La France qui targue sur ses valeurs du respect des droits de l'homme et de compassion, choisit cette fois-ci, le silence face au drame signé par l'Algérie où deux Franco-Marocains ont perdu la vie mardi. Deux ressortissants français tués de sang-froid par la junte algérienne, et reléguées par la France. C'est la moitié marocaine qui bloque l'intervention de la France ou l'hexagone privilégie ses relations avec l'Algérie, et ce pour prix : deux de ces citoyens ? La réponse de Paris est attendue. Ainsi, cette énigme déstabilise les propos de la France, le quai d'Orsay n'a révélé que la mort d'un seul ressortissant français. « Nous sommes en contact avec les autorités marocaines et algériennes. Le parquet a été avisé. Il appartiendra à la justice de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame ». Alors que Xavier de Giacomoni, grand reporter à LCI a récemment déclaré que « quatre estivants dont trois sont franco-marocains s'égarent en jet ski », il a aussi souligné qu'un « quatrième homme est toujours détenu par l'Algérie ». D'un sang-froid et d'une allure rapide, il annonce la mort de deux jeunes, il s'est précipité pour présenter les « explications » de l'Algérie. « Les Algériens parlent d'un refus d'obtempérer. Alger explique ces tirs par une activité accrue de bande de narcos trafique dans cette zone et du crime organisé ». En cherchant à justifier l'injustifiable, le journaliste français décide de faire un flash-back historique en évoquant la pomme de discorde. « Au cœur de tout cela, le conflit du Sahara, immense territoire contrôlé à 80 % par le Royaume et toujours revendiqué par les indépendantistes sahraouis, du front Polisario, qui sont activement soutenus par l'Algérie. Le cesser le feu est en vigueur depuis 1991 ». « C'est une guerre de basse intensité (...) Le rapprochement du Maroc avec Israël, le Premier ministre israélien a reconnu la souveraineté du Maroc sur son Sahara ». Une tragédie complexe et controversée, le ministère français des Affaires étrangères n'a évoqué le décès que d'un seul ressortissant français, sans préciser les circonstances de sa mort ni son identité. Il a toutefois évoqué un « incident » impliquant « plusieurs de nos ressortissants ». Pour rappel, les cinq amis se baladaient en jet-ski ans la baie marocaine de Saïdia, dans le nord-est du pays, une ville côtière limitrophe de l'Algérie, lorsqu'ils se sont égarés en mer à la tombée de la nuit mardi, et ont été assassinés par les garde-côtes algériens sans tirs de sommation ni de communication. Dans des déclarations à la presse, Mohamed Kissi, le seul rescapé raconte qu'au « moment où nous sommes perdus, les tirs ont commencé, ils disent que nous étions en train de fuir, mais ce n'est pas vrai, nous tentions de dialoguer avec eux ». « Cinq balles ont touché mon frère et mon ami une balle a touché le jet-ski de mon ami ». « Le zodiac noir a renversé le jet ski de cet ami et ils l'ont embarqué avec eux ». Leurs corps ont été retrouvés flottants en mer et leurs funérailles ont été organisées jeudi. Habituée à défendre ses citoyens à l'étranger et ne tardant jamais à en faire les gros titres des médias, sa réaction sera naturellement scrutée à Rabat au vu des tensions existantes entre les deux pays et le tropisme algérien d'Emmanuel Macron. Bilal et Abdelali sont morts parce qu'ils se sont trompés de route. Assassinés par une armée à la gâchette facile, des soldats à qui on a inculqué la haine du Maroc et des Marocains. Ces jeunes ont payé le prix d'une sortie peut-être mal organisée. Après leur mort, ils payent les frais d'une haine algérienne et d'un laxisme français. Cela fait longtemps que cette armée est sur le pied de guerre. Nourrie par cette haine, elle est impatiente de tuer du Marocain. C'est une pathologie impossible à éradiquer qui nourrit les impulsions de la junte algérienne. Qu'ils soient aussi de nationalité française, les tueurs n'ont pas calculé cet aspect. Le Maroc n'a cessé de tendre la main en réclamant l'ouverture des frontières, en permettant la circulation des personnes et ouvrir une page nouvelle de coopération économique et culturelle. Mais à l'appel de paix répond la guerre.