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Entretien : «La Vision 2010 est un modèle précurseur»
Publié dans Finances news le 21 - 01 - 2010

* Pour cette année, 90 % des objectifs de la Vision 2010 seront atteints malgré le contexte de crise.
* Néanmoins, un effort important doit être consenti pour intégrer le développement touristique dans un projet de développement global et intégré de la société.
* Ali Ghannam, le président de la Fédération Nationale de l’Industrie Hôtelière et vice-président de la FNT, livre son point de vue.
w Finances News Hebdo : Dans cette dernière ligne droite vers la concrétisation de la Vision 2010, quelle évaluation faites-vous de ses retombées ?
w Ali Ghannam : Ce qui fait la fierté de tous les professionnels, c’est que le contrat-programme constitue un modèle précurseur de vision sectorielle, scellant un partenariat public/privé gagnant sur tous les plans.
Sur le plan macro-économique, il a fait du tourisme une véritable locomotive pour le développement de l’économie marocaine. Grâce à ce pacte, notre secteur a connu une dynamique sans précédent avec des retombées sur l’ensemble de l’économie : le secteur contribue aujourd’hui pour près de 8% du PIB et emploie plus de 420.000 personnes en direct...
Au-delà de la contribution du secteur dans le tissu productif, les objectifs de la Vision 2010, ambitieux à l’époque, ont été à des niveaux de réalisation très honorables :
• Au niveau des arrivées, nous sommes passés de 4,5 millions de touristes en 2001 à 8,35 millions en 2009 ; 9 millions d’arrivées sont prévues pour fin 2010, soit 90% des objectifs qui auront été atteints,
• Tout comme les recettes de voyages où plus de 53 milliards de DH auront été rapatriés à fin 2009, avec une augmentation moyenne annuelle de 15%.
• Les investissements conventionnés ont connu une croissance soutenue, particulièrement à partir de 2004, avec plus de 1,4 milliard de DH par an, les capacités litières auront doublé à fin 2009 pour atteindre plus de 180.000 lits.
Par ailleurs, si la concertation «Public – Privé» et l’engagement ont été la clé de réussite de la Vision 2010, elle a également posé la question de l’aménagement du territoire avec le plan Azur. Mais, à côté, d’autres plans se sont développés, le plan Mada’in pour le tourisme de villes et culturel et le plan Biladi pour la promotion du tourisme interne.
De nouvelles initiatives et chantiers sont nés de la Vision 2010 sans qu’ils aient été prévus au départ : tourisme rural, pays d’accueil touristiques (PAT), tourisme de niche, le développement touristique de Marrakech, le développement de champions nationaux dans le secteur, mise en œuvre de l’open sky et instruments financiers dédiés au secteur (Renovotel, Crédit Azur, Fonds d’Investissements, etc).
Néanmoins, malgré ce bilan globalement positif, certains points restent à améliorer :
• Au niveau de la prise en compte du développement humain et social, un effort important doit être consenti pour intégrer le développement touristique dans un projet de développement global et intégré de la société.
• Sur le plan de l’environnement touristique, on a pensé surtout à l’investissement et à l’offre et moins à l’animation de ces stations et aux besoins de la demande. L’environnement du tourisme n’a pas été suffisamment assaini : accueil dans les aéroports, harcèlement, faux guides, arnaques, accidents de la circulation, sécurité, hygiène et santé, protection civile, transport urbain, propreté des villes, etc.
• Sur le plan de la promotion du tourisme marocain, pendant plusieurs années nous avions constaté une mauvaise optimisation de la communication. L’ONMT commence enfin à intégrer la dynamique régionale et internationale.
• Le Maroc est très peu présent sur le Web, en général et dans le commerce électronique, en particulier ;
• Sur le plan de la gouvernance, là aussi, pendant plusieurs années, il y avait un déficit de gouvernance et une faiblesse des organes de pilotage : l’observatoire du tourisme commence à peine à jouer son rôle de veille et d’alerte.
• Sur le plan institutionnel, la faiblesse des capacités de gestion des associations du secteur (CRT, Fédérations, Associations professionnelles, …) ne leur permet pas de jouer pleinement leur rôle de catalyseur du secteur.
• Enfin, sur le plan de la formation, un retard certain a été constaté dans la formation et la valorisation des ressources humaines aussi bien du côté de l’Etat que des opérateurs
privés. Nous espérons que le
contrat-programme RH Hôtellerie
& Restauration permettra de réduire ce gap.
w F.N.H. : Quels sont les principaux enseignements à retenir de cette crise surgie en 2009 ?
w A. Gh. : Notre satisfaction, par rapport à cette crise, durement ressentie par le secteur, est de voir la réactivité des professionnels et des autorités de tutelle pour en anticiper l’impact. Les mesures, tant à très court terme, que celles ayant un objectif structurel, ont permis à notre pays de s’en sortir avec le moins de dégâts possibles.
Malgré cette crise, nous terminons l’année avec + 6% au niveau des arrivées, certes – 5,7% au niveau des recettes, - 1,4% au niveau des nuitées… Mais ces niveaux auraient certainement été plus importants si, ensemble, nous n’avions pas pris les mesures nécessaires : Cap 2009 et Budget de 300 MDH, en plus de la mobilisation des professionnels pour garder les niveaux de qualité exigés par le client, tout en faisant des efforts promotionnels du produit.
Néanmoins, il est important de souligner qu’il est nécessaire d’activer le déblocage rapide des fonds engagés, car il s’agit de période de crise, où la réactivité est très importante. Il faut aussi les soutenir par de nouvelles mesures rapides : CNSS, formation…
w F.N.H. : Exigence, qualité, refonte des normes et du système de classement sont autant d’attentes de l’étude engagée sur le diagnostic de l’hébergement au Maroc. Est-ce que tous les professionnels y adhèrent et quelles sont les incitations pour inscrire tout le secteur dans cette démarche ?
w A. Gh. : Je dois vous rappeler que les professionnels ont participé activement à l’élaboration de cette étude. Le secteur a toujours été conscient des enjeux de la qualité. Le timing de cette étude, au regard de la conjoncture internationale, est également bien choisi…
Cette étude est venue proposer un nouveau dispositif de classement et une mise à niveau des standards à laquelle la FNIH ne pourra qu’adhérer tout en mettant en place des mesures d’accompagnement.
En effet, dans cette conjoncture extrêmement difficile, la FNIH se devait d’agir. En plus des mesures que je vous ai citées précédemment, Renovotel 2010 vient s’inscrire dans un dispositif d’accompagnement technique et financier pour la rénovation et l’amélioration de la qualité de l’hébergement touristique. Il intervient d’une part :
• Suite à la réussite (malgré quelques difficultés et contraintes) de Renovotel I, qui a permis la rénovation d’unités hôtelières pour un budget de 200 MDH, entièrement remboursés par les bénéficiaires ;
• Pour consolider notre offre et la différencier en renforçant le positionnement des hôteliers marocains par rapport aux destinations concurrentes.
Ce programme a été rendu plus attractif par rapport à l’ancien mécanisme à la demande des professionnels (baisse de la contribution en fonds propres et augmentation de la part du fonds). L’appel à projets ouvert pour une année seulement permettra d’accélérer le processus de mise à niveau.
Ce fonds permet le financement des investissements matériels et immatériels viables de mise à niveau et de repositionnement du produit ayant pour objectif la création de valeur ajoutée, l’amélioration de la qualité des prestations et la prise en compte des problématiques environnementales, dans le cadre des capacités litières existantes.
Pour rappel, la part du Renovotel est financée au taux de 2%. La durée, elle, peut aller jusqu’à 12 ans avec 2 ans de différé. Le coût maximum par chambre a également été revu à la hausse. L’ensemble de ces caractéristiques est disponible au sein de la FNIH et notre Fédération a mis à la disposition de ses adhérents une cellule d’accompagnement pour les hôteliers souhaitant bénéficier de ce programme. Cela est d’autant plus important que l’ensemble de cette enveloppe devra être utilisé durant l’année 2010 seulement.
w F.N.H. : Depuis la mise en place des mesures d’urgence pour faire face à la crise, avez-vous une idée du nombre des bénéficiaires ?
w A. Gh. : Pour CAP 2009, un budget global de 76 MDH a été débloqué dont 35% débloqués par les professionnels. 80% des actions prévues ont été déjà réalisés.
En plus, un budget spécifique a été consacré par le Comité de veille stratégique pour une enveloppe globale de 300 MDH, dont près de 170 millions ont été engagés. Ces mesures visent la consolidation de l’aérien, la promotion institutionnelle, le tourisme interne, la mise en place de nouveaux produits et la stimulation de nouveaux packages. La totalité de ces fonds doit être engagée avant fin juin et permettre à notre destination de rester constamment dans l’esprit du client.
w F.N.H. : À la base des enseignements tirés tout au long de cette décennie, quels sont d’après-vous les différents scénarios de ce que sera la Vision 2020 ?
w A. Gh. : La feuille de route a été tracée lors du discours de SM le Roi aussi bien à Fès en avril 2007, qu’à Saïdia, en juin 2009.
La vision 2020 devra être qualitative, s’inscrire dans un tourisme durable et responsable, faire émerger de nouveaux pôles touristiques hissés au rang des destinations touristiques mondiales. Elle doit être conçue en pleine concertation, dans la rigueur et le réalisme, pour consolider les acquis importants réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de la Vision 2010, en tirer les enseignements nécessaires, après en avoir identifié les faiblesses et les insuffisances.
La Vision 2020 doit s’inscrire dans un projet de développement économique et social profitable à toutes les catégories de la population et à toutes les régions, mettre en valeur notre formidable capital humain et consacrer le rayonnement de notre pays dans son environnement régional et international.


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