Le Sommet du G-20 a débuté aujourdhui, jeudi 24 septembre. Pendant deux jours, les 20 grandes économies de la planète débattront à Pittsburgh des nouvelles règles qui devront régir la finance mondiale. Cela, un an après le déclenchement de la crise qui a mis à genou le système financier international. Au menu des débats, linstauration dune réglementation transparente afin de lutter contre la spéculation financière et les manipulations des marchés. Plus précisément, le mets central que se disputeront pitbulls (Américains) et caniches (Européens) sont les fameux bonus octroyés aux traders. La question divise et semble passablement irriter les cols blancs du pays de loncle Sam. Alors que lEurope prône un meilleur encadrement et le plafonnement des bonus pour limiter les risques pris par les établissements bancaires, lAmérique veut, elle, préserver coûte que coûte lattractivité de ses places financières. Et cela peut se comprendre : 40% des profits des USA proviennent de Wall Street. Et les Américains ne sont pas prêts à y renoncer. La cause est donc perdue davance : les caniches vont se faire dévorer cru par les pitbulls. Alors, ceux qui font mine de croire que le Sommet du G-20 apportera du nouveau dans le mode de fonctionnement des marchés financiers vont vite déchanter. Un an après, rien na changé. La crise est déjà un mauvais souvenir. Pire, les traders sont encore mieux rémunérés quauparavant. Je le soulignais tantôt dans cette chronique : en 2008, 33 milliards de dollars de bonus ont été versés par 9 banques américaines. Chez Goldman Sachs, cest 11 milliards de bonus qui ont été provisionnés pour les fêtes de fin dannée, tandis que Morgan Stanley se contente de 6 milliards. Quant à Andrew Hall, trader vedette de Citigroup, il devrait toucher un bonus de 100 millions de dollars. Les banques daffaires américaines ne font pas lexception en la matière. En France, malgré les cris dorfraie lancés par Sarkozy, et à peine quelques semaines après avoir débloqué plusieurs milliards deuros pour soutenir les banques françaises, lopinion publique découvrait, effarée, que BNP Paribas avait provisionné quelque 1 milliard deuros pour rémunérer ses traders. Mieux, pour échapper aux mailles de la réglementation, toutes les grandes banques françaises disposent de hedge fund dans des paradis fiscaux, ces fonds spéculatifs qui piétinent léthique et la déontologie en matière de placement financier. Cest donc peu de dire que ce Sommet du G-20 se résumera en des retrouvailles de façade pour pacifier les intelligences rebelles. LAmérique ne sacrifiera point ses profits pharaoniques pour renforcer laura de quelques dirigeants européens qui sagitent. La loi du profit continuera donc toujours à régner. Jusquà la prochaine débâcle financière. Et rebelote !