Lobbying à Washington : le Maroc creuse l'écart avec l'Algérie    Etats-Unis : un nouveau sénateur rallie l'initiative de Ted Cruz contre le Polisario    Maroc : Les producteurs de fruits rouges peinent à se remettre des intempéries    Le SIAM 2026 voit grand: Une édition élargie à neuf jours au lieu de sept    Patrimoine en péril en Iran : entre dégâts collatéraux et enjeux stratégiques    Marruecos: Los productores de frutos rojos luchan por recuperarse de las inclemencias del tiempo    « La Dolce Vita à Mogador » : L'excellence du cinéma transalpin rayonne à Essaouira    France : Nawal Rezagui, cheffe franco-marocaine étoilée au guide Michelin    Le Sport à l'Epreuve de la Politique    Marché secondaire des créances douteuses : BAM accélère la mise en œuvre    E-MUN Africa signe son retour à l'ESSEC Afrique pour une deuxième édition    Terrorisme : À Washington, le polisario dans le viseur    RDC. Le recensement au cœur des priorités nationales    Assemblée nationale : le Togo accélère ses réformes économiques et sociales    Mort d'un Marocain dans une attaque de missile iranien à Bahreïn    Droits de l'Homme: ONU : le Maroc exprime sa préoccupation face à la situation en Palestine    La FRMF présente le maillot 2026 des Lions de l'Atlas    CAN 2025 : le Sénégal saisit le TAS après la perte de son titre    Maroc U23 : double duel amical face à la Côte d'Ivoire    Iran-Israël : un échange de maillots qui dépasse le sport    Le Royaume-Uni et le Maroc engagés en faveur de l'élargissement de leur coopération    Interpellation d'un Britannique à Marrakech: La DGSN dément les allégations du Daily Mail    Marrakech : Arrestation pour extorsion après la diffusion d'une vidéo virale    inwiDAYS 2026 met l'intelligence artificielle au centre de la nouvelle dynamique des startups    La Bourse termine en grise mine    « Le Procès de la Conscience » : quand le théâtre invite les citoyens à juger leur propre époque    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    Météo : Averses orageuses et fortes rafales de vent prévues ce mardi    Santé : Tehraoui appelle à renforcer les efforts de dépistage de la tuberculose    Diplomatie sportive : Paris se positionne sur les opportunités du Mondial 2030 au Maroc    CV, c'est vous ! Ep-90. Fadoua Jemoumkh, la social media manager qui rêve grand    Emploi, l'angle mort de la croissance au Maroc selon le FMI    L'Indonésie introduit un jour de télétravail pour réduire la facture énergétique    Wydad Casablanca parts ways with coach Mohamed Amine Benhachem    Santé : Agadir lance la reconstruction du Centre hospitalier régional Hassan II    Chtouka Aït Baha : l'Agence des eaux et forêts dément une prétendue maladie de l'arganier    Gestion des sols d'oliveraie : le Maroc accueille la réunion annuelle du projet Soil O-Live    Espagne : près des deux tiers des musulmans sont d'origine marocaine    Terres soulaliyate : le gouvernement précise les règles de dépôt des contrats de gestion    Maroc : Chanaz Essakli prend la tête de l'Imprimerie officielle    Le Wydad de Casablanca se sépare à l'amiable avec son entraîneur Mohamed Amine Benhachem    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    Botola Pro D1 : les mises à jour des 10è et 11è journées reprogrammées après la trêve internationale    Pays-Bas : Le parquet fait appel de l'acquittement d'un agent accusé d'espionnage pour le Maroc    Festival Jidar : Première édition d'un grand prix qui met les fresques à l'honneur    Trump annonce des échanges "constructifs" avec l'Iran et suspend des frappes    France : Aux municipales, Rachida Dati perd Paris et Karim Bouamrane est réélu à Saint-Ouen    Dans le Fujian : Neuf moments marquants d'un voyage au cœur du Sud-Est chinois    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Culture, production, transformation et exportation du cannabis... Ce que prévoit le projet de loi 13-21
Publié dans 2M le 25 - 02 - 2021

Le projet de loi 13-21 portant usage légal du cannabis a été examiné ce jeudi 25 février par le Conseil de gouvernement. Le texte vise à instaurer un cadre légal pour l'exploitation et l'usage de cette plante "à des fins médicales et industrielles", est-il indiqué dans sa note de présentation. Le texte devrait être adopté lors du prochain conseil de gouvernement.
La note du ministère de l'intérieur rappelle que le Maroc a été l'un des premiers pays à instaurer un cadre légal pour réglementer l'usage des drogues à des fins thérapeutiques à travers le Dahir du 12 Rébia II 1341 (2 décembre 1922) portant règlement sur l'importation, le commerce, la détention et l'usage des substances vénéneuses, avant que le Dahir du 20 chaabane 1373 (24 avril 1954) portant prohibition du chanvre à kif ne mette fin à l'usage de cette plante dans toutes les activités légales.
Cependant, le contexte international a évolué. Plusieurs pays ont changé leur approche légale vis-à-vis de cette plante, et l'Organisation Mondiale de la Santé recommandé sa suppression du tableau IV de la Convention de 1961 sur les stupéfiants, tableau qui liste les substances ayant un potentiel d'abus fort et des effets nocifs importants, sans valeur thérapeutique notable. Le Maroc a adopté ses recommandations, à travers la Commission nationale des stupéfiants le 11 février 2020.
Le projet de loi 13-21 a ainsi été formulé "en conformité avec les engagements internationaux du Royaume", précise la note, et s'articule autour de 4 orientations principales, à savoir soumettre toutes les activités relatives à cette plante (culture, transformation, commercialisation, exportation, etc) au système d'autorisation, créer "'l'Agence nationale de réglementation des activités relatives au chanvre indien" dont le rôle est le développement d'une filière agricole et industrielle et le renforcement des mécanismes de contrôle, ouvrir le champs aux agricultures pour adhérer à des coopératives agricoles, et l'adoption de sanctions adéquates contre les contrevenants.
Culture et production du "chanvre indien"
Un ensemble de mesures a été instauré pour éviter que le produit final ne sorte du circuit formel.
Le projet de loi instaure un cadre pour la culture du cannabis. Une autorisation sera octroyée à cet effet, et sera délivrée exclusivement dans certaines provinces dont la liste sera fixée par décret. Aussi, cette autorisation sera limitée aux "quantités nécessaires pour satisfaire les besoins des activités de production de matières à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles". Toutefois, un texte d'application futur limitera le seuil du taux de tétrahydrocannabinol (substance active) contenu dans les plantes destinés à l'usage industriel.
Les agriculteurs et producteurs autorisés devront respecter un cahier de charges élaboré par la future agence de tutelle. La loi fixe également les conditions à remplir pour bénéficier d'une autorisation de culture et de production de cannabis, dont la nécessité d'adhérer à une coopérative fondée spécifiquement à cet effet. Aussi, ces coopératives doivent se lier d'un contrat avec une ou plusieurs sociétés de transformation ou d'exportation de cannabis. La livraison de la production à la société acheteuse doit se faire en présence d'une commission locale mixte, et les quantités excédantes seront détruites.
Aussi, le demandeur de l'autorisation de culture et de production doit être majeur, de nationalité marocaine et propriétaire de la parcelle où la culture du cannabis aura lieu, en plus de résider dans une province où la culture licite de cette plante sera autorisée.
Le texte aussi somme les producteurs de déclarer, dans un délai de 3 jours, tout dommage ayant touché leur récolte, et ce pour permettre à l'Agence de mener les investigations nécessaires pour s'en assurer.
Transformation, industrialisation, transport et commerce international
Les sociétés demandeuses d'autorisations pour la transformation et l'industrialisation du cannabis, son transport ou son exportation/importation doivent remplir certaines conditions similaires : être une société soumise au droit marocain, disposer des moyens matériels et humains qualifiés et suffisants pour exercer ses activités, détenir les autorisations nécessaires à l'exercice des activités réglementées selon les législations en vigueur et respecter un cahier de charges élaboré par l'agence de tutelle (variant légèrement selon chaque activité).
Les sociétés de transformation et d'industrialisation doivent aussi disposer d'entrepôts "sécurisés et surveillés" pour stocker les quantités livrées par les coopératives. Il ne peut être procédé à la destruction d'une partie de ces quantités, "quelle qu'en soit la raison", qu'en présence d'une commission spécifique.
L'exportation et l'importation du cannabis et de ses dérivés, sont également strictement limitée à des fins médicales, pharmaceutiques et thérapeutiques, et seront soumises aux dispositions de la loi 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie. A l'instar des industriels, les importateurs/exportateurs doivent disposer d'entrepôts sécurisés et de ne détruire aucune quantité de cannabis sans la présence d'une commission spéciale.
Autorisations et sanctions
Les autorisations sont délivrées aux personnes et sociétés ayant respecté les dispositions précitées et leur octroi sera réglementé par un décret d'application. Les autorisations ont une durée de validité de 10 ans renouvelable et seront délivrées par l'Agence nationale de réglementation des activités relatives au chanvre indien. Ces autorisations peuvent être retirées à la demande du bénéficiaire ou sur décision de l'Agence (selon un nombre de dispositions).
Les officiers de la police judiciaire, agents des douanes, des eaux et forêts en plus de ceux de l'Agence de tutelle sont habilités à contrôler les infractions à cette loi.
Est punie de l'emprisonnement allant de 3 mois à 2 ans et d'une amende allant de 5.000 DH à 100.000 DH toute personne ayant cultivé, transformé, industrialisé, transporté, importé ou exporté le cannabis, ses dérivés, ses graines ou ses semis sans autorisation, ayant continuer d'exploiter cette autorisation après la fin de sa durée de validité ou après son retrait.
Est puni de l'emprisonnement allant de 3 mois à 2 ans et d'une amende allant de 5.000 DH à 100.000 DH toute personne ayant cultivé le cannabis en dehors des dispositions fixées par sa licence ou en ayant fourni des informations mensongères pour l'obtenir, n'ayant pas fourni toute sa récolte aux collectivités concernées, n'ayant pas déclaré les dommages subis par sa récolte dans les délais impartis ou ayant détruit une partie de cette récolte sans se conformer aux dispositions de cette loi.
Est puni de l'emprisonnement allant de 6 mois à un an et d'une amende allant de 10.000 DH à 20.000 DH toute personne qui fait obstruction aux missions des agents habilités à contrôler les infractions à cette loi.
Aussi, toute personne ne disposant pas d'entrepôts sécurisés et surveillés pour le stockage du cannabis, de ses dérivés, de ses graines ou de ses semis sera puni d'une amende allant de 20.000 DH à 100.000 DH.
D'autres infractions, comme l'usage de semis ou de graines non accrédités par l'Agence nationale, sont punies d'une amende allant de 5.000 DH à 50.000 DH.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.