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Croissance économique au Maroc, des ambitions à la baisse en 2023
Publié dans Hespress le 12 - 01 - 2023

Après sa forte reprise en 2021, l'économie marocaine est aujourd'hui confrontée à moult épreuves comme les effets du ralentissement de l'économie mondiale, la forte sècheresse subie en 2022 et aux conséquences non négligeables pour l'exercice en cours, les répercussions du contexte géopolitique international et les pressions inflationnistes croissantes... Pas sûr qu'elle devrait se sortir de ce pétrin sans coup férir.
Le Maroc se ressentant en cela de pressions inflationnistes intenses, même si c'est de façon plus modérée que dans d'autres pays. Aussi face à ces chocs, genre une inflation élevée ou des taux d'intérêt en hausse, des investissements atones et le contexte géopolitique international (conflit ukrainien notamment)..., forcément que la croissance économique à l'échelle mondiale ralentit « au point que l'économie globale est dangereusement proche de sombrer dans la récession », lit-on dans le rapport de la Banque mondiale "Perspectives économiques mondiales" récemment publié par cette dernière. Ce sera la première fois en plus de 80 ans qu'il y aura deux récessions mondiales en une décennie.
Des prévisions pessimistes donc, et qui feraient de 2023 une année à peine moins sombre que celles marquées par une pleine récession en 2009 et 2020, la Banque mondiale s'attend néanmoins et à titre consolation à un rebond en 2024 avec une croissance de 2,7 %. Dans le détail, elle estime que les économies développées croîtront de 0,5 % cette année (contre 1,7 % anticipé en juin dernier). Pour l'Euro-zone, on prévoit une croissance zéro, contre 1,9 % prévu auparavant.
Du côté des pays émergents ou en développement, l'institution prévoit un ralentissement à 3,4 %, soit 0,8 point de pourcentage de moins que les prévisions de juin dernier. Enfin, la Banque mondiale prédit que le commerce global croîtra de 1,6 % en 2023, alors que les prévisions six mois plus tôt (juin dernier) tablaient sur 4,3 %.
Selon les prévisions de la Banque du Maroc, la croissance de la région MENA devrait ralentir à 3,5 % en 2023 et à 2,7 % en 2024. Cette baisse est principalement due à̀ l'essoufflement du rebond dans les pays exportateurs nets de pétrole, où la croissance devrait tomber à 3,3 et 2,3 % en 2023 et 2024, respectivement, contre 6,1 % en 2022. Au Maroc, nous dit encore la Banque la croissance devrait s'accélérer pour atteindre 3,5 % en 2023 (soit un taux inférieur aux projections précédentes) et 3,7 % en 2024, le secteur agricole se remettant progressivement de la sècheresse de l'année dernière. Les dépenses publiques devraient compenser en partie la faiblesse de la consommation des ménages due à̀ l'inflation élevée.
La forte baisse de la croissance devrait également être généralisée, avec des prévisions revues ou "révisées" à la baisse pour environ 95 % des économies avancées, et environ 70 % des économies émergentes et en développement. Au cours des deux prochaines années, la croissance moyenne du revenu par habitant dans les économies émergentes et en développement devrait être de 2,8 %. En Afrique subsaharienne – qui abrite environ 60 % des personnes les plus pauvres du monde – la croissance du revenu par habitant devrait atteindre en moyenne 1,2 % en 2023-2024.
David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, commentant cette situation a tenu à préciser : « La crise du développement s'aggrave à mesure que les perspectives de croissance mondiale se détériorent. Les économies des marchés émergents et en développement sont confrontées à un ralentissement pluriannuel des taux de croissance en raison du lourd fardeau de la dette et de la faiblesse des investissements, alors que le capital mondial est pris en charge par les économies avancées qui font face à des niveaux très élevés de dette publique et à des taux d'intérêt élevés ».
Malpass a en outre indiqué que « la faiblesse de la croissance et des investissements des entreprises aggravera les graves revers dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la réduction de la pauvreté et des infrastructures, ainsi que l'augmentation des demandes liées au changement climatique ».


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