Le Front Polisario a tenté de briser son isolement au sein du monde arabe en organisant une conférence internationale de solidarité avec le peuple sahraoui. Mais l'absence de représentants gouvernementaux, même algériens, souligne son isolement persistant. DR ‹ › Le Front Polisario a organisé mercredi et jeudi la «Conférence internationale arabe de solidarité avec le peuple sahraoui», afin de briser son isolement au sein du monde arabe. Cet événement a vu la participation des principaux dirigeants du Front, qui ont prononcé des discours réitérant leur rhétorique habituelle. Dans son intervention, le «ministre des Affaires étrangères», Mohamed Yeslem Beissat, a affirmé que la conférence «réunit divers acteurs arabes, dont des ministres, des diplomates et des écrivains, pour créer une dynamique globale». Cependant, malgré l'effet d'anonce, aucun responsable gouvernemental n'a assisté à la conférence, même pas de l'Algérie, pourtant le principal soutien du Front. Malgré ce constat, Mohamed Yeslem Beissat a ajouté que «la conférence renforce la présence de la cause sahraouie dans les sphères d'influence arabes, formant une base capable d'unifier l'action arabe autour de la question sahraouie». Contrairement aux éditions précédentes où le Front avançait une participation de délégations de plus de dix pays arabes, cette fois, seules des personnalités politiques, des chercheurs, des militants et des figures médiatiques d'Algérie, d'Egypte, de Tunisie, de Mauritanie, de Palestine et d'Oman ont été signalées. En relatant les discours des délégations présentes, le Front a mentionné celui de Nader Al-Qaisi, représentant du Front populaire de libération de la Palestine, un mouvement radical de gauche aligné sur les positions algériennes, suivi par Smail Debeche du «Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui», et l'Algérien Mohamed Doumir, chercheur en histoire. En revanche, les titres et noms des participants d'Oman, de Mauritanie, de Tunisie et d'Egypte n'ont pas été mentionnés. Isolé du monde arabe Notons qu'à l'exception de l'Algérie et de la Mauritanie, aucun pays arabe ne reconnaît la «République sahraouie». Et la reconnaissance mauritanienne est intervenue dans un contexte politique particulier après un coup d'Etat militaire à la fin des années 1970, sans établir de relations diplomatiques complètes. La Syrie a rompu ses liens avec le Front après la chute du régime de Bachar al-Assad, et en mai dernier, en présence de représentants marocains, Damas a déclaré le mouvement séparatiste indésirable, fermant son bureau dans la capitale syrienne. À l'inverse, la plupart des pays arabes influents reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara, certains ont même ouvert des consulats dans les villes de Dakhla et Laâyoune. Les pays du Golfe, en particulier, soutiennent fermement la position marocaine dans les forums internationaux, notamment aux Nations Unies. Ces nations s'efforcent d'exclure le Front séparatiste des réunions conjointes avec l'Union africaine. Lors du Sommet arabo-africain de 2016, le Maroc, accompagné de huit autres pays arabes, se sont retirés de la rencontre en Guinée équatoriale en raison de la présence du drapeau du Front Polisario. La Ligue arabe a également précédemment adressé une lettre à ses membres pour adopter une carte complète du Maroc lors de ses réunions. Elle évite délibérément de discuter du conflit du Sahara, conformément à l'insistance du Maroc sur l'exclusivité des Nations Unies dans la gestion de cette question.