Beaucoup de mystère entoure la visite « éclair » du secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, au Maroc. Changement de programme, une rencontre, la veille, avec le Premier ministre israélien et une audience annulée avec le Roi Mohammed VI… La presse israélienne a sa version des faits. Ils semblerait que Rabat ait tout bonnement mis son veto à toute discussion autour de la « normalisation » avec Israël. Ayant écourté sa visite au Maroc pour rencontrer le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu au Portugal, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, le plus haut diplomate s'étant rendu au Maroc depuis l'accession au pouvoir du président Donald Trump, n'a finalement pas rencontré le Roi Mohammed VI qui revenait d'un voyage au Gabon. Selon Times of Israël, Mike Pompeo n'a pas pu rencontrer le Roi Mohammed VI à cause des changements de dernière minute opérés par la partie américaine, notamment lorsqu'elle a écourté le voyage du secrétaire d'Etat initialement prévu pour deux jours et qui finalement s'est tenu en une journée pour voir le Premier ministre israélien au Portugal pour une rencontre totalement impromptue. Mais le bureau de Benjamin Netanyahu a estimé qu'il s'agissait de « mensonges ». Il semblerait par ailleurs que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu souhaitait rejoindre le chef de la diplomatie américaine à Rabat – si tout se passe bien -, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il se trouvait si près du Maroc, à Lisbonne, indiqué Channel 12. Toujours selon les mêmes sources médiatiques israéliennes, qui citent des sources marocaines, Mike Pompeo aurait fait face à un « non » catégorique des autorités marocaines à l'idée d'une venue surprise du Premier ministre israélien. Rabat aurait en outre également décliné la proposition américaine de discuter de la « normalisation » avec Israël. Un haut responsable du Département d'Etat, cité par la presse israélienne, a confirmé que Mike Pompeo n'a pas discuté de la « normalisation » des liens avec Israël lors de sa visite au Maroc et que cela ne figurait pas dans l'agenda de toute façon. Pourtant, la presse israélienne avait déjà annoncé que Benjamin Netanyahu attendait impatiemment une percée vers la « normalisation » à l'issue de la visite de Mike Pompeo au Royaume « Cela m'a paru n'être qu'une autre fuite israélienne dans la presse de leurs propres initiatives. Mais cela coïncidait avec notre voyage, mais ce n'était pas à l'ordre du jour », a déclaré le responsable américain en référence a l'attente de Benjamin Netanyahu d'une grande « percée » dans les relations avec le Maroc, notamment vers une « normalisation » avec Israël pour s'en servir pour reprendre sa place de Premier ministre avant le deadline imposé par la Knesset (le Parlement israélien) le 11 décembre. A Rabat, Mike Pompeo a rencontré son homologue marocain, le ministre des Affaires Etrangères Nasser Bourita qui a publié un communiqué à la fin de leur entretien. Les deux hommes n'ont pas évoqué Israël mais ont discuté de l'influence dévastatrice de l'Iran, sujet central des discussions entre Mike Pompeo et Benjamin Netanyahu la veille. « C'est l'une des rares réunions où nous n'évoquons pas en premier l'Iran », a déclaré un responsable du Département d'Etat à des journalistes dans l'avion de Pompeo en rentrant à Washington. « Ils (la partie marocaine) sont les premiers à s'inquiéter du financement du terrorisme, de la présence – ou de l'influence – du Hezbollah et de l'Iran dans la région », a déclaré le responsable, qualifiant le Maroc de « assurément assez faucon ». Ennemi juré des Etats-Unis et d'Israël, l'Iran est un pays avec lequel le Royaume du Maroc n'entretient plus de relations diplomatiques depuis 2018 à cause du soutien militaire de Téhéran aux séparatistes du polisario à travers les chiites du Hezbollah libanais.