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« Je souhaite que le monde puisse voir la souffrance du peuple yémenite »
Publié dans H24 Info le 28 - 09 - 2019

À l'occasion des «pyramides de chaussures» qu'elle organise samedi, l'ONG Handicap International a invité la psychologue Suad Al-Qadri, chargée du projet de soutien psychosocial à Sanaa, la capitale du Yémen. Elle raconte au Figaro le terrible quotidien des civils frappés par les bombardements de la coalition saoudienne.
Depuis 25 ans, Handicap International organise chaque dernier samedi du mois de septembre des «pyramides de chaussures» pour dénoncer «les pratiques irresponsables de la guerre», celles qui touchent des innocents. Aujourd'hui, 90% des victimes des conflits sont civiles, déplore l'ONG. Pour témoigner, l'organisation a invité cette année en Europe, Suad Al-Qadri. À 42 ans, cette psychologue de formation est chargée du projet de soutien psychosocial à Sanaa, la capitale du Yémen. La guerre civile – qui oppose les rebelles houthistes, soutenus par l'Iran aux forces saoudiennes à la tête d'une coalition – y a fait des milliers de morts et de blessés depuis cinq ans. La situation humanitaire y est catastrophique, selon les organisations humanitaires sur place. Depuis décembre 2018, une fragile trêve a permis de geler le conflit.
Quelle est la situation au Yémen aujourd'hui?
À Sa'dah, il y a des bombardements. Hodeida est toujours une zone de conflit. Ta'izz est divisée en plusieurs zones. Actuellement, la situation est plus calme à Sanaa. Les bombardements n'ont plus lieu comme auparavant matin, midi ou soir. Mais la vie est toujours difficile. Les gens n'ont pas accès à l'électricité ou à l'eau. Les écoles sont fermées. Les fonctionnaires ne touchent pas leurs traitements. La plupart des services sont paralysés. C'est aussi difficile d'avoir du gaz pour cuisiner. Les gens ont peur de sortir. Dans les hôpitaux de Sanaa, il y a beaucoup de pression. Les médecins travaillent avec le soutien des ONG.
Quelle est votre mission pour Handicap International au Yémen?
Handicap International est la seule organisation non gouvernementale étrangère qui œuvre à l'intérieur de l'hôpital directement avec les malades. J'ai commencé à travailler avec l'association en novembre 2015. On propose une aide psychologique et une aide à l'appareillage et à la réadaptation pour les blessés amputés. Chaque jour, je rencontre 2 à 3 malades, 4 au maximum. On les écoute. On écoute leurs peurs et leurs besoins. Je me souviens d'une fille de 10 ans dont la main avait été brûlée. Elle pleurait de douleur. Sa mère avait peur et elle sortait constamment de la salle des soins. Les infirmiers nous ont demandé d'intervenir. On a joué avec la jeune fille, on lui a raconté des histoires pour la calmer pendant que les médecins terminaient.
Les médecins disposent-ils des moyens suffisants?
Les hôpitaux sont soutenus par les ONG mais les malades doivent acheter leurs médicaments à l'extérieur. Or on ne trouve pas tout. Il y a une pénurie, il faut faire avec ce qui est disponible. En ce qui concerne les membres artificiels, ils coûtent trop cher. Mais Handicap International intervient pour aider. On voudrait pouvoir intensifier nos actions. Les blessés ont besoin de personnes qui les soutiennent. Ils sont eux aussi responsables de familles et ils voudraient rester forts.
Comment réagit la population?
La plupart des victimes sont civiles. Elles sont traumatisées. Les gens ont peur, ils sont anxieux, ils souffrent d'insomnie, ils sont énervés, agressifs. La guerre détruit aussi les liens sociaux entre les individus. Chacun se concentre sur ses problèmes alors qu'on a besoin de solidarité.
N'êtes-vous jamais résignée?
Evidemment, on passe par toute sorte de sentiments, on est résigné puis on se dit qu'il faut faire quelque chose, ne pas s'arrêter. Avant la guerre, j'étais libre, je rencontrais mes amis ou ma famille à n'importe quel moment. Le jour où la guerre a commencé, je devais prendre l'avion. Mais nous avons reçu un message de l'aéroport nous demandant de ne pas venir, à cause des bombardements. Mais on ne savait pas qui attaquait... Aujourd'hui, il y a la peur. Les enfants ne sortent plus. Avec ma famille, nous avons essayé de déménager après le début de la guerre pour aller dans notre village. Mais il a été bombardé. La station d'essence de mon frère avait été visée. Alors on est resté à Sanaa, c'était pire ailleurs.
Quel message voulez-vous faire passer en Europe?
Je souhaite que le monde puisse voir la souffrance du peuple yéménite. Notre vie est très difficile. Il n'y a pas de solution. On essaie d'avancer mais on ne voit aucun espoir d'arrêter ce conflit. Je ne sais pas à quoi va ressembler l'avenir. Je vis au jour le jour.


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