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L'affaire Khadija fait réagir des acteurs de la société civile dans une tribune
Publié dans Hespress le 29 - 08 - 2018

L'affaire Khadija a pris beaucoup d'ampleur, a même été médiatisée à l'international, soulevant l'effroi et l'indignation. La jeune fille qui aurait été séquestrée, violée puis tatouée de force par ses bourreaux a également fait réagir l'écrivain Abdellah Taïa dans une tribune largement relayée.
Des acteurs de la société civile et du monde de l'art ont signé cet écrit. Entre autres, le Président de la Fondation Nationale des Musées du Maroc, Mehdi Qotbi, le publicitaire Noureddine Ayouch, l'écrivain Tahar Ben Jelloun, la sociologue Sanaa El Aji, l'auteure Leïla Slimani, la présidente de l'Association Solidarité Féminine Aïcha Ech-Chenna, ont joint leur voix à celle d'Abdellah Taïa pour dénoncer ce crime et se prononcer en faveur de Khadija d'Oulad Ayyad.
Les mots sont durs pour parler de cette affaire qui a fait couler beaucoup d'encre. «Ce n'est plus la vie, c'est la jungle. Et comme toujours, ce sont les femmes qui paient le prix fort de tous les dysfonctionnements d'une société qui ne veut toujours pas grandir », peut-on lire dans le document.
Abdellah Taïa qualifie cette histoire de « scandale national ». Il estime que les violeurs ont un message à transmettre au monde (avec les tatouages et les traces sur le corps de Khadija), une façon de dire : « oui, on est des violeurs. Oui cette femme n'a aucune valeur. Oui, nous sommes des sauvages. Oui, nous sommes des pauvres abandonnés dans notre propre pays et, à notre façon, nous nous vengeons de l'injustice qu'on nous impose ».
Urgence d'éduquer et de promulguer de nouvelles lois
Alors que faire pour résoudre le problème de cette jeunesse désœuvrée qui effectue des actes ignobles, ces femmes violées et qui ne parviennent pas à parler ? « Il est plus qu'urgent de sortir des déclarations politiques de circonstances. Sortir de ce vide terrifiant. Sortir de cette maladie collective qui se répand en nous et nous rend insensibles (...) Il est plus qu'urgent que l'Etat sorte de nouvelles lois qui protègent réellement les individus marocains. (...) Qu'on les éduque. Qu'on les implique. Qu'on s'intéresse réellement à leur sort », propose l'écrivain marocain.
Ce mardi 28 août, le procureur général de la chambre criminelle de la cour d'appel de Beni Mellal (centre) a décidé de poursuivre les suspects impliqués dans le viol collectif de Khadija Okkarou. Ainsi douze personnes âgées de 18 à 27 ans ont été placés en détention préventive avant que l'enquête ne soit confiée à un juge d'instruction.
Le principal suspect, âgé de 20 ans est poursuivi pour plusieurs chefs d'accusation tels que « traite d'être humain sur mineure », « viol », « menace de meurtre », « torture et usage d'arme causant des blessures et séquelles psychiques » et « constitution d'une bande organisée, enlèvement et séquestration ».
Dix des complices présumés, ont, quant à eux, été poursuivis pour « traitre d'être humain sur mineure », « menace de meurtre », « torture », « enlèvement », « viol », « non-dénonciation de crime » et « non-assistance à personne en danger ». Les charges retenues contre la douzième personne sont « non-dénonciation de crime » et « non-assistance à personne en danger ». L'enquête suit son cours, puisque trois autres suspects sont recherchés par la police.
Khadija, âgée de 17 ans, a, selon son témoignage, été séquestrée pendant deux mois, violée et torturée. Elle accuse ses « bourreaux » de l'avoir tatouée et brûlée avec des cigarettes.


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