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Pour l’adhésion de la Turquie a l’Union Européenne
Publié dans Finances news le 20 - 10 - 2005

La Turquie, pays musulman de 71 millions d’habitants, mais à régime politique laïque, dont une partie du territoire se trouve en Europe, a reçu une promesse d’adhésion à l’Union européenne dès 1963. Depuis cette date, elle a établi effectivement l’union douanière avec l’ensemble européen, mais son adhésion a continuellement été reportée pour diverses raisons. Parallèlement, l’UE s’élargissait à de nombreux pays, le dernier élargissement ayant eu lieu en mai 2004, et concernait huit pays de l’Est européen, plus Chypre et Malte, portant ainsi le total des membres à 25.
En décembre 2004, un compromis a été signé entre l’Union européenne et la Turquie, fixant le début des négociations d’adhésion au 3 octobre 2005. A la dernière minute, l’Autriche s’est opposée à l’application de ce compromis, en voulant substituer à l’adhésion pleine et entière, un partenariat privilégié. Devant le refus catégorique de la Turquie, et l’action dynamique du ministre britannique Jaques Straw, l’opposition de l’Autriche a été levée, mais en acceptant l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Croatie, défendue par l’Autriche.
Si maintenant l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est acquise, les conditions fixées pour l’adhésion effective sont draconiennes. En effet, l’adhésion n’est pas garantie, et les négociations doivent durer une dizaine d’années. Pendant cette période, la Turquie devra intégrer à sa législation «l’acquis communautaire» composé de pas moins de 35 chapitres, dont la circulation des capitaux, des biens et services, et des personnes, la sécurité alimentaire, l’éducation, la culture et la protection de l’environnement. L’Union européenne peut suspendre les négociations, si des violations graves des libertés, de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit sont commises en Turquie. Chaque chapitre doit faire l’objet d’un vote à l’unanimité des Etats membres, qui devront par la suite voter à l’unanimité l’adhésion définitive, dont certains Etats par référendum.
Au cours des négociations, devra être résolu le problème sensible de Chypre. En effet, par le Protocole du 29 Juillet 2005, la Turquie a accepté l’extension de l’union douanière à l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, dont Chypre; mais n’a pas reconnu de «jure» l’existence de la République de Chypre, reconnaissance exigée par Bruxelles. Enfin, l’UE a subordonné l’adhésion définitive de la Turquie à l’adoption du budget communautaire 2014 - 2020.
Certes, les obstacles à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne sont nombreux et difficiles à surmonter, mais l’important est la décision de l’UE d’ouvrir les négociations d’adhésion. Cette décision a en effet plusieurs significations. Elle accroît tout d’abord la crédibilité de l’Union européenne, en respectant la promesse d’adhésion faite dès 1963 à la Turquie. Elle récompense ce dernier pays dans son attitude pendant la guerre froide, et son appartenance dynamique à l’OTAN et au Conseil de l’Europe. Il faut saluer à cet égard la position courageuse et favorable à l’adhésion, des grands leaders européens : le Président Jacques Chirac, le Premier ministre Tony Blair et le Chancelier Gérard Schroeder.
Par cette décision, l’Europe envoie un message au monde musulman pour un dialogue constructif et fructueux, écartant toute idée de «choc des civilisations». Les négociations d’adhésion vont permettre à la Turquie de faire un saut qualitatif dans tous les domaines. Sur le plan politique, elle va accroître les libertés, la démocratie, les droits de l’homme, l’état de droit. Sur le plan économique, elle va pouvoir développer ses infrastructures, créer de nouveaux emplois, mettre à niveau ses régions pauvres, notamment dans le monde rural. Sur le plan social, elle va pouvoir moderniser son éducation, enrichir sa culture, accroître la protection sociale, et fournir un logement décent à toute la population. La Turquie pourra devenir un exemple pour les autres Etats musulmans, ce qui permettra de diminuer la tension internationale, et son vecteur dévastateur : le terrorisme intégriste.
L’Union européenne va également tirer partie de l’adhésion de la Turquie, en investissant un marché demandeur de 70 millions de consommateurs, en augmentant sa compétitivité par des investissements croisés et en profitant d’une économie turque en pleine croissance. Les Européens doivent atténuer leur peur d’une vague déferlante des travailleurs turcs en Europe. L’exemple de l’Espagne a montré qu’un pays qui se développe devient importateur de main-d’œuvre, et non plus exportateur.
Sur le plan géostratégique, et en pensant à l’état du monde en 2050, on peut imaginer trois pôles hégémoniques. Le pôle américain, qui sera dominé par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Le pôle asiatique qui sera dominé par la Chine, l’Inde et le Japon. Enfin le pôle européen, qui regroupera l’Europe et les pays méditerranéens. L’Europe a donc tout intérêt à construire son pôle dès maintenant, en tissant des liens très étroits avec les pays méditerranéens au Sud, afin d’assurer l’équilibre du monde en 2050.
Pour ce qui est du cas de notre pays, le Maroc, lié à la Turquie par un accord de libre-échange, nous avons tout intérêt au succès de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Nous pourrons y exporter davantage de produits, et surtout accueillir plus d’investissements de ce pays, qui a l’avantage de la proximité. Enfin, l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne nous ouvrira la porte de notre propre adhésion, car il n’y a pas de raisons que le Maroc n’adhère pas lui aussi à l’Union européenne.
(*) Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)


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