Le Liban va rendre hommage vendredi aux six victimes mortes lors d'un échange de tirs dans la capitale Beyrouth. Le pays a décrété vendredi comme journée de deuil national après ces événements qui ont rappelé aux Libanais le douloureux souvenir de la guerre civile. Le président libanais, Michel Aoun a condamné dans un discours, l'utilisation des armes et le meurtre de 6 personnes ce jeudi, en jugeant qu'il est « inacceptable de revenir au langage des armes car nous avons tous convenu de tourner cette page sombre de notre histoire ». Les combats dans les rues de la capitale se sont déclarés dans le secteur de Tayouné au moment où une manifestation avait lieu. Des échanges de tirs entre des hommes armés dont certains portaient des brassards aux couleurs des mouvements du Hezbollah et Amal. Les circonstances de ces échanges de tirs qui ont duré plusieurs heures, terrorisant les habitants et surtout les écoliers, sont encore inconnues et il est encore impossible de savoir si les personnes tuées, 6 au total, étaient visées sciemment et pourquoi. Une chose est certaine, les tirs ont visé les manifestants, selon une déclaration du ministre libanais de l'intérieur. Lors de ces violences armées qui ont fait ressurgir le douloureux souvenir des années de guerre civile au Liban, au moins 32 personnes ont été blessées, selon le décompte du ministère de la Santé. Selon les premières informations, ces échanges de tirs interviennent alors que les partisans des deux mouvements (Amal et Hezbollah) se sont réunis pour manifester devant le Palais de justice. Les manifestants exigeaient le remplacement du juge Tareq Bitar, en charge de l'enquête sur les circonstances de l'explosion du port de Beyrouth l'année dernières, car ce dernier voudrait interroger plusieurs hauts responsables dans le pays dont deux anciens ministre du mouvement Amal. La France et les Etats-Unis ont rapidement réagi à cette escalade, Paris appelant à la « l'apaisement » et Washington à la « désescalade ». « Nous nous joignons aux autorités libanaises dans leur appel au calme, leurs appels à la désescalade des tensions », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price devant la presse à Washington. Et de condamner la manifestation organisée par le Hezbollah contre le juge: « Nous nous opposons à toute intimidation et menace de violence contre la justice de tout pays, et nous soutenons l'indépendance de la justice au Liban », a ajouté M. Price.