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Bourse : «On n’est pas à l’abri d’un retournement de situation»
Publié dans Finances news le 06 - 03 - 2008

* Durant les 5 dernières années, le MASI a gagné plus de 352%, soit un taux actuariel de 16,28%.
* La Bourse de Casablanca représente toujours de bonnes opportunités à saisir, même à ce niveau de valorisation.
* Le marché est-il assez outillé pour faire face aux délits d’initiés et manipulations de cours ?
* Tour d’horizon avec Haddi Gharib, Président de la SMAF.
Finances News Hebdo : Le marché boursier a atteint un niveau de valorisation très élevé par rapport aux autres places de la région. La Bourse de Casablanca est-elle trop chère ? Ce niveau de valorisation est-il justifié ? Le marché ne risque-t-il pas une correction technique dans les mois prochains?
Haddi Gharib : Pour tenter de répondre à votre question, il me parait judicieux de ressortir des chiffres simples qui peuvent être compris par tous, les initiés et les moins initiés. Et pour que mes conclusions soient pertinentes, je pense aussi qu’il faudrait choisir un horizon adéquat (10 ans) qui correspond à l’objet de la problématique : l’investissement en Bourse.
Ainsi, en examinant le comportement de notre marché boursier durant la dernière décennie (27/02/98 - 27/02/08), nous pouvons remarquer que la capitalisation boursière a été multipliée par 5, soit un taux de progression actuariel annuel de 17% sur 10 ans. Dans le même temps, l’indice MASI a gagné plus de 220%, soit un taux de rendement actuariel de 12,34% sur 10 ans !
Il faut signaler au passage que, durant les 5 dernières années, le MASI a gagné plus de 352%, soit un taux actuariel de 16,28% ! Dans le même temps, la tendance de la courbe des taux de la dette souveraine a fait que les rendements des placements obligataires durant cette dernière décennie ont été de plus en plus faibles. Et du moment que la part des investissements actifs réalisés dans le compartiment Action restent très peu significatifs par rapports aux placements orientés vers le compartiment obligataire, (la physionomie des actifs gérés par les OPCVM étant le meilleur exemple), nous pouvons donc tirer un premier constat : l’épargne nationale a été placée à un taux relativement faible et n’a pas pu profiter du contexte qu’a connu le marché financier jusqu’à nos jours; autrement dit, l’économie nationale n’a pas pu profiter de l’épargne nationale stable qui pouvait représenter un vrai moteur de croissance à moyen et long terme.
Cela est-il dû à un manque de papier, de profondeur ou de liquidité ? Je pense que la bonne raison serait peut être un manque de visibilité qui s’est traduit par un manque de confiance ! In fine, la Bourse a effectivement vu ses indices évoluer à la hausse de façon significative (et les volumes apparents aussi), mais il faut peut-être relativiser, car l’essentiel des volumes traités n’a pas vraiment changé de mains (revalorisation des portefeuilles des institutionnels) et les quelques opérations initiées par les particuliers n’ont pas vraiment été encadrées et leurs placements n’ont pas été suffisamment canalisés par les professionnels de la gestion d’actifs. En témoigne les quelque 30 000 particuliers présents dans les portefeuilles des différents OPCVM ! Résultat du compte, cela n’a pas vraiment contribué à une vraie création de valeur.
Après cette longue introduction à travers laquelle j’ai essayé de relativiser l’ampleur donnée aux chiffres apparents de notre marché financier, je peux maintenant répondre directement à votre question en disant ceci : aucune corrélation entre les fondamentaux des sociétés et l’évolution du cours de leurs titres en Bourse. Un PER marché de plus de 28,30 fois (1/3 des valeurs cotées ont un PER supérieur à la moyenne du marché) les bénéfices, un P/B qui dépasse 5 fois les fonds propres, un DY à peine supérieur à 2,5% (40% des valeurs ont un DY 2%) et pourtant le MASI affiche déjà au 27/02/08 quelque 14,65% et le MADEX 15,23% !
Autre constat : les investisseurs étrangers ne sont toujours pas au rendez-vous malgré toutes les réalisations de ces cinq dernières années censées les «séduire» ! C’est pour toutes ces raisons là que je ne peux personnellement porter un jugement de valeur objectif sur notre Bourse dans son ensemble.
Ce qu’il faut peut être dire, c’est que la Bourse de Casablanca représente toujours de bonnes opportunités à saisir même à ce niveau de valorisation, mais la devise à mettre en avant est plutôt la prudence et l’esprit rationnel quant à la sélection des valeurs du marché. En effet, on n’est pas à l’abri d’un retournement de situation, voire d’une correction technique comme vous dites, mais la question qui reste posée est : quand cela pourrait-il arriver ? Sera-t-elle généralisée ou partielle ? Quelle serait l’ampleur de cette correction ?
Ce qui est relativement sûr, c’est que le marché est aujourd’hui plus apte à supporter d’éventuels chocs, car à mon sens, la cote est répartie en trois grandes catégories assez équilibrées (en nombre et en capitalisation boursière) : des valeurs à risque important (très surévaluées), des valeurs correctement évaluées, et surtout un bon tiers des valeurs qui restent relativement sous- évaluées, ce qui représente un espoir et non une assurance pour éviter le pire !
F. N. H. : L'inflation des souscriptions lors des dernières IPO est-elle vraiment un signe de succès des opérations d'introduction en Bourse ? Ce phénomène ne risque-t-il pas de décrédibiliser les OPV sur le marché quand on voit la frustration des investisseurs lors des allocations...? Les mécanismes d'introduction en Bourse (effet de levier, procuration...) sont-ils adéquats ? Ne faut-il pas refondre cette pratique à la lumière de ce qui se fait sous d'autres cieux ?
A. H. : Au lendemain de chaque opération d’introduction en Bourse, les statistiques faisaient ressortir des chiffres semblables, à quelques différences près, et ce quelle que soit la qualité intrinsèque de la valeur introduite. Le constat général a toujours été l’engouement des demandeurs de titres, et spécialement chez les particuliers qui, en moyenne, étaient au nombre de 100 000 à 120 000 personnes à chaque opération de ce genre ! En fait, ce chiffre doit être rapproché de celui des particuliers investissant dans des OPCVM pour en déduire le chiffre «utile» des vrais investisseurs qui ne doit pas dépasser les 30 000 personnes physiques dans le scénario optimiste ! Le reste étant le résultat des procédures de la procuration essentiellement !
En fin de compte, les investisseurs «fair-play» se trouvent marginalisés et, surtout, découragés par les mécanismes qui régissent ces OPV !
Nous avons constaté lors des dernières OPV que les autorités du marché, aidées par les banques d’affaires – ingénieurs – de ces opérations, ont pris des initiatives et de nouvelles mesures pour améliorer le taux de satisfaction des investisseurs, mais les résultats obtenus étaient insuffisants !
Il faut être plus audacieux et faire preuve de plus de génie dans ce genre d’opérations. Les pratiques des places les plus avancées doivent servir de benchmark, encore faut-il en choisir le modèle le plus adapté à notre marché et surtout prendre toutes les mesures nécessaires à son application dans le fond et l’esprit !
F. N. H. : Les opérations de délits d'initiés et de manipulation de cours sont devenues pour le moins fréquentes sur le marché casablancais, même s’il reste difficile de les prouver. En tant qu'expert, quel jugement portez-vous sur ces phénomènes?
A. H. : L’ennemi N° 1 de la transparence des marchés financiers est bien entendu le phénomène dit «délits d’initiés» ! Encore pire, celui de «manipulation des cours» !!
Je crois que le marché est doté d’instances, de règlement et mécanismes suffisamment développés pour faire face à ces pratiques !
Cela représente à mon avis un des freins majeurs au développement et à la création de la valeur à laquelle j’ai fait allusion dans ma première réponse. En fait, nous ne pouvons prétendre à un vrai déclic qualitatif de notre place financière et en faire un véhicule incontournable des investissements étrangers que par la contribution de chacun des opérateurs de ce marché à l’amélioration de la transparence et de l’efficience de notre Bourse.
La Bourse marocaine doit être préservée contre toutes ces manœuvres, car ne perdons pas de vue qu’elle est censée représenter le baromètre de l’économie nationale, et les intérêts macroéconomiques du pays doivent passer avant toute autre considération particulière !
En jouant la transparence et en initiant une communication financière responsable, nous pourrons espérer un jour doter notre économie d’un maillon fort, qui lui assurerait l’ouverture souhaitée sur les économies les plus développées pour s’imposer ainsi en tant que composante essentielle dans tout processus décisionnel d’investissement à l’échelle internationale.


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