela, les inégalités régionales qui constituent une dimension complexe de la réalité de ces pays et la vulnérabilité du monde rural à cause de sa forte dépendance des facteurs exogènes.
Depuis le processus de soulèvement, plusieurs questions restent posées : «Comment répondre aux besoins pressants d'une population? Comment sécuriser la transition ? Comment pouvoir combiner la gestion de l'urgence sociale à des réformes à moyen et long termes ?» Des choix qui sont antagoniques dans le moment, mais qu'il faut absolument assurer.
On s'aperçoit donc que le processus révolutionnaire a un coût économique. Une confiance qui n'est plus présente, des acteurs qui se cherchent et une quête de la convergence. Et pour couronner le tout, l'Europe vit une crise sans précédent, non seulement sur le plan économique, mais également politique.
Pour le cas du Maroc, L. Jaidi, n'y va pas du dos de la cuillère. Il rappelle à cet égard, le premier choc 2007-2008 où la crise financière n'a pas été bien prise au sérieux par les pouvoirs publics et où l'on parlait de résilience. Des «mesurettes» ponctuelles et conjoncturelles ont été mises en place en faveur de l'entreprise.
Tout cela a entraîné une croissance en berne, une réaction des politiques à travers la dépense publique pour calmer la rue. Le Maroc, à l'instar d'autres pays arabes, a épuisé sa marge budgétaire. Ce qui a conduit à une injection de liquidités, mais le mal est toujours là. «Nous sommes à la recherche d'une nouvelle génération de réformes parce que les réformes économiques actuelles ne suffisent pas. Celles sectorielles ne suffisent pas et encore moins celles de la micro-entreprise», conclut L. Jaidi.
La crise appelle à un nouveau modèle de développement où la croissance n'est pas ciblée quantitativement mais qualitativement.
Des questions se posent aujourd'hui avec acuité: comment sécuriser la transition post soulèvement ? Comment donner un contenu réel aux réformes constitutionnelles ? Et surtout, comment fonder cette alternative démocratique ?
S. Es-siari
L'IMRI promeut les centres de réflexion
L'Institut Marocain des Relations Internationales a pris cette année l'initiative de créer le réseau des Think Thanks Marocains (RTTM) afin de promouvoir les centres de réflexion dans notre pays. L'IMRI a innové cette année en tenant compte du thème du Forum en associant l'Afrique Subsaharienne à ses travaux en la présence de Falilou Diallo, ancien ministre conseiller à la présidence de la République du Sénégal, et en donnant la parole à des jeunes qui sont intervenus dans les différents panels.


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