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Rapport ONDH: « Être jeune au Maroc de nos jours », c'est pas si facile…
Publié dans H24 Info le 08 - 12 - 2021

L'Observatoire national du développement humain (ONDH) a présenté, mardi à Rabat, les résultats de son rapport sur le développement humain « Être jeune au Maroc de nos jours », lors d'un atelier organisé en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Ce rapport, fondé sur une approche participative, traite de l'évolution des indicateurs du développement humain entre 2012 et 2020 dans le Royaume, tout en jetant la lumière sur la problématique de la précarité sociale et l'impact de la pandémie sur le développement humain.
Il propose également un diagnostic approfondi de la situation de la jeunesse marocaine sur les plans économique, social et politique, ainsi qu'une réflexion prospective sur l'adaptation des politiques publiques pour répondre à ses attentes et aspirations, et ce en accord avec les orientations du Nouveau modèle de développement.
Dans ce rapport, l'ONDH considère « les jeunes comme un potentiel à mobiliser pour rattraper le retard en développement humain », soulignant que les jeunes âgés de 15 à 29 ans constituent une frange importante de la population (25,3% en 2019, soit environ 8,9 millions de personnes).
Selon l'ONDH, cela constitue une « aubaine » démographique sans précèdent pour le Maroc et qui a un impact important sur les plans macro et microéconomique, « à condition que notre économie offre les emplois nécessaires à cette jeunesse, une voie que les pays asiatiques ont emprunté avec succès depuis les années 70 ».
Les jeunes représentent une frange hétérogène en termes de contraintes liées au genre, d'occupations principales et de rapports au système éducatif et au marché de travail, puisque 33,6% sont des étudiants et 25,1% des actifs occupés, alors que la part des jeunes qui ne sont pas en emploi, en études ou en formation (Neet) est de 26,3%, selon le rapport.
« Malgré les avancées indéniables réalisées pour généraliser l'accès à l'enseignement primaire, l'accès à la scolarisation dans les autres cycles d'enseignement reste particulièrement faible, faisant de l'abandon scolaire un risque potentiel susceptible de toucher de nombreux enfants en âge de scolarisation », souligne le rapport.
Taux de chômage important
Les données du Conseil supérieur de l'Education, de la formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS), révèlent que dans « le secondaire collégial, l'abandon scolaire a touché 16,8% des élèves ruraux en 2018, contre 12,9% dans le milieu urbain ». D'ailleurs, le niveau terminal (3ème année) est le plus concerné par l'abandon scolaire qui est surtout prononcé dans le rural (22,7% contre 17,7% en milieu urbain).
Toutefois, le nombre moyen d'années de scolarisation pour la tranche d'âge 15-29 ans est de 9,1 ans, ce qui équivaut à 1,7 fois la moyenne nationale, et dépasse la moyenne des pays qui ont un niveau élevé de développement humain (8,3 ans), note le rapport, ajoutant qu'environ 26% des jeunes diplômés sont confrontés au chômage de longue durée (2019).
Concernant justement l'insertion sociale des jeunes, le taux de chômage des «15-24 ans » a d'ailleurs significativement augmenté, indique le rapport. Dans ce sens, l'Observatoire qualifie cette catégorie sociétale de « capital humain précieux qui doit être développé à travers l'enseignement, la formation, la santé et la protection sociale ».
Lire aussi: Mustapha Sehimi : «L'implication des jeunes dans la vie politique est un signe de la bonne santé de notre démocratie»
S'agissant des politiques publiques au profit de la jeunesse, l'Observatoire appelle à une restructuration fondée sur une vision prospective intégrée, notamment en matière de promotion de l'équité entre les jeunes et leur participation à l'élaboration des politiques publiques, tout en conférant à celles-ci le caractère d'une répartition territoriale juste.
D'autre part, le rapport fait état d'un ralentissement de la dynamique de développement humain en raison du décrochage scolaire, des faibles niveaux de revenus et de l'intégration sociale des jeunes, lequel recul a été enregistré au cours de l'année 2020 en raison de l'impact de la crise sanitaire sur la croissance économique, le niveau d'emploi et les revenus des familles dépendantes.
Il note également que la précarité sociale représente « la plus grande menace pour le développement humain », car elle touche un jeune actif occupé sur trois et affecte le développement humain, soulignant que cette précarité concerne 32,3% de la population active occupée et est causée à 88,5% par la précarité au travail.


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