DR ‹ › Dans son rapport annuel 2026, Human Rights Watch alerte sur une répression accrue au Maroc en 2025, visant notamment les militants, journalistes et défenseurs des droits humains. Les autorités auraient intensifié les poursuites pour diffamation, diffusion de fausses informations, insultes, et atteinte à la réputation de responsables locaux, d'organismes gouvernementaux, ainsi que de chefs d'Etat et leaders religieux étrangers. Des accusations d'atteinte à la sécurité de l'Etat ou à la monarchie sont également mentionnées. Le rapport met en lumière la répression des manifestations du mouvement «GenZ 212», qui réclamait des réformes profondes et critiquait les dépenses publiques pour de grands événements sportifs. Les forces de l'ordre auraient dispersé ces rassemblements avec une «force létale», causant la mort de trois personnes et blessant des dizaines d'autres. Environ 2 100 personnes auraient été arrêtées, et des procédures judiciaires engagées contre au moins 1 400 d'entre elles, dont 330 mineurs. Plusieurs ont été condamnées à des peines de prison et à des amendes. En octobre dernier, environ un millier de personnes étaient toujours détenues. Malgré les grèves dans diverses régions, la Cour constitutionnelle marocaine a validé en mars une «loi controversée sur le droit de grève», vivement critiquée par les syndicats pour sa prétendue atteinte aux droits des travailleurs. Concernant les droits des femmes, Human Rights Watch critique la législation marocaine qui désigne le père comme tuteur légal par défaut des enfants, même lorsque la garde est attribuée à la mère après un divorce. L'organisation dénonce également le mariage des enfants, l'absence de criminalisation du viol conjugal, et les poursuites possibles contre les victimes pour avoir signalé un viol hors mariage. Sur la question migratoire, l'organisation rapporte que des centaines de migrants, dont des enfants, ont tenté de rejoindre l'enclave de Ceuta à la nage depuis la côte méditerranéenne. Selon l'«Organisation internationale pour les migrations», au moins 200 personnes ont péri en septembre en tentant de traverser la Méditerranée occidentale entre l'Afrique du Nord et l'Espagne.