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Union pour la Méditerranée : Otage du conflit à Gaza... et bien d’autres
Publié dans Finances news le 26 - 03 - 2009

* Crise financière, conflit israélo-palestinien et immigration, autant d’obstacles devant l’instauration de cette Union.
* Les pays de la rive Sud, au lieu d’avoir une force de proposition, restent très consommateurs de politiques de l’UE.
Rien ne va plus pour le projet d’une Union pour la Méditerranée. Outre la crise financière, le conflit israélo-palestinien semble bloquer la machine. C’est en tout cas ce qui ressort de la rencontre organisée par le Centre Européen de Journalisme à l’attention du groupe de journalistes marocains en visite aux institutions européennes. Pour l’occasion, le CEJ a invité Bichara Khader, professeur et directeur du Centre d’étude et de recherches sur le Monde arabe contemporain, et Mohamed M’Hammedi Bouzina, correspondant à Bruxelles du Quotidien d’Oran.
Bichara, qui est à la fois professeur et auteur de plusieurs livres sur la question, estime qu’il est effectivement très tôt pour faire un bilan de l’UPM et pour savoir si cette Union prospérera ou restera «rachitique». Néanmoins, l’Union semble faire face à des difficultés très difficiles à surmonter. Bichara a énuméré quatre fautes qui ont accablé son lancement dont, en premier lieu, les propos de Nicolas Sarkozy très critiques vis-à-vis de la politique européenne, alors que la France fait bel et bien partie des 27 pays qui approuvent cette politique. Deuxième et troisième erreurs citées par Bichara Khader : le fait qu’avec l’annonce de l’UPM, Sarkozy s’est mis sur le dos la Turquie et l’Allemagne. Enfin, en considérant cette Union comme remplaçant l’ancienne politique arabe de la France.
Au-delà de ces erreurs, d’autres questions se posent avec acuité quant à l’avenir de cette union dans la mesure où son architecture institutionnelle semble faire du deux poids deux mesures. Ainsi, si la coprésidence du côté européen est tournante, du côté Sud, elle pose de sérieux handicaps étant donné que les pays arabes refusent catégoriquement qu’elle soit assurée par Israël. Ce dernier s’est arrogé le droit de s’opposer à la participation des Etats arabes à toutes les réunions. «Ne serait-on pas en train de refaire les mêmes erreurs que celles du Traité de Barcelone en ouvrant cette Union au Maghreb et au Machreq avec ce que le conflit Isréalo-palestinien induit comme problèmes ?», s’interroge Bichara Khader.
De même que depuis l’annonce de cette Union à ce jour, une bataille est livrée par les pays arabes pour la désignation de ses cinq secrétaires généraux. En principe, chaque secrétaire doit être désigné à son poste selon sa compétence et selon les dossiers dont il sera en charge. Mais sur le terrain, les considérations politiques l’emportent sur les compétences.
Enfin, pour Bichara, la crise financière qui a suivi l’annonce de cette Union pose le problème du financement. Autre contradiction relevée par Bichara : l’Europe demande aux pays du Sud de faire ce qui lui a pris, à elle, plus de 60 ans.
Pour M’hammedi Bouzina, il y a deux importantes remarques à signaler d’emblée concernant cette Union. «Le projet de l’UPM a pour finalité l’instauration d’une paix juste et durable en Méditerranée qui favorisera une zone de prospérité partagée entre tous les partenaires. Il faudrait alors être un désespéré pour ne pas applaudir et soutenir un tel projet. Seulement, cela ne nous empêche pas de porter un regard critique sur l’évolution du projet et son contenu… Deuxième remarque : l’Union européenne a, dès l’annonce de ce projet par la France, émis des réserves, notamment l’Allemagne et les PECO, sur son ambition d’exister parallèlement et indépendamment du Processus de Barcelone lancé depuis novembre 1995», explique M’Hammedi Bouzina.
Cette ambition de paix est sérieusement mise en cause depuis les massacres perpétrés par Israël en Palestine, d’autant que l’UE avait promu Israël en partenaire privilégié quelques jours avant le début de l’offensive sur Gaza sans pouvoir l’empêcher, dans les faits, de commettre ses crimes. «Et le nouveau gouvernement israélien, issu des élections législatives de février, n’encourage pas les promoteurs de l’UPM. Netanyahou qui va diriger ce gouvernement, a annoncé clairement qu’il n’a pas l’intention de revenir au processus de paix et qu’il poursuivrait la colonisation en Cisjordanie et Jérusalem», poursuit Bouzina.
Dans pareilles circonstances, difficile de prévoir les perspectives futures de cette Union. Sans oublier que partant séparément, les pays arabes désunis, consomment plus qu’ils ne produisent de politiques à proposer à l’UE. De ce fait, cette dernière propose donc que les pays du Sud restent passéistes.
L’immigration, une plaie
«Comme vous le savez, l’UE a pu adopter, lors du Conseil européen de décembre dernier, son «Pacte sur l’immigration choisie». Par ailleurs, l’UE insiste pour que les pays du Sud, notamment ceux du Maghreb central, soient en quelque sorte le gendarme contre l’immigration clandestine. C’est-à-dire que l’Europe va imaginer et mettre en place des moyens attractifs pour la main-d’œuvre qualifiée et les «cerveaux» d’une part, et demander aux pays du Sud de faire le gendarme pour contenir le reste des flux migratoires, y compris ceux en provenance de l’Afrique subsaharienne, d’autre part. Cela démontre encore une fois que l’UE élabore des politiques de partenariats sans consultations sérieuses avec ses partenaires du Sud. Aujourd’hui, par exemple, le problème n’est pas réglé entre l’UE et ses partenaires du Sud sur la question des réadmissions relatives aux illégaux sur son territoire», conclut Mohamed M’Hammedi Bouzina.
Les incohérences se multiplient, et l’UPM ayant pris du plomb dans l’aile, pourra-t-elle décoller dans ces conditions ? Seul l’avenir nous le dira.


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