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Marocains du Monde : Les pourvoyeurs sont-ils en panne de liquidité ?
Publié dans Finances news le 22 - 07 - 2010

* 75% des transferts des MRE contribuent à la lutte contre la pauvreté.
* Face à une multiplicité de dispositifs et d’acteurs, on assiste à un manque cruel de coordination.
* Il est désormais judicieux de penser à de nouveaux dispositifs pour encourager les Marocains du Monde à investir dans des secteurs porteurs.
Chaque année, à la même période le sujet «Marocains du Monde» refait
surface. Le club Entreprendre a invité une palette de professionnels afin de réfléchir sur les dispositifs à mettre en place pour relancer leurs investissements.
En 2009, les transferts des MRE ont accusé une baisse suite à la crise qui a frappé de plein fouet certains pays où résident nos ressortissants. Et donc la question récurrente qui se pose est : les transferts des MRE continueront-ils ou non à contribuer au développement économique du pays ?
Cette question rappelle celle de la fin des années 90 où les institutions financières internationales avaient interpellé sur la manne financière des MRE qui va bientôt tarir et qu’il est désormais indispensable de penser à une autre source de financement pour notre balance des paiements.
Depuis cette époque, les transferts des MRE n’ont cessé de progresser. Aujourd’hui, sous l’effet de la crise financière internationale déclenchée en 2008, les transferts des MRE ont connu une baisse de 5% inférieure aux prévisions établies initialement. Aussi, le secteur bancaire s’est révélé très actif en matière d’accompagnement des MRE. Toutefois, on assiste à une faible cohérence en présence de plusieurs acteurs, de plusieurs dispositifs, se résumant à un manque cruel de coordination.
Même son de cloche chez le ministre qui annonce qu’au cours de la dernière décennie, les transferts des MRE ont doublé. Ce doublement résulte essentiellement du nombre de Marocains résidant à l’étranger. Contrairement à la première génération, l’actuelle ne privilégie pas souvent son pays d’origine en matière d’investissement. D’où la nécessité de mettre en place des dispositifs pour motiver les MRE à investir dans leur pays. L‘expérience mexicaine est très intéressante. Elle recommande pour ses ressortissants 1$ pour 1$ investi au Mexique
La question qui se pose par contre est : le boom immobilier des années 70 va-t-il continuer sur le même trend, ou va-t-on assister à un retournement de tendance ? Parce que, contrairement à la première génération, celle d’aujourd’hui préfère d’autres types de placements que la pierre. «Mais cela n’empêche pas d’affirmer qu’il y a toujours un engouement pour l’immobilier. En témoignent les salons organisés à l’étranger, tels que le SMAP », s’empresse d’ajouter le ministre M. Ameur, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la communauté MRE.
Il est désormais indispensable de mettre en place de nouveaux dispositifs pour les orienter vers d’autres types de placements et, pourquoi pas, organiser des salons relatifs à des secteurs plus porteurs.
Le contexte interne est favorable pour faire émerger les investissements dans d’autres secteurs plus stratégiques.
H. El Basri, Directeur général de la banque des Marocains du Monde ne partage pas l’avis que les MRE sont responsables de la crise immobilière. « Leur part dans l’immobilier est, certes, importante, mais elle n’est pas déterminante », annonce-t-il. Il avance que leurs investissements dans les OPCVM ou le marché des actions est aussi important.
Ainsi, par rapport à l’investissement, les transferts ont augmenté, mais il faut avouer que les choses évoluent d’une manière différente.
«Les transferts des MRE sont procycliques et très sensibles aux aléas de la conjoncture économique», relève Driss El Yazami, président de la communauté marocaine à l’étranger. L’autre constat, c’est que malgré les restrictions des flux migratoires, le nombre de Marocains qui partent à l’étranger ne cesse d’augmenter. Bon an mal an, 15.000 à 16.000 Marocains s’expatrient.
La pérennisation des transferts a également alimenté le débat. Les intervenants sont confiants et avancent comme argument le fait que le besoin est toujours ressenti envers les pays étrangers.
75% des transferts des MRE vont au soutien familial. Ce qui dénote de leur importance dans le développement économique et social de notre pays. Ils sont dans leur majorité issus du milieu rural, mais cela ne les a pas empêchés de faire beaucoup de choses pour leur pays d’origine. A titre d’exemple, l’équipement de la région du Sud a été réalisé en grande partie par les Marocains du Monde.
On ne peut conclure un tel débat sans reconnaître que l’enjeu culturel est au cœur de la relation entre la communauté et le Maroc. Il s’avère indispensable de concevoir des mécanismes à même de consolider et pérenniser l’attachement. Il faut également trouver des dispositifs pour améliorer la coordination entre les différents acteurs. Et, pourquoi pas, inciter les MRE au développement local ?


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