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SNEP : l’expédition punitive
Publié dans Finances news le 22 - 11 - 2007

Encore une fois, le marché boursier nous livre un de ses secrets pervers : il obéit à toute logique, sauf à celle d’un marché mature solidement porté par les fondamentaux des sociétés qui le composent. Et ce n’est pas la SNEP, laquelle a tout dernièrement rejoint le cercle encore restreint des sociétés cotées, qui dira le contraire.
Avec un argumentaire financier solide et un business plan prometteur, cette valeur laissait entrevoir, à la veille de sa cotation, les prémices d’un parcours boursier intéressant. Au point que les investisseurs se sont littéralement rués sur le titre pour, au final, un taux de satisfaction globale de la demande très faible de 0,73%.
Mais voilà, après trois séances durant lesquelles elle a été réservée à la hausse, la valeur SNEP a pris la courbe descendante, clôturant la séance du 20 novembre à 1.350 DH (voir page 20). Sur le marché, l’incompréhension cède la place aux rumeurs les plus folles : règlement de comptes, soubassements politiques…, tout y passe.
Néanmoins, actuellement, l’unique hypothèse tangible servie par quelques rares analystes est que «la banque conseil qui a orchestré l’introduction en Bourse de la SNEP a retiré des ordres d’achat massif du titre la veille de la journée où justement la SNEP a été réservée à la baisse. Et logiquement, les autres ont suivi». Cela peut se tenir.
Mais qu’en est-il des zinzins, eux qui, au moment de l’opération, ont récolté des miettes avec un taux de satisfaction de la demande d’à peine 0,73% ? La logique du marché aurait été, justement, qu’ils essaient d’accumuler le titre… au lieu de le bouder. Car, c’est bien cela la réalité : la valeur SNEP est simplement boudée par l’ensemble des intervenants du marché. Et lorsque, dans certaines agences bancaires, on conseille vivement aux particuliers de se débarrasser des actions SNEP, cela prouve effectivement qu’il y a un problème de fond.
L’on peut cependant être sûr d’une chose; les raisons de ce boycott collectif et bien organisé ne tiennent certainement pas aux fondamentaux de la société, encore moins aux dysfonctionnements du marché comme ont voulu nous le faire croire certains qui, laconiquement, nous ont dit : «c’est le marché, il faut l’accepter; ou encore les institutionnels n’ont pas trop confiance». Explications tirées par les cheveux auxquelles même les néophytes ne peuvent souscrire.
Une certitude et une seule : quelque part, à un moment donné, quelque chose s’est passé. Quoi ? On ne le saura peut-être jamais. Mais ça laisse une senteur malsaine qui a pour corollaire une expédition punitive savamment orchestrée.
En tout état de cause, ce qui se joue actuellement sur le marché boursier risque fort d’avoir un impact négatif sur les introductions futures du Groupe. Et, au-delà, de pousser à une mûre réflexion toutes ces entreprises qui ambitionnaient de grossir le rang des sociétés cotées.


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