La coordination des chrétiens marocains a saisi l'occasion de la tenue de la Conférence internationale sur le dialogue des cultures et des religions à Fès pour adresser, le 12 septembre, une lettre ouverte au Roi Mohammed VI. En tant que chrétiens d'origine marocaine et résidents au Maroc, ces derniers expliquent que leurs revendications « sont différentes de ce dont jouissent les chrétiens de passage, et relèvent principalement de la liberté de culte ». Ces demandes, « déjà soumises au Conseil National des Droits de l'Homme », sont le droit à enterrer les défunts, à authentifier les mariages et à choisir le nom des enfants « suivant les préceptes de la foi chrétienne », en plus de « prier publiquement sans peur » et de rendre l'éducation islamique « optionnel » dans l'enseignement primaire et secondaire. Mustapha Soussi, porte-parole de la Coordination, a expliqué à Hespress FR ce recours à une lettre ouverte par l'absence d'interlocuteurs, car « l'Etat n'a pas pris l'initiative d'ouvrir un débat avec les citoyens de foi chrétienne. S'il en était ainsi, nous n'aurions pas saisi chaque occasion qui se présente pour nous faire entendre ». Pourtant, le message royal adressé, le 10 septembre aux participants de cette Conférence, a bien stipulé que « de tout temps, les chrétiens de passage ou résidant au Maroc ont toujours bénéficié du droit d'exercer leur culte dans les églises ». Mais selon Soussi, cette lettre « n'a pas été encourageante pour nous de la manière que nous souhaitions », car tout en admettant que le progrès réalisé et la marge de liberté soient indéniables, il signale que « cela concerne toujours les chrétiens étrangers résidant au Maroc, mais personne ne pense aux Marocains de foi chrétienne », même si « nous sommes marocains et par conséquent prioritaires ». Ainsi, il regrette que « les noms chrétiens fassent toujours objet d'une interdiction, et les enfants soient forcés d'étudier l'éducation islamique ». Au volet de la liberté de culte, « il n'y a plus autant d'entraves qu'avant, mais quand il s'agit de créer une association, la réponse est généralement négative », poursuit Soussi. Ce dernier avoue pourtant que « les rassemblements se font d'une manière ordinaire dans les maisons, mais notre requête est de les tenir dans les lieux publics et les églises », tout en remarquant que « la société accepte progressivement l'existence d'individus de foi différente », une transformation « palpable sur le terrain ».