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Lahcen Daoudi : «Le gouvernement est dépassé par les évènements»
Publié dans Finances news le 17 - 07 - 2008

* Les hypothèses sur lesquelles s’est basée la Loi de Finances 2008 se sont toutes révélées fausses.
* Le prix du baril flambe, le budget de la compensation explose… Mais le ministère des Finances signe et persiste dans ses prévisions de croissance pour les prochaines années.
* FNH a recueilli l’avis de Lahcen Daoudi, N°2 du PJD et un des membres les plus actifs de l’opposition. Tour d’horizon.
Finances News Hebdo : Les partis de l’opposition font état de grands ratages au niveau de la Loi de Finances 2008. Quels sont, selon vous, ces ratages?
Lahcen Daoudi : Il faut savoir d’abord que nous avons voté contre cette loi. C’est la loi par excellence des cadeaux fiscaux pour les banques et les grandes entreprises. Alors qu’auparavant, en 2005, on avait augmenté la TVA sur les produits à large consommation !
On donne donc des cadeaux fiscaux aux grands. Et pour compenser, on se retourne vers le peuple. C’est cela le plus grand ratage de la Loi de Finances 2008... Dans une conjoncture où, justement, il ne fallait pas faire ces cadeaux fiscaux. Il fallait tout simplement les différer.
D’autre part, les estimations concernant les prix du baril se sont révélées fausses. La Caisse de compensation a volé en éclats. Le gouvernement n’a pas vu la crise venir. Il manque de vision et ne voyait pas les tendances générales. Et on paie actuellement les pots cassés.
F.N.H. : Qu’est-ce qu’il aurait fallu faire alors, selon vous ?
L. D. : Il fallait différer la baisse de l’IS pour les entreprises et les banques. Il fallait faire passer la TVA sur les produits de luxe à 30%. Celui qui veut manger du caviar ou acheter du marbre italien, c’est son problème ! Qu’il mette la main à la poche. On a demandé à augmenter la taxe sur l’alcool, qui n’a pas bougé depuis 1979, comme s’il s’agissait d’un produit de base. Mais on a un niet catégorique du gouvernement. Ceci dit, on est conscient que quand on baisse d’un côté, il faut augmenter de l’autre.
F.N.H. : On a prévu 20 milliards pour le budget de la Caisse de compensation alors que le déficit est actuellement de 40 milliards. Ne faut-il pas concevoir une Loi de Finances rectificative dans ce cas ?
L. D. : Ça, on l’avait demandé. L’USFP l’a aussi demandé. Il faut que le Premier ministre vienne faire une déclaration gouvernementale devant le Parlement suivi d’un débat et d’un vote. Malheureusement, le gouvernement actuel est incapable, non seulement d’apporter une Loi de Finances tenable, mais aussi de venir devant le Parlement pour ouvrir un débat sur la chose.
F.N.H. : Le ministre des Finances dit que la préparation de la Loi de Finances rectificative va prendre au moins trois mois, alors qu’on est là en pleins préparatifs pour la LF 2009… Et que, par dessus tout, l’envolée des recettes a pu compenser le surplus de dépenses qui n’étaient pas prévues…
L. D. : Ce n’est pas parce que j’ai des recettes en plus, que je vais les dilapider. C’est de la mauvaise gestion. L’argent aurait pu être utilisé à des fins plus utiles, comme l’investissement par exemple. Le gouvernement est dépassé par les évènements. Et on nous dit qu’on a eu un taux de croissance de 5%, par an. Normalement, quand on a 5% de croissance ; on doit voir son effet sur le terrain…
Sincèrement, je doute fort de la fiabilité de ce chiffre.
F.N.H. : Les prévisions de croissance pour l’année 2008 diffèrent d’un organisme à l’autre. Le ministère prévoit du 6,8% alors que le HCP avance du 6,2%. Qui faut-il croire ?
L. D. : Si on continue sur la lancée du premier semestre, on peut avoir les 6,8%. Mais si on intègre la variante internationale et si le pétrole atteint les 170 dollars, on sera à moins de 5%. L’effet de la crise mondiale va commencer. Il a déjà atteint l’Europe et ne tardera pas à se faire ressentir chez nous. En plus, c’est normal que le taux de croissance pour cette année soit relativement élevé. Parce que quand vous partez sur une base faible (2007), vous sautez automatiquement plus haut.
F.N.H. : Le ministère prévoit également un taux de croissance de 6,5% d’ici 2010… Est-ce tenable, selon vous ?
L. D. : Un gouvernement doit semer de l’optimisme. C’est normal.
F.N.H. : Mais un gouvernement s’engage, quand il avance des chiffres…
L. D. : Mais beaucoup de gouvernements se sont engagés avant lui… Comment peut-il faire des prévisions tenables jusqu’en 2012 alors qu’il n’a même pas pu prévoir ce qui se passera en 2008. Sachant bien que toutes les variables qui impactent le Maroc sont exogènes et donc hors de sa portée.
F.N.H. : La Loi de Finances 2009 se base sur un prix du baril à 125 dollars, alors qu’on en est aujourd’hui aux environs de 140 dollars le baril. Qu’en pensez-vous ?
L. D. : Le gouvernement n’est pas capable de présenter un Budget avec l’hypothèse d’un baril à 170 dollars. 170 dollars étant le prix avancé par l’OPEP lors de sa dernière réunion et qui devrait être atteint en plein été. Cette hypothèse pèsera sur l’équilibre budgétaire. Et le gouvernement part de la contrainte d’un déficit budgétaire à 3% et ajuste les hypothèses en fonction de cela. Le gouvernement ne peut donc pas présenter une Loi de Finances avec une hypothèse pareille. Les équilibres vont être chamboulés.
F.N.H. : Et comment va-t-il réussir à maintenir le déficit à 3% alors que le baril se dirige vers les 200 dollars?
L. D. : Il va trouver une solution a posteriori. Le gouvernement ne veut pas subir la foudre de l’a priori et du posteriori. Au moins, vous lui évitez les critiques avant la promulgation du texte. Et il verra comment gérer cela le moment venu !


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