L'obésité constitue un défi mondial imminent, pour la santé et l'économie, en particulier pour les pays pauvres, a mis en garde la Banque mondiale dans un récent rapport. Dans son analyse publiée sous le titre: "Obésité: Conséquences économiques et sanitaire d'un défi mondial imminent", l'institution financière basée à Washington, met en évidence la propagation croissante de l'obésité et ses conséquences négatives sur la santé et l'économie, soulignant que l'obésité est l'un des facteurs de risque les plus connus des maladies non transmissibles et aussi une pathologie en soi. La surcharge pondérale et l'obésité constituent un défi en particulier pour les personnes pauvres et celles qui vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, réfutant ainsi le mythe selon lequel ce problème ne concernerait que les pays à revenu élevé et les zones urbaines. Selon des données récentes citées dans le rapport, l'obésité a presque triplé depuis 1975 et elle est désormais responsable de quatre millions de décès dans le monde chaque année. « La réduction des taux de surcharge pondérale et d'obésité relève d'un bien public mondial », souligne la vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement humain, Annette Dixon. Selon elle, « lutter de manière proactive contre ce fléau contribuera de manière significative à renforcer le capital humain, à favoriser une croissance économique plus forte et à préserver la bonne santé d'une population active bien préparée pour un avenir productif ». En 2016, plus de deux milliards d'adultes (44 %) étaient en surpoids ou obèses, et plus de 70 % d'entre eux vivaient dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, note la Banque mondiale. Entre autres facteurs favorisant la progression de l'obésité, l'analyse cite un accès plus facile aux aliments ultra-transformés et sucrés, un recul de l'activité physique liée aux progrès technologiques au travail et à la maison, et une consommation plus importante d'aliments nocifs pour la santé, souvent consécutive à une augmentation de la richesse et des revenus. L'exposition aux risques environnementaux, tels que la pollution de l'air, et l'accès limité aux services de base contribuent aussi de manière significative à cette nouvelle épidémie mondiale. Selon l'institution internationale, les maladies liées au surpoids et à l'obésité, comme le diabète, les maladies cardiaques et le cancer, figurent aujourd'hui parmi les trois premières causes de mortalité dans toutes les régions du monde, sauf en Afrique subsaharienne. Dans les quinze prochaines années, la Banque mondiale prévoit que le coût de l'obésité s'élèvera à plus de 7 000 milliards de dollars dans les pays en développement, laissant largement pour compte les plus défavorisés. En Chine par exemple, entre 2000 et 2009, le coût des soins liés à l'obésité est passé de 0,5 à plus de 3 % des dépenses annuelles de santé du pays. En outre, les individus et la société devront non seulement supporter le coût des soins de santé, mais aussi les coûts indirects dus à la baisse de la productivité du travail, à l'absentéisme, aux retraites anticipées... Or les recherches montrent qu'investir aujourd'hui dans des interventions d'un bon rapport coût-efficacité pourrait sauver 8,2 millions de vies dans les pays les plus pauvres et générer 350 milliards de dollars de bénéfices économiques d'ici 2030, selon la Banque Mondiale.