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Mode d'exploitation : Quand les éleveurs défient les contraintes de leur activité !
Publié dans Finances news le 03 - 10 - 2013

Il est un principe de l'élevage acquis par expérience que le bénéfice est directement lié à la constitution de stock fourrager alimentaire. Contrairement à d'autres formes d'élevage, l'activité laitière requiert plusieurs conditions pour réussir, notamment l'abondance de l'eau. En parallèle à la production laitière, les éleveurs pratiquent d'autres types d'activités pour rentabiliser leurs exploitations. Non équipés de réfrigérateurs, les petits exploitants perdent leur collecte de lait s'ils n'arrivent pas à la livrer à temps. Pour cette première enquête du mois, nouveau rendez-vous que vous proposent nos journalistes, nous vous invitons à plonger au cœur d'une activité qui a fait couler beaucoup d'encre dernièrement.
Les fermes laitières diffèrent largement entre les petites et les grandes exploitations. Les premières fonctionnent toujours selon des méthodes traditionnelles, alors que les secondes sont tournées vers les meilleures techniques de production. Mais elles convergent toutes vers un seul objectif, à savoir atteindre le meilleur rendement tout en maîtrisant les charges.
Dans un élevage bovin, hormis les tâches quotidiennes de l'étable, l'activité prioritaire consiste à assurer une alimentation régulière, constante et la plus équilibrée possible d'autant que les aléas climatiques perturbent les calendriers fourragers (sécheresse, canicule, etc.). Il s'agit en priorité d'avoir un stock aussi bien fourrager grossier (fourrage, ensilage, paille) que d'aliments concentrés permettant de réduire l'impact des fluctuations du marché.
Il est un principe de l'élevage acquis par expérience que le bénéfice est directement lié à la constitution de stock fourrager alimentaire. Plus l'apport se fait de l'extérieur, plus les marges sont réduites et peuvent entraîner la faillite de l'exploitation trop irrationnelle menant à des non sens économiques et, de ce fait, induisent des rationnements déséquilibrés qui deviennent très préjudiciables pour le cheptel.
La plupart des éleveurs laitiers mènent également une activité d'engraissement de bovins ou d'ovins. L'idée est d'arriver à une bonne répartition des charges durant toute l'année ou cycle d'exploitation. «Ces ateliers d'engraissement sont nécessaires pour réduire les pertes d'aliments car au lieu d'obtenir une production maximale de lait, on se retrouve parfois face à une abstinence des animaux qu'il faut bien gérer à défaut de les perdre. Ces aliments étant mis à la disposition des autres animaux dans une aire commune tout en assurant un équilibre des rations par ajout alimentaire», explique Abdellah Raguib, un éleveur de la région de Benslimane ,disposant de 5 vaches et d'une cinquantaine d'ovins. Le même souci est partagé par les grandes exploitations.
Agroplus est une entreprise agricole qui gère plus de 3.000 vaches laitières. Elle utilise les races Holstein et Montbéliard qui sont les plus adaptées à l'environnement marocain. Toutes les vaches sont dédiées à la production laitière.
«Le lait collecté est transformé dans des usines appartenant à la même société sous la marque Jibal. A l'instar de tous les autres exploitants, nous souffrons de la hausse des prix de l'alimentation, surtout des produits composés. C'est un problème international et qui ne touche pas uniquement le Maroc.
La hausse du prix du lait, dont une partie bénéficiera aux éleveurs, n'arrive toujours pas à combler la progression des charges. Même à 4 ou 5 DH le litre départ ferme, le prix du lait ne pourra pas couvrir les charges.
Les temps ont beaucoup changé; l'activité était lucrative quand le prix de l'aliment de bétail se situait à moins de 2,5 DH, alors qu'aujourd'hui il frôle les 3,5 DH. Le tourteau de soja était à 3 ou 3,5 DH le kilo, aujourd'hui il est à 6 DH. La botte de paille ne dépassait guère les 10 DH. Actuellement, elle arrive facilement à 30 DH», affirme Mostafa Hamdi, encadrant à Agroplus rencontré en marge du salon de l'élevage de Tadla-Azilal.
Contrairement à l'élevage ovin ou l'engraissement des petits taurillons, l'exploitation laitière est plus compliquée et plus capricieuse. Pour bien produire, les vaches ont besoin d'eau à volonté. En élevage laitier, un veau de moins de 3 mois peut boire jusqu'à 10 litres d'eau par jour, une génisse de 5 mois à 2 ans a besoin de 25 litres, alors qu'une vache laitière consomme en moyenne 45 litres d'eau, un niveau qui peut augmenter en période estivale ou de forte chaleur. Dans les régions semi-arides, l'activité laitière est très vulnérable, surtout pour les races importées.
«Je fais quotidiennement près d'un km pour ramener de l'eau à mes trois vaches. En période de sécheresse, la tâche devient plus pénible, leur besoin en eau augmente et l'abreuvement se fait le matin et le soir», raconte Hlima, une exploitante dans la région de Fkih Bensaleh.
«Il n'y a pas de repos dans notre activité. L'élevage, c'est une activité à temps plein. Ces vaches sont mes seules sources de revenus. Je suis une veuve et je n'ai personne pour subvenir à mes besoins. La première traite de lait se fait tôt le matin vers 5 heures ; la deuxième, le soir, vers 6 heures. Entre-temps, il faut nettoyer l'étable et donner de quoi manger aux bêtes. Il faut bien les entretenir sinon elles seront moins rentables. Je n'ai pas de réfrigérateur pour conserver le lait. Si je ne livre pas ma collecte à temps, elle est perdue et c'est une perte d'argent pour moi». Le cas de Hlima résume en gros la situation d'une bonne partie des petits éleveurs laitiers au Maroc.
Partageant le même avis, M'Barek Hajjaj, exploitant dans la région de Benslimane, ajoute que les petits exploitants sont pénalisés par rapport aux grandes structures mieux équipées. «Même avec un bon produit, les coopératives ou les collecteurs de lait trouvent des arguments pour refuser la collecte sous prétexte que sa teneur en matière grasse ou en acidité n'est pas conforme aux normes», conclut-il.


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