L'enseignement originel, connu sous l'appellation « Attaâlim Al Atiq », dépasse aujourd'hui son cadre strictement religieux pour s'affirmer comme un levier stratégique du développement national. Au Maroc, il contribue à la cohésion sociale, à la diffusion des valeurs nationales et à la lutte contre l'analphabétisme, tout en formant des citoyens éduqués, tolérants et attachés à la préservation de l'identité et de la stabilité de la société. Selon la note de présentation du Ministère des Habous et des Affaires Islamiques, l'enseignement originel ne se limite plus à une vocation théologique. Il s'inscrit désormais comme un pilier structurant de la stratégie de développement socio-économique et de l'édification identitaire du Royaume. Le document met en avant le rôle multidimensionnel de ce secteur, dont l'apport est jugé significatif dans la réalisation d'objectifs nationaux majeurs, notamment l'universalisation de l'éducation et l'éradication progressive de l'analphabétisme. Ce système éducatif est étroitement lié à la préservation et à la transmission des valeurs fondamentales de la nation. Il vise à former des apprenants maîtrisant les sciences religieuses, tout en étant profondément ancrés dans l'identité nationale. L'enseignement originel est également présenté comme un rempart contre les dérives de l'extrémisme intellectuel et doctrinal, en mettant l'accent sur la promotion de la modération, du juste milieu et de la tolérance, conformément aux finalités supérieures de la religion et aux principes de la charia islamique. À ce titre, il joue un rôle central dans le renforcement de la cohésion sociale et de la stabilité spirituelle du pays. Lire aussi : Réforme de l'enseignement supérieur au Maroc : l'ANPMA intégrée à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah Dans cette perspective, et afin d'assurer la pérennité de cette mission tout en améliorant les conditions d'apprentissage et de travail, le ministère a élaboré un projet de décret à forte portée sociale. Ce texte prévoit une revalorisation substantielle des bourses accordées aux étudiants ainsi que des indemnités versées aux cadres et employés des institutions d'enseignement originel. Cette mesure est conçue comme un mécanisme d'encouragement et de reconnaissance de l'engagement des familles, souvent issues de milieux ruraux ou socialement vulnérables, dont les enfants constituent une part importante des bénéficiaires de ce système éducatif. Le calendrier d'application de cette revalorisation est échelonné, traduisant une approche progressive et budgétairement maîtrisée. La première phase, portant sur l'augmentation de la rémunération compensatoire, est prévue pour octobre de l'année en cours. La seconde phase, relative à la hausse de la valeur de la bourse d'études, entrera en vigueur à partir d'octobre 2026. Cette démarche graduelle illustre la volonté des pouvoirs publics de consolider durablement le financement de ce secteur stratégique. Elle traduit également la reconnaissance de l'importance de soutenir un enseignement considéré comme un vecteur d'ancrage éthique, culturel et spirituel. À terme, la consolidation de l'enseignement originel s'inscrit comme un investissement dans le capital humain et dans la résilience intellectuelle et sociale de la société marocaine.