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Partenariat BVC/Bourse de Londres : CFC entre de bonnes mains
Publié dans Finances news le 26 - 06 - 2014

Xavier Rolet, Directeur Général de la Bourse de Londres (LSE), et Karim Hajji, Directeur Général de la Bourse de Casablanca, ont développé, lors d'une conférence de presse tenue récemment à Rabat, les enjeux et les perspectives du partenariat stratégique signé en grande pompe par les deux entités. Une conférence de presse durant laquelle les deux intéressés pris le temps d'esquisser à l'assistance les contours de ce qui pourra concrètement être réalisé pour hisser la place financière de Casablanca au rang de hub incontournable pour l'Afrique.
Le moins que l'on puisse dire est que le partenariat stratégique entre la Bourse de Casablanca et celle de Londres n'est pas un partenariat au rabais. Il est ambitieux et porte en lui les germes d'un développement sans précédent de la place casablancaise : mise en place d'une solution technologique de dernière génération qui va permettre de traiter toutes les classes d'actifs à des niveaux de rapidité aux meilleurs standards internationaux; déploiement des solutions technologiques de la Bourse de Londres, et en particulier sa filiale MIT; financement des PME avec un programme qui s'inspirera largement du programme AIM (Alternative investment market). Le deal sous-jacent est assez simple : permettre à Casablanca, dans le contexte actuel de développement africain, de se connecter en ligne directe au marché financier le plus profond et le plus international qui soi. En retour, la Bourse de Londres acquiert une opportunité pour augmenter sa pénétration des marchés africains. Voilà pour les grandes lignes.
Concrètement, K. Hajji a identifié deux projets importants qui pourront être lancés avant la fin de l'année : «Il y a d'un côté le volet PME, et Londres va nous aider très clairement à mettre en place un programme de formation des entrepreneurs, de préparation des PME à une introduction en Bourse». Conscient que cela prendra certainement du temps, il ajoute que l'important «c'est de créer le vivier pour que, au fur et à mesure des années, on puisse faire entrer un certain nombre de PME qui sont prêtes en Bourse. C'est un projet qu'on peut initier, même si le compartiment PME n'existe pas encore. Il faudra être prêt quand la loi sur la Bourse passera». Le second volet prioritaire concerne la liquidité qui est un défi majeur pour la Bourse de Casablanca. Sur ce point, K. Hajji compte s'appuyer sur l'expertise de la Bourse londonienne qui a l'expérience de gérer des compartiments avec des entreprises relativement moins liquides. A ce titre, il estime que les Anglais «peuvent nous donner quelques conseils et solutions pratiques pour améliorer la liquidité». «On sait comment s'y prendre» dira, confiant, X. Rolet. Il rappelle d'ailleurs que par le passé, la Bourse de Londres a déjà créé ce genre de partenariat avec des entités asiatiques et avait réussi à provoquer un effet d'augmentation assez rapide des flux de liquidités. L'idée est de créer des opportunités pour les investisseurs, à la fois marocains et étrangers, de manière simultanée, c'est-à-dire en partenariat entre la BVC et le LSE, par le biais d'admission à la cote jumelée, pour permettre des transactions de grandes tailles, qui aujourd'hui ne pourraient probablement pas se réaliser, vu la liquidité existante sur le marché marocain. X. Rolet explique que «réaliser ce genre de transactions en partenariat, non seulement augmentera le flux des investissements étrangers qui vont venir au Maroc par le biais de la BVC, mais sera aussi de nature à encourager les investisseurs, nombreux, présents sur le marché local». Il s'agit, selon lui, «de créer des transactions phares qui auront un effet d'entrainement. Qu'on puisse à la fois faire une augmentation de capital ou une admission à la cote à Casablanca et à Londres le même jour, en amenant deux groupes d'investisseurs différents».
On l'aura compris, en s'associant au London stock exchange, la BVC dispose d'une opportunité unique pour jouer dans la cour des grands. D'ailleurs, cette expression (opportunité unique) reviendra très souvent dans le discours des intervenants. Car il s'agit d'une chance historique pour le Maroc, un essai à transformer. En effet, la place de Londres a le pôle de liquidité le plus international et le plus important dans le domaine de l'actionnariat.
Quel impact pour le CFC
C'est aussi 3.000 milliards de dollars de fonds financiers dédiés aux investissements internationaux dans le marché des actions. Le plus large marché mondial dans le domaine du FOREX, l'un des plus larges marchés sur les obligations et une position au coeur de l'Union Européenne. De quoi donner le tournis. S'associer à ce géant qui a plus de 200 ans de pratique boursière c'est l'assurance pour le futur hub financier de Casablanca d'avoir un accès primordial à l'infrastructure de la zone euro.
X. Rolet se dit «extrêmement optimiste pour le succès de ce partenariat», et ne doute pas de la capacité de Casablanca Finance City de jouer le rôle de point d'entrée sur le continent africain pour les investisseurs internationaux. Pour lui, «aucun pays n'a établi de statut comme un hub financier panafricain pour le moment, donc la position est à prendre» par le Maroc. Casablanca a donc un avantage relatif qu'elle doit mettre à profit dans une approche coopérative et non compétitive. En effet, la croissance du centre financier marocain ne doit pas se faire aux dépends des autres pays africains et de leurs liquidités, mais au contraire «il faut mettre en oeuvre des ressources communes pour favoriser l'accès au capital d'amis et de coopérants du Maroc qui sont moins avancés dans le domaine de la création d'un centre financier», explique-t-il. Aider, mutualiser, et non écraser... semble être son leitmotiv. Pour finir, X. Rolet évoque le volet législatif, invitant la place financière de Casablanca à continuer à améliorer son environnement règlementaire. Selon lui, «il est important pour une place financière qui a une ambition internationale d'anticiper ce qui dans le futur seront les normes de bonne régulation». En effet, les grandes institutions et les grands fonds internationaux considèrent non seulement la législation, mais aussi la capacité de la place financière à s'adapter, la flexibilité des régulateurs et la capacité d'innovation. Ce sont des éléments très importants. Autre point primordial : la neutralité. Il faut arriver à créer un système légal et résilient qui traite tous les investisseurs, qu'ils soient nationaux ou étrangers, de la même manière. Cette neutralité, cette intégrité du système régulateur est très importante pour créer un hub international, selon X. Rolet, et comme il le dit si bien : «la liquidité reflète une chose : la confiance».


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